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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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VAYICHLAH Vayichla’h Par Rav D. Yelloz Nos sages disent: « celui qui doit rentrer en contact avec le gouvernement, qu’il s’inspire au préalable de ce texte », conseil mis en pratique par tous nos grands maîtres de toutes les générations. Ce passage a donc une dimension et une portée exceptionnelle: il expose ce que doit être la politique du peuple juif en exil selon la Torah. Yaacov fait preuve de patience et de prudence, de courtoisie et d’amabilité voire de servilité envers celui qui détient le pouvoir. Face à Esav dont la réputation n’est plus à faire ou à Chékhem fils de ‘Hamor qui viola sa fille Dina, Yaacov reste imperturbable, « calculant » sa réaction, en tenant compte de tous les éléments en sa possession. Il s’oppose à la violence inconsidérée et s’en prendra à ses 2 FILS Chimon et Levy jusqu’à les réprimander sur son lit de mort, 40 ans plus tard. Ce qui est à la fois extraordinaire et très étonnant dans le comportement de Yaacov, c’est qu’il dissocie radicalement son action de sa foi: il prie et il a confiance en D…, mais ça ne transparaît pas dans son action dans laquelle il investit toute sa force et son génie. L’intervention divine se fera, mais au travers de l’action humaine, cachée et englobée par celle-ci de même que la nechama, « parcelle divine », ne peut subsister indépendamment du corps humain auquel elle est rattachée et dans lequel elle disparaît presque. Rabbi Ytshak Arama rapporte dans son livre: « Aquédat Ytshak » l’exemple du roi David qui se comporta ainsi en maintes occasions. La grandeur de Yaacov est proportionnelle à l’importance des efforts qu’il a fournis: malgré les apparences, il reste conscient que la réussite appartient uniquement à D… et il remercie D… ouvertement: « je ferai un autel en l’honneur de D… qui agréa ma prière lors de ma détresse, il fut avec moi dans le chemin que j’entrepris ». Et pourtant, Yaacov ne ménagea pas ses efforts. C’est là le but recherché: après tant d’efforts de sa part, être toujours pleinement conscient qu’en fait c’est D… qui agit. Il n’hésite pas, dans sa prière, à exprimer sa grande faiblesse et sa peur extrême, alors qu’en fait il s’est déjà préparé à la guerre… et à la paix! L’antisémitisme et ses remèdes. Par Mikael MOUYAL La Paracha de Vaychla’h, évoquant la rencontre entre Yaacov et son frère, Essav, est définie par nos Sages comme étant la Paracha de l’exil. Dans cette Paracha se trouve en allusion de façon aussi bien générale que précise, les relations entre les Juifs et les non juifs, tout au long de notre dure exil. C’est ainsi que le Ramban, rapportant un Midrash, relate que lorsque R. Yanay se rendait à Rome, il étudiait préalablement la Paracha de Vaychla’h. C’est ainsi qu’il n’avait pas de problèmes avec les romains. En effet, la Paracha de Vaychla’h décrit de façon détaillée la réaction de Yaacov face à Essav. R. Yanaï tenait ainsi à s’inspirer de la sagesse de Yaacov pour affronter la cour romaine. Parmi les réactions de Yaacov, la Torah nous apprend que Yaacov s’est préparé à trois choses : la prière, les cadeaux et la guerre. Ce sujet, qui se confond avec le thème de l’antisémitisme, a un caractère particulièrement actuel par les temps qui courent et mérite donc qu’on y réfléchisse un peu. Nos Sages définissent la nature de l’antisémitisme à travers le verset : « Essav courut vers Yaacov. Il l’enlaça, se jeta sur son coup et l’embrassa ». En effet, commentant ce verset, Rabbi Chim’on Bar Yo’hay dit qu’« il existe une Halakha (loi) selon laquelle Essav haie Yaacov. Seulement, à ce moment là, la compassion de Essav envers Yaacov s’enflamma et il l’embrassa de tout son cœur ». En soulignant que la haine d’Essav envers de Yaacov est une Halakha (loi), Rabbi Chim’on Bar Yo’hay veut montrer par là que cette haine est de nature irrationnelle. C’est une haine viscérale. Cela ne peut s’expliquer. C’est ainsi qu’il est inutile de discuter avec lui pour essayer de le convaincre de ne plus être antisémite. Cela ne servirait à rien, puisque cette haine n’est pas intelligible. De fait, cette haine ne peut nullement s’expliquer. Certains tentent de justifier l’antisémitisme de différentes façons. Mais, la réalité est qu’« Il modela leurs cœurs pour haïr Son peuple ». Nous voyons donc que la nature de l’antisémitisme n’est absolument pas rationnelle. C’est d’ailleurs pour cela que parmi les préparations de Yaacov, on ne trouve pas qu’il entra en discussion idéologique avec Essav pour le convaincre de son erreur. De la sorte, le fait que Yaacov lui subtilisa les bénédictions n’est qu’un prétexte à sa haine, mais ne saurait nullement en être la cause qui manque totalement de logique. Cela nous conduit à nous interroger. Si la haine de Essav pour Yaacov est si absolue, qu’espérait Yaacov en voulant offrir des cadeaux à son frères ? Bien plus, comment comprendre qu’au moment de la rencontre, Essav fut prit d’un élan de compassion envers son frère et l’embrassa de tout son cœur ? N’y a-t-il pas là un paradoxe ? En fait, il est certain que lorsque Essav embrassa Yaacov, c’était par compassion et non par amour. Eveiller l’amour d’Essav (et par extension de ses descendants, antisémites) pour Yaacov est une chose totalement impossible, d’un point de vue naturelle. Seulement, on s’aperçoit qu’il peut être possible d’y remédier partiellement et d’éveiller une certaine compassion à certains moments, chose qui nous suffit déjà largement. Ainsi, qu’est-ce qui a poussé Essav à embrasser Yaacov ? En d’autres termes plus généraux, que sont les facteurs déclencheurs de la compassion des non juifs par rapport aux Juifs ? (Bien entendu, notre but n’est pas de régler ce gros problème vieux comme le monde qu’est l’antisémitisme. Mais essayons quand même d’apporter un certain éclairage à ce sujet.) Pour répondre à cette question, il faut pour cela nous intéresser à la fin de la Paracha. La Torah s’étend longuement sur les généalogies de Essav et sur ses princes. Ce passage également renferme des secrets sur les relations entre les Juifs et les non juifs tout au long de notre exil. C’est ainsi que le Gaon de Vilna l’étudier très attentivement pour découvrir les clefs des grands mystères de la diaspora. A ce propos, la Guemara (Sanhedrin 99) explique que le roi Menaché se livrait à des critiques bibliques. Il demandait : « Moché n’avait-il rien de mieux à faire que d’écrire, à la fin de la Paracha de Vaychla’h, que la sœur du prince Lotan était Timna ? De même, pourquoi la Torah a-t-elle besoin de dire que Timna était la concubine d’Elifaz, fils d’Essav, et qu’ils enfantèrent Amalek ? Tout ceci n’a vraiment aucun intérêt ! » Alors, une voix céleste sortit et lui annonça un châtiment. Mais, nos Sages apportèrent un éclairage à ces versets qui paraissent superflus. Ils expliquent que Timna était une princesse, puisqu’elle était la sœur de Lotan, le prince. Cette Timna désira se convertir. Ainsi, elle se présenta devant Avraham, Yts’hak et Yaacov. Tous la refusèrent. C’est alors qu’elle décida de devenir la concubine de Elifaz. En effet, elle se dit : « Je préfère être concubine auprès de cette nation, qu’une dirigeante d’une autre nation ». Mais, c’est Amalek, le plus grand antisémite de tous les temps, qui découla de cette union. Pour quelle raison ? C’est que nos patriarches n’auraient pas dû repousser Timna. A travers ce passage, nos Sages ont mis le doigt sur un point très important, comme nous le montrerons. Rabbi ‘Haym Chemoulevitch, commentant le passage talmudique précité, fait remarquer que Avraham était un très grand convertisseur. Il rapprochait le plus de monde possible, de D.. Les autres patriarches suivirent sa direction. De fait, il est bien évident que s’ils n’acceptèrent pas de convertir Timna, c’était pour de très bonnes raisons. Ils savaient parfaitement qu’elle n’était vraiment pas apte à se convertir. Si l’en est ainsi, que leur reprochèrent nos Sages en affirmant qu’ « ils n’auraient pas dû l’éloigner » ? En fait, dans ces termes, on comprend bien qu’ils avaient raison de ne pas l’accepter. En effet, la Guemara n’a pas dit : « ils auraient dû la rapprocher », mais plutôt : « Ils n’auraient pas dû l’éloigner ». Le rapprochement non, mais l’éloignement encore moins ! C’est précisément de cet éloignement radical que s’est développé de façon grandiose l’antisémitisme pour aboutir sur Amalek. Tel est l’enseignement de la Torah à ce sujet. Il est vrai qu’Essav haie Israël de par sa nature. Mais, le moyen de le calmer et d’éveiller en lui de la compassion est le non éloignement. C’est ainsi qu’il faut montrer notre désaccord avec Essav sur le fond, certes ne pas le rapprocher. Mais, il est tout aussi nécessaire de conserver un certain rapport formel positif avec lui, ne pas l’éloigner. C’est cela le sens de l’expression Talmudique : « La gauche doit repousser mais la droite rapprocher ». Ces deux mouvements doivent exister. C’est cela le facteur déclenchant de la compassion des nations envers les Juifs. Dans le cas contraire d’un éloignement total, c’est Amalek, la quintessence de l’antisémitisme, qui apparaît. C’est pourquoi Essav embrassa Yaacov par compassion juste après que celui-ci ce soit prosterné à lui. C’est que Yaacov avait compris que le seul moyen de calmer son frère est de lui donner du respect et de l’importance formelle. C’est pourquoi, Yaacov avait préparé des cadeaux pour Essav. Le recours au sentiment est efficace. La Guemara (Sotta 47) illustre les conséquences néfastes d’un éloignement total, par les deux mains (la gauche et la droite). Elle raconte que Rabbi Yehochoua Ben Pera’hia avait un élève. Tous deux se rendirent un jour dans une auberge. Ils furent bien servis par l’aubergiste. C’est ainsi que le Rav s’exclama : « Que cette aubergiste est agréable ! » Mais l’élève, qui avait des idées mal tournées, ne comprit pas le vrai sens des propos de son maître et, pensant qu’il évoquait sa beauté physique, lui remarqua : « Ne vois-tu pas que ses yeux sortent de leurs orbites ? » Réalisant la bassesse de son élève, R. Yehochoua le réprimanda et le repoussa totalement. L’élève s’excusa mais le maître ne voulaiet rien entendre. « Il le repoussa de ses deux mains ». Un jour, le Rav décida de lui pardonner. Seulement, l’élève se présenta à lui au mauvais moment : R. Yehochoua réciter le Chema (texte de prière). Il lui fit signe d’attendre un peu. Mais l’élève, interprétant mal le signe, pensa que le maître le repoussait de nouveau. Il désespéra. Alors, il prit une brique et se prosterna devant elle. Le Maître, ayant fini sa prière alla le chercher, mais celui-ci, lui expliquant qu’il avait commis la faute d’idolâtrie, admis qu’il n’avait plus de possibilité de retour. C’est ainsi qu’il fauta et fit fauter Israël. Cet élève n’était autre que Jésus, fondateur du christianisme ! Cela aboutit, à long terme, à de terribles croisades, à des pogromes…, comme on le sait. Le sang de millions de Juifs coula en abondance. (Que D. venge leur sang !) Cela nous montre bien la gravité d’un éloignement total, qui ne peut être que nocif et catastrophique. Voici donc une des précieuses clefs des mystères de l’exil, que l’on ne trouve en allusion que dans ces deux versets qui semblaient totalement superflus aux yeux du roi Menaché. Transformer la rigueur en miséricorde : « Ce sera, si Essav vient contre un camp et qu’il le frappe, le camp restant sera sauvé » Rachi explique : « contre un camp (Hama’hané Haa’hat) : le mot Ma’hané (camp) peut à la fois appartenir au genre masculin qu’au genre féminin… De même, il existe d’autres mots appartenant aux deux genres masculin et féminin, le Chemech (soleil)… De même le Roua’h (le souffle)… et de même le Ech (le feu)… » Puis Rachi explique les mots suivants : « le camp restant sera sauvé : contre son gré, car je le combattrai. Il s’est préparé à trois alternatives, au cadeau, à la prière et à la guerre » Il faut essayer de comprendre ces enseignements pour plusieurs raisons : 1) Quel est la signification du fait que le mot Ma’hané (camp) est à la fois masculin et féminin ? 2) Pourquoi Rachi s’étend autant en illustrant par trois exemples ? 3) Pourquoi donne-t-il précisément ces trois exemples : le soleil, le souffle et le feu ? et en plus dans cet ordre là ? 4) Pourquoi Rachi mentionne-t-il les trois alternatives, le cadeau, la prière et la guerre, dans le cadre de l’explication du camp qui sera preservé et qui fait référence qu’à la guerre ? En fait, on peut donner l’explication suivante. Traditionnellement, le masculin fait allusion à la miséricorde alors que le féminin fait allusion à la rigueur. Or, Essav incarnait tout entier la rigueur, la cruauté. Or, Yaacov, qui voulait s’approcher de son frère en sécurité, devait donc affaiblir la rigueur puissante de Essav et la transformer en miséricorde, c'est-à-dire introduire dans le cœur de Essav la pitié et la grâce, le Ra’hamim et le ‘Hen. C’est pourquoi, dès le début, il dit que tout ce qu’il veut réaliser auprès de Essav, c’est de « trouver grâce à ses yeux ». Tel est le sens de Ma’hané, où on retrouve le terme ‘Hen dans la racine, décliner au factitif, comme signifiant : donner du ‘Hen, générer de la grâce. Tel était son but. C’est pourquoi, le terme Ma’hané est masculin et féminin, c'est-à-dire contient à la fois la rigueur du féminin que la miséricorde du masculin. Il fallait comporter les deux, comme pour se saisir de la rigueur inclus dans Essav et le transformer en miséricorde. C’est pourquoi, Ma’hané contient les deux, comme pour passer de l’un à l’autre. C’est cela la signification que ce mot est masculin et féminin à la fois. Le but étant que la miséricorde affaiblisse la rigueur. Pour le transformer en grâce. Or, pour atteindre ce but de transformer la rigueur en miséricorde, il fallait user de trois stratagèmes : le cadeau, la prière et la guerre, correspondant à la Tsedaka, la prière et le repentir, qui sont les trois moyens mentionnés dans la Guemara pour déchirer un décret rigoureux. Or, ces trois éléments, se retrouvent dans le monde à travers les trois entités que sont le soleil, le souffle et le feu. En effet, le soleil fait référence au cadeau symbole de Tsedaka, car le soleil est celui qui prodigue la lumière à l’univers et conformément à un adage Talmudique : « Le soleil pendant Chabbath est une Tsedaka pour les pauvres ». Puis, le souffle fait référence à la prière qui est prononcée par le souffle de la bouche du fidèle. Enfin, le feu fait référence à la guerre, comme on le comprend aisément. C’est pourquoi Rachi cite ces trois existences que sont le soleil, le souffle et le feu, comme étant également à la fois du genre masculin que féminin, c'est-à-dire qui peuvent, comme on l’a expliqué transformer la rigueur en miséricorde. Car ces par les trois stratagèmes auxquels ces trois éléments font allusion, que Yaacov parviendra à affaiblir la rigueur et à intensifier la miséricorde et la grâce, ce qui constitue l’idée général du Ma’hané, comme générateur de ‘Hen et de grâce. C’est pourquoi, Rachi détaille les trois préparatifs de Yaacov dans le cadre du Ma’hané (du camp), car c’est par ces trois moyens qu’il est possible de générer le ‘Hen, la grâce et la pitié, et de réaliser l’idée du Ma’hané. Et effectivement, après s’être préparé à ces trois alternatives, tout cela à porter ses fruits et à réussi à générer de la grâce dans le cœur de Essav, jusqu’alors attaché à l’attribut de rigueur dure. C’est pourquoi, Yaacov réussi à vaincre son ange, symbolisant donc l’attribut de rigueur, et comme le témoigne le verset : « Tu as vaincu Elokim », or, le nom Elokim, fait référence à l’attribut de rigueur. C’est ainsi qu’il mérita de porter le nom de Israël, car ce nom peut être décomposé en deux mots, d’un côté les lettres Chin Rech et Alef et de l’autre les lettres Lamed et Youd formant le mot Li, à moi. En effet, les lettres Chin Rech et Alef sont, dans l’ordre, les initiales des trois mots, Chemech (soleil), Roua’h (souffle) et Ech (feu). Ainsi, le mot Israël peut signifier : « le soleil, le souffle et le feu (Chin, Rech, Alef) sont à moi (Li). Car Yaacov s’est désormais bien approprié ces trois éléments qui lui ont permis de transformer la rigueur en grâce, c'est-à-dire, d’être à la hauteur de ce que l’ange lui dit : « Tu a vaincu Elokim », c'est-à-dire l’attribut de rigueur. C’est pourquoi, lorsque Yaacov demanda par la suite à l’ange quel est son nom, il lui dit : « Pourquoi demandes-tu mon nom », et n’a pas voulu le lui révéler. En effet, le nom fait référence à l’essence et au caractère de la personne ainsi nommé. Or, le nom de l’ange de Essav doit donc entièrement évoquer l’attribut de rigueur car tel est son caractère et sa nature. Or, à présent que Yaacov a affaibli cette rigueur et l’a transformé en miséricorde, l’ange de Essav a donc « perdu » son nom, il n’a plus de nom car il est dénaturé. C’est ensuite que se réalise la rencontre effective entre Yaacov et Essav. A ce moment là, le texte dit : « Essav couru à sa rencontre, il l’enlaça, il tomba à son cou, l’embrassa et ils pleurèrent. » Et Rachi d’expliquer : « Sa miséricorde s’émoussa à ce moment là et il l’embrassa de tout son cœur ». Car, grâce toutes les préparations de Yaacov, il réussit à transformer la rigueur en miséricorde jusqu’à ce que sa miséricorde s’émoussa et il l’embrassa de tout son cœur. C’est pourquoi, juste après, Essav demande à Yaacov : « Pourquoi viens-tu avec tout ce camp (Hama’hané Hazé) », et là le mot Ma’hané (camp) est au masculin (Hazé), car maintenant, le féminin de la rigueur est bien devenu le masculin de la miséricorde, (alors qu’au début, le mot Ma’hané était encore au féminin (Ma’hané Haa’hat)). Alors, Yaacov lui répondit : « C’est pour trouver grâce devant les yeux de mon maître ». Tel est tout le but : générer de la grâce et de la miséricorde auprès de Essav. Et cette mission fut brillement accomplie. A LA MEMOIRE DES TSADDIKIM : LE STEIPELER Rabbi Ya’akov Israël ;naquit le 9 Tamouz 5659 (1899) dans la ville de Horon-Steïpel en Russie, d’où son surnom : "le Steïpeler". Son père Rav ’Haïm Péretz Kanievsky qui était au nombre des ’Hassidim de Tchernobyl, mourut alors que son fils n’était âgé que de sept ans. La nourriture était rare dans la famille Kanievsky privée de son chef. Aussi, lorsque les élèves de la Yéchiva de Novardok vinrent chercher de nouveaux élèves pour leur institution, sa mère envoya-t-elle Rabbi Ya’akov Israël avec eux : "Prenez-le avec vous pour étudier à la Yéchiva, là-bas, il aura en plus de quoi manger à sa faim ..." Il célébra seul à la Yéchiva sa Bar-Mitzva, y reçut une paire de Téfilines, fit un bref discours et retourna à ses études. A l’âge de 18 ans, il se vit confier la direction de la Yéchiva de Rogatchov. Mais la révolution bolchévique battait son plein et Rabbi Ya’akov Israël fut recruté de force dans l’Armée Rouge. Il fit une fois une brève allusion à cet épisode de sa vie : refusant de travailler le Chabbat, il avait été contraint de passer entre une haie de soldats s’acharnant sur lui à coups de crosse. Jamais, confia-t-il, il n’oublierait la joie ressentie en l’honneur du Chabbat. Alors qu’il devait monter une garde de nuit en Sibérie, par un froid mortel, il s’abstint de porter la capote d’uniforme, de crainte qu’il y ait du "cha’atnez". Il parvint à terminer la nuit, grâce à la force d’une volonté extraordinaire qui l’a toujours caractérisé. Mais, de ce jour, ses oreilles mises à mal, commencèrent à perdre la faculté d’entendre. Il parvint à se faire réformer et tenta avec d’anciens camarades de maintenir des Yéchivot sous le nouveau régime communiste. Constatant l’échec et le danger d’une telle initiative, il décida alors de passer en Pologne pour étudier à la Yéchiva de Bialystok. Son dévouement dans l’étude de la Torah lui conférait une place déjà particulière : il s’était, au cours des années, imposé un rythme de vie impressionnant, étudiant de longues heures d’affilée puis dormant quelques heures pour un repos minimal. A croire les témoignages de ses camarades, son lit à la Yéchiva restait la plupart du temps inoccupé ... Il publia, en 1925, son premier livre "Chaaré Tévouna". Ce livre fit son chemin jusqu’au ’Hazon Ich à Vilna. Celui-ci ne connaissait pas l’auteur du livre mais la lecture de l’ouvrage lui suffit pour décider que c’était là, le mari idéal qu’il fallait pour sa soeur Myriam ... Le mariage fut effectivement célébré et Rabbi Ya’akov Israël commença à enseigner à la Yéchiva de Novardok à Pinsk. Un tournant décisif se produisit dans sa vie en 1934 : poussé par le ’Hazon Ich, il partit s’installer en Erets Israël, dans ce qui était alors la petite bourgade de Bné Brak. Il y dirigea tout d’abord la Yéchiva de Novardok et continua dans cette fonction après la mort du ’Hazon Ich, assumant la charge des cours magistraux. Cette charge officielle, pour importante qu’elle fût, était loin de rendre compte de la place occupée par le Steïpeler. Sa chambre ne désemplissait pas et s’y succédaient élèves de Yéchivot et directeurs d’institutions, tout comme des commerçants, artisans, médecins, industriels, mères de famille, ashkénazes comme séfarades, ... Tous recherchaient à la fois le père, le maître, le conseiller ou le Tsaddik. Il mourut en 1985 à Bné-Brak. Retour liste Haut de page |
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