Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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STAGE YECHIVA REMUNERE EN DECEMBRE ( voir activités)
Le chabbat, notre patrie spirituelle 




La rentrée 2008 dans l’éducation nationale est dominée essentiellement par la réforme de l’école primaire. L’une des mesures, parmi d’autres, prises par M. Xavier Darcos, le ministre de l’éducation, est la suppression des cours du samedi matin à l’école primaire. Cette suppression est contestée, dit-on, par certains enseignants et des syndicalistes. On comprendra que ce ne sont assurément pas les responsables des Consistoires qui se plaindront que l’on ait adopté cette mesure. Nous n’avons au contraire qu’à nous en féliciter. Et grandement.

D’une part, elle libère nos enfants de l’obligation qu’ils avaient de se rendre à l’école en un jour qui, dans la tradition juive, est voué à la prière, à l’étude et à la vie de famille. D’autant que l’habitude de considérer le chabbat comme une journée ordinaire s’incruste peu à peu alors dans l’esprit de nos enfants…

D’autre part, cette mesure constitue opportunément pour nous une occasion de récupérer, ce jour-là, pour ainsi dire nos enfants afin de les former à l’observance des rites et des coutumes qui marquent profondément le chabbat. Il est donc de la responsabilité de chacun d’entre nous, leader d’institution, de synagogue ou simple parent, d’habituer nos enfants à se rendre en cette journée sainte à la synagogue. Il s’agit pour chacun d’entre nous de faire prendre conscience à nos enfants de l’importance que le shabbat a représentée jadis dans notre histoire et ce qu’il continue de représenter aujourd’hui pour notre présent et pour notre devenir.

Nous devons mettre à profit cette nouvelle réalité qui s’appelle « la semaine de quatre jours » pour former nos jeunes, les éduquer, et d’abord pour leur montrer le chemin des synagogues. Il nous faut également leur expliquer par les méthodes les plus modernes et les plus adéquates ce qu’est le chabbat, en quoi il a représenté de tout temps et en tout lieu pour nos pères une patrie spirituelle, une colonne de feu et un territoire de paix et d’espérance.

La beauté du chabbat tient au fait que l’homme se débarrasse, dès le vendredi entre deux soleils, des soucis et des préoccupations de la vie ordinaire, vide ses poches et son esprit de tout ce qui est matériel, se prépare à une vie de famille tournée vers le chant, la paix et la concorde. Nos sages ont dit que si le peuple d’Israël observait un seul shabbat comme il se doit, le Messie ne tarderait pas à venir. Parole légendaire ? Peut-être mais elle dit bien l’importance que cette journée occupe au cœur du dispositif religieux du judaïsme.

L’un de nos grands théologiens, Abraham Heschel, auteur des Bâtisseurs du Temps, a écrit naguère que durant six jours, les juifs sont tournés vers tous les aspects du monde de la création et, au septième jour, ils ne se préoccupent que de savoir ce que signifie la création du monde.

C’est assez dire que nous ne devons pas laisser passer cette occasion que nous offrent désormais les nouveaux programmes de l’éducation nationale sans que nous la mettions à profit en expliquant à nos enfants ce que nous entendons quand nous disons la formule « chabbat chalom ».

Je voudrais, en guise de conclusion, citer ici ce qu’écrivait à propos du chabbat dans les colonnes d’Information Juive, l’un de mes prédécesseurs au Consistoire de Paris, Emile Touati : « Le chabbat c’est le jour privilégié où l’homme a régulièrement rendez-vous avec lui-même, dans son essentielle réalité…C’est le jour où des savetiers devenaient Maîtres en Israël et où des porteurs d’eau accédaient à la vraie culture et étaient chez eux, de plain-pied, dans la communauté juive ».






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