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MIQETS Mikets-Wayigach: Par Rav D. Yelloz Après 22 ans de séparations, les frères se retrouvent devant Yosseph, sans le savoir. Yosseph, lui, le sait mais garde le secret. Il est l’ « homme fort » du pays et semble en profiter aux dépens de ses frères qu’il accuse injustement. Il va même jusqu’à « comploter » contre son propre frère Binyamin qui pourtant n’était pas mêlé à sa vente! Que se passe - t’il?! En fait, explique Rav Chimon Raphaël Hirsch, Yosseph ne voulait pas se contenter d’une « pacification » superficielle entre frères, d’une réunification de la famille qui ne tiendrait pas très longtemps. Yosseph tenait ce que ses frères prennent conscience de leurs erreurs, qu’ils fassent Téchouva et que la haine laisse sa place à un véritable amour. Ainsi leur réunification sera profonde réelle éternelle. Les frères avait soupçonné Yosseph de vouloir les dominés. Il allait créer une situation telle, qu’il se voulait réellement, il le pouvait. Il alla plus loin encore: il voulait leur montrer que leur jugement était fondé sur des faux préjugés et que s’ils ne s’étaient pas laissés persuader qu’il voulait les dominer, ils auraient compris son comportement et l’aurais admis. Ainsi lorsque l’on trouva la fameuse coupe d’argent dans le sac de Binyamin, ils réagirent en lui disant: « voleur fils de voleuse » (Rachel sa mère avait volée les idoles de son père Lavan). Ce jugement s’avéra complètement faux lorsque Yosseph se dévoila à ses frères. Ils comprirent qu’ils s’étaient laissés trop vite emporter et influencer par les apparences. La vérité n’est pas toujours ce qu’elle semble être. Nos sages nous apprennent : « Soyez dans le jugement »! Yosseph ne se contenta pas de prouver sa bonne foie et de ses bonnes intentions. Il ne lui suffisait pas non plus de faire prendre conscience à ses frères et de leur erreur à son égard. Il fallait aussi que de leur côtés, ses frères montrent un changement comportement: lorsque malgré les apparences ils prirent la défense de Binyamin, il comprit que dorénavant l’amour fraternelle compterait plus que tout et dépassait les petites tensions toujours présentent dans une famille. C’est à ce moment que Yosseph décida de se dévoiler. La paix et le pardon ne son durables que lorsqu’ils sont accompagnés d »un travail du cœur et de l’esprit de part et d’autres. Lorsque Pharaon s’adresse à Yosseph pour lui exposer son rêve étrange, il lui dit en préambule « J’ai entendu à ton sujet que tu étais capable d’écouter un rêve et de l’interpréter ». Yosseph l’interrompe et déclare « Loin de moi ! D. répondra pour la quiétude de Pharaon ! » Comment se fait-il que Yosseph se soit permis d’interrompre les propos de Pharaon, alors qu’il vient à peine de sortir de prison et aurait du faire preuve d’humilité et soumission extrême ?! De plus qu’importe à Pharaon la méthode employée, l’essentiel c’est d’avoir une explication valable à son rêve étrange ! En fait, dès que Pharaon a commencé à faire l’éloge de Yosseph et à lui faire-part de la réputation exceptionnelle à laquelle il a droit pour ses dons particuliers, Yosseph n’a pu se retenir de couper court à son discours élogieux et à exposer la vérité « Je n’ai aucun don ni force de moi-même, TOUT m’est révélé par D. et c’est à Lui seul que revient la gloire ! » Constatant l’honnêteté extrême de Yosseph qui n’a pas voulu profiter ni jouir, ne serait-ce qu’un instant, d’une célébration imméritée, Pharaon n’hésita pas à lui confier la gérance du pays en phase à une crise économique proche, situation qui pourrait tenter plus d’un à un profit malhonnête. Rabbin D. YELLOZ Confiance en D. ou en l’homme Par Mikael MOUYAL La Paracha de Mikets relate que Yosseph, après être resté deux ans supplémentaires en prison, est libéré pour interpréter les rêves de Pharaon, ce qui lui vaut de devenir le vice-roi d’Egypte. Concernant justement ces deux années supplémentaires que Yosseph a dû rester emprisonné, le Midrash rapporte le verset : « Heureux soit l’homme qui place sa confiance en D. et ne se tourne pas vers les orgueilleux ». Le Midrash que cette homme qui place sa confiance en D. dont il est question dans ce verset, c’est Yosseph. « Et ne se tourne pas vers l’orgueilleux », car à cause du fait que Yosseph a demandé au chef échanson à deux reprises de se souvenir de lui, comme il est dit : « Car si tu te souviens de moi… Et que tu te souviennes de moi », il a été puni et a dû rester en prison deux ans de plus. Seulement, cette interprétation semble apparemment contradictoire. D’un côté, le Midrash présente Yosseph comme celui qui « place sa confiance en D. ». Mais, juste après, le Midrash montre que Yosseph a été puni pour son manque de confiance en D. et pour s’être justement tourné vers l’homme ! Ainsi, Yosseph est-il celui qui place sa confiance en D., ou celui qui place sa confiance en l’homme ? En fait, en réfléchissant à ce sujet, on peut s’apercevoir qu’en réalité on peut poser une question encore plus forte. Car, en réalité la Thora a bel et bien permis à l’homme de fournir des efforts et de s’investir personnellement pour gagner sa vie et pour se sortir de situations délicates. D’ailleurs, le verset l’exprime clairement : « Je te bénira dans ce que tu feras ». C'est-à-dire que d’abord l’homme doit faire et agir, et D. enverra Sa bénédiction dans cette action. De même, il est dit : « Tu rassembleras tes céréales ». Et Rabbi Ychmaël déduit de là que l’homme doit se comporter de façon naturelle dans ses affaires. L’homme n’a donc pas d’obligation de s’asseoir et croiser les bras en espérant que D. lui envoie la subsistance ou la solution de ses problèmes miraculeusement. Ainsi, comment se fait-il que Yosseph a été si sévèrement puni pour avoir demandé au maître échanson de se souvenir de lui auprès de Pharaon ? N’est-ce pas que Yosseph n’a fait que réaliser sa part d’effort et d’investissement ? Pourquoi cela lui a-t-il donc été si sévèrement reproché ? En fait, chacun doit placer sa confiance en D. dans sa vie. Seulement, comme toute personne ne peut pas atteindre une confiance totale en D., c’est pourquoi il lui a été autorisé de s’investir pour faciliter sa confiance. Car, si on demandait à l’homme de ne fournir aucun effort et de ne croire qu’en D., il n’y arriverait pas. Ainsi, la Thora lui permet de fournir des efforts personnels pour que ce soit plus facile de croire en D.. Ainsi, le niveau d’investissement personnel n’est pas égal pour tout le monde. Car une personne qui a beaucoup de mal pour croire en D. pourra s’investir plus. Mais une personne qui a une facilité plus importante pour placer sa confiance en D., devra diminuer son investissement personnel. Et tout investissement supplémentaire qu’il fera en plus du strict minimum par rapport à son niveau est déjà considéré comme une faute et une faille dans la confiance en D.. Car, alors qu’il avait les moyens moraux et aurait pu placer sa confiance en D., il ne l’a pas fait et a voulu s’assurer personnellement de sa réussite. Il en est de même pour Yosseph. Après avoir interprété favorablement les rêves du maître échanson, il lui demande simplement de se rappeler de lui. Apparemment, on aurait pu croire que cette simple demande constitue la part d’investissement qu’il se devait de faire, sans contredire en rien sa confiance en D.. Seulement, on voit qu’il a malgré tout été sévèrement puni pour cela. Cela prouve que son intervention a déjà dépassé la mesure d’intervention personnelle autorisée par rapport à son niveau. Et de là, on voit combien le niveau de confiance en D. de Yosseph devait être extrêmement élevé. Cela, à tel point que la simple demande de se souvenir de lui, était déjà une intervention de trop, chose qui aurait bien sûr été permis pour de simples mortels. Mais, même cela, Yosseph ne pouvait pas se permettre compte tenu de son grand niveau de confiance en D., et il a été puni pour cela. On peut dès lors bien comprendre le sens du Midrash que dit que : « l’homme qui place sa confiance en D. c’est Yosseph ». Et la preuve en est que compte tenu de son si grand niveau de confiance en D., il n’aurait pas du tout dû compter sur un être humain et même par une simple parole. Et que, de fait, cette parole lui a été si sévèrement reproché et lui a valu deux ans de plus en prison. Retour liste Haut de page |
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