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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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VAYECHEV Vayechev: Par Rav D. Yelloz A partir de cette paracha les principaux acteurs des évènements rapportés dans la Torah ne sont plus les Avot (patriarches) mais les Chévatim (12 enfants de Yaacov). Dans ce passage, il est principalement question de Yosseph. La présence de D…, jusqu’à la évidente, auprès des Avot, devient de plus en plus subtile et discrète auprès des Chévatim. On assiste à une intrigue apparemment banale, comme il y en a dans toute les grandes coures (dont celle du Roi David), mais en fait, ne nous laissons pas méprendre par les apparences! Les personnages qui agissent ici ne sont pas des hommes ordinaires mus par toute une panoplie de mauvais penchants: orgueil, jalousie, plaisir, colère, … Jusqu’à un niveau poussé à l’extrême, leurs pensées et sentiments sont voués à D… et toutes leurs actions tendent à la vérité, la justice et au bien. A leur sujet il est dit: (Psaume 122): « c’est là-bas que montaient les Tribus, les Tribus de D…, témoignage d’Israël, en hommage au nom de D… » Ils agissent tous, d’un côté comme de l’autre, avec raison et sérénité, conscients et responsables de chacune de leurs décisions et des actes qui en découlent. En fait c’est D… qui dirigent tout d’en haut afin que se concrétise l’ « Alliance des Morceaux » contractées avec Avraham Avinou 180 plus tôt. Ils ne le savent pas! Ils agissent librement! Dans notre Paracha il est dit: « Ils vendirent Joseph ». Dans la Paracha Wayigach il est dit: « Ce n’est pas vous qui m’envoyèrent ici mais D… ». Au bout de 22 ans de remords, de recherches et de méditations, confrontés à la réalité telle apparaissait déjà dans les rêves de Yosseph qu’ils interprétèrent eux même, ils admettent cette vérité et s’en réjouissent : D… guide leurs pas et ils ne sont pas abandonnés, même en route pour l’exil. Malgré la tournure tragique que prennent parfois les évènements, les risque énormes encourus par les uns et les autres, nous devons savoir que dans l’apparente simplicité des évènements que nous vivons c’est D… qui agit, et tôt ou tard nous finiront par le reconnaître et dire: « Ça aussi était pour le bien » « GAM ZOU LE TOVAH »! « Ya’akov s’installa dans la terre des séjours de son père, dans le pays de Kéna’an … » (Béréchit XXXVII, v.1) « Ya’akov voulut s’installer en paix, le malheur de Yossef fondit sur lui. » (Béréchit Raba) Rabbi David Pinto Chlita demande dans son livre Pa’had David : "Pourquoi l’expression vayéchev est-elle employée ici et non une autre, comme par exemple vayagor ?" Il explique que vayéchev signifie s’asseoir pour étudier la Torah (comme dans le mot "yéchiva"). Ya’akov a voulu établir une yéchiva fixe dans le pays de Kéna’an, pour que par l’étude de la Torah soit annulé le décret de l’exil qui avait été pris contre les descendants d’Avraham. En effet, l’étude de la Torah annule les décrets. Mais à ce moment-là, le malheur de Yossef fondit sur lui. Pourquoi ? Parce que le Saint béni soit-Il voulait lui montrer que l’étude de la Torah ne vient pas facilement mais que même dans les souffrances de l’exil ont doit étudier la Torah sans répit, même aux moments de malheurs. Et d’ailleurs, au lieu de rester en Egypte quatre cents ans, les juifs y sont resté deux cent dix ans, tout cela précisément parce que Ya’akov n’était pas resté en paix mais avait étudié la Torah malgré les épreuves qui lui étaient advenues. C’est ce qui lui a permis d’enlever 190 ans d’exil et d’annuler une partie du décret divin ! « Dans trois jours, Pharaon te fera trancher la tête et te pendra au gibet et les oiseaux mangeront ta chair » (Béréchit XL, v.19) Pourquoi Yossef a-t-il donné au panetier l’interprétation qu’il serait pendu ? On le comprendra mieux au moyen d’une histoire. Il y avait une exposition de peintres où était présenté un tableau d’un peintre célèbre, représentant un homme qui tenait à la main un panier de fruits. Le tableau était tellement vivant que les oiseaux croyaient que c’étaient de vrais fruits et se jetaient dessus pour les manger. Ce tableau éveilla une grande admiration et on fixa un prix élevé pour quiconque arriverait à y trouver un défaut. Un petit malin arriva et dit : "Il est vrai que les fruits sont très réussis et ont l’air très vrais mais l’homme qui tient le panier n’est pas tellement réussi car s’il avait l’air aussi vrai que les fruits, les oiseaux auraient peur de lui et ne viendraient pas sur les fruits qu’il a dans la main …" C’est la même chose dans le rêve de Yossef. Quand le panetier a raconté à Yossef que les oiseaux avaient mangé dans les paniers qui étaient sur sa tête, Yossef en a conclu que cet homme n’était plus considéré comme vivant car les oiseaux auraient eu peur d’un homme vivant et n’auraient pas mangé sur sa tête. Cela voulait forcément dire qu’il allait mourir, c’est pourquoi il a interprété le rêve de cette façon ! LE COIN DU MOUSSAR La Bible a établi une différence entre la Torah (au sens de la Loi du monde) et la Mitsva (au sens du commandement) en se référant à deux formes de lumière : la Torah, symbolisée par la Lumière en "général" et la Mitsva sous la forme de la lumière en particulier. Et le Texte précise "Ner Mitsva véTorah Or", que l’on pourrait traduire par "la Mitsva est flamme et la Torah, lumière". Entre la Torah, la lumière et la Mitsva, une lumière, il existe effectivement quelques différences appréciables. La première est de l’ordre de la permanence : on peut éteindre une lumière mais on ne peut pas éteindre la lumière. L’existence de la Mitsva en tant que lampe dépend de l’homme : il peut ou non l’allumer; en revanche, l’existence de la Torah ne dépend de personne. Un des principaux thèmes de la mystique juive est qu’il existe une lumière primordiale, "Or Ein-Sof" (la Lumière Infinie), c’est la lumière. Celle-ci était trop forte pour les hommes aussi la Tradition enseigne-t-elle que : "D. l’a cachée et mise en réserve pour les Justes dans les Temps ultimes." (Traité ’Hagguiga 12a) Où a-t-Il caché la lumière ? dans la Torah ! C’est pourquoi quiconque sait voir la Torah dans son essence, peut y voir la lumière totale de l’Infini. C’est ce qui différencie fondamentalement la Torah et la Mitsva : la première reflète la lumière infinie alors que la seconde éclaire un homme en particulier dans une situation particulière (elle est proche de lui). Aussi, la flamme, par rapport à la lumière, présente-t-elle une autre particularité : dans la flamme, il y a plus que la lumière. Il y a également le feu, c’est à dire la chaleur et l’énergie. C’est pourquoi D. est appelé "Feu dévorant" (Deutéronome IX, v.3). Le feu de la Mitsva, c’est cette petite flamme reliée au feu dévorant d’Hachem. La lumière permet de voir; le feu lui, transforme les choses. C’est la fonction de la Mitsva : changer le monde en l’illuminant. Ces deux fonctions, éclairer et transformer, sont respectivement celle de la Torah (lumière) et celle de la Mitsva (feu) : la connaissance et l’action sont les deux pôles de notre existence ! UNE PETITE HISTOIRE Un homme avait deux filles, l’une laide et l’autre coléreuse. Elles étaient en âge de se marier mais il leur était difficile de trouver un époux à cause de leurs défauts respectifs. Un jour arriva un "marieur" malin qui réussit à les marier. A celle qui était laide, il trouva un mari aveugle et à celle qui était coléreuse il trouva ... un sourd. Ces deux couples vécurent en harmonie jusqu’au jour où arriva dans la ville un grand médecin qui savait guérir toutes les maladies. Parmi ceux qui vinrent demander son aide figuraient ces deux maris. Le médecin prépara ses potions, les leur fit boire et les délivra de leurs maux. Alors, l’aveugle se mit soudain à voir, constata la laideur de sa femme et en fut bouleversé. Le sourd de son côté se mit à entendre et les cris de colère de sa femme, le rendirent fou. Les deux maris décidèrent entre eux de ne pas payer le médecin. Il ne leur avait rendu aucun service, bien au contraire : en enlevant leur infirmité, il leur avait causé du tort. Leur vie était devenue un enfer. Le médecin se vit obligé de les convoquer en "Din Torah". Ils se présentèrent donc devant le Rav de la ville et décidèrent d’accepter sa décision quelle qu’elle soit. Le Rav écouta les arguments des deux parties, les pesa et demanda enfin au médecin s’il était capable de les ramener à l’état précédent. « Il n’y a rien de plus facile », répondit le médecin et il se mit immédiatement à préparer ses potions. Les deux maris prirent peur et refusèrent absolument d’accepter ce verdict. Le Rav leur dit : « S’il en est ainsi, dépêchez-vous de lui payer ce que vous lui devez car vous venez de faire la preuve que vous êtes satisfaits de votre guérison ! » Quelle belle morale !! Retour liste Haut de page |
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