Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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VAYIGACHE
Lorsque Yosseph décida de se présenter à ses frères et leur dévoiler sa véritable identité, il leur dit « Je suis Yosseph ! Mon père est-il encore vivant ? » La Thora témoigne qu’en entendant ces simples mots, ses frères ne purent lui répondre tant ils étaient abasourdis par cette annonce.

Nos Sages disent à ce sujet : « Gare à nous au jour du jugement !! Gare à nous, au jour des reproches ! »
En fait, Yosseph savait parfaitement que son père était vivant puisque Yéhuda plaide la cause de Binyamin en mettant en avant ce qui pourrait arriver à Yaacov si Binyamin ne revenait pas Il sut y mettre toute sa force persuasive en présentant l’affaire sous un angle affectif au point que seul Yossef resta sur ses positions et fit preuve d’inflexibilité voire même de cruauté !

C’est alors que Yosseph réfuta en deux mots tout le beau discours de Yéhuda « Je suis Yosseph, où étaient tous les beaux et nobles sentiments dont vous faites preuve aujourd’hui lorsque vous m’avez condamné et vendu ! Pourquoi penses-tu à notre père Yaacov, uniquement lorsque tu es directement concerné parce que tu t’es porté garant ! Ce n’est qu’aujourd’hui que tu es favorable à la clémence, à l’époque tu étais partisan d’un jugement intransigeant ! »

Ce reproche, qui lui était adressé en le mettant face à ces contradictions, était irréfutable et les paralysa tous !
Toutes les excuses que nous pouvons se donner pour notre négligence, notre nonchalance dans la Avodat Hachem ainsi que pour amoindrir la gravité de nos fautes, tomberont tour à tour lorsque nous serons confrontés à notre façon même de vivre : tu avais du temps libre puisque tu…, tu avais des forces puisque tu…, tu avais une bonne mémoire puisque tu…, tu avais de l’argent puisque tu…
En fait, nous détruisons par nos propres actes la parade et la plaidoirie que nous nous préparons pour le jour du jugement
Rabbin D. YELLOZ


Le Temple, le cou du monde


La Paracha de la semaine évoque la rencontre entre Yosseph et ses frères après vingt deux ans de séparation. Après avoir parlé durement à ses frères et les avoir éprouvé, alors que tout son but était d’aboutir à l’expiation de leur faute lorsqu’ils l’ont vendu, le voici à présent révéler son identité. « Je suis Yosseph ». C’est alors que Yosseph décrit le but véritable pour lequel D. l’a envoyé en Egypte. Il s’agissait de préparer la subsistance pendant les années de famine. A la suite de cela, la Thora décrit que Yosseph « tomba au cou de Binyamin son frère, et il pleura. Puis Binyamin pleura également au cou » de Yosseph. Cet évènement si émouvant ne s’arrête pas sur le fait historique. En effet, cette chaleureuse rencontre entre Yosseph et Binyamin accompagnée de ces pleurs, exprime une idée prophétique d’une très haute portée. En effet, Rachi citant le Midrash explique que Yosseph était en train de pleurer pour la destruction des deux Temples qui se trouvaient dans le territoire de Binyamin. De même, Binyamin pleura pour la destruction, ou plus exactement, la disparition du Michkan (Tabernacle) ce Temple portatif, qui se trouvait à Chilo, dans le territoire de Yosseph. Ainsi, ces deux grands personnages, Yosseph et Binyamin, en pleurant l’un sur le cou de l’autre, étaient en fait en train de prophétiser la destruction des Temples, et s’en lamenter. Mais, cette interprétation interpelle et demande d’être plus amplement expliquée.

En effet, rappelons le contexte. Yosseph retrouve enfin ses frères après une si longue séparation. Et, dans cet instant d’intense joie et de si grande émotion, que trouvent-ils bon de faire ? Pleurer la destruction des Temples ! Quel rapport ? Cela est étonnant. D’autre part, Yosseph et Binyamin ont perçu la destruction des Temples. Mais pourquoi chacun pleure-t-il pour le Temple de l’autre ? Pourquoi Binyamin ne pleure-t-il pas pour ses Temples et Yosseph pour son Tabernacle ? Enfin, il nous faudra comprendre pourquoi le Temple est comparé au cou. En effet, c’est au cou de Binyamin que Yosseph a pleuré, et l’interprétation est que c’est pour la destruction de son Temple qu’il a pleuré. Et inversement, Binyamin a pleuré au cou de Yosseph, allusion à son Temple. Mais quel rapport entre le Temple et le cou ?

Pour le comprendre, le Rabbi de Kozmir propose de rappeler que l’origine de la séparation entre Yosseph et ses frères, c’était la haine. Les frères étaient jaloux de Yosseph, lui qui était préféré par leur père Yaacov. De même, Yosseph racontait à ses frères ses rêves, qui faisaient de lui un roi et un chef sur ses frères. Et pour couronner le tout, Yosseph rapportait à son père les mauvaises conduites de ses frères. Toutes ses attitudes n’ont fait que attiser la haine des frères contre Yosseph, qui eut pour conséquence, sa vente et donc leur séparation pendant vingt deux ans. Mais voilà qu’au moment de leurs retrouvailles, les tribus ont réfléchi et ont pris conscience de la gravité de la haine et de ses conséquences néfastes qui conduisirent justement à leurs séparations. C’est là qu’ils perçurent la destruction des Temples. En effet, nos Sages nous enseignent que la destruction du Temple a été due à la haine gratuite. Ainsi, la haine a aussi été à l’origine de cette destruction. C’est pourquoi, c’est justement au cours de leur réflexion sur la notion de la haine que les tribus en vinrent à percevoir la destruction des Temples. Ainsi, Yosseph et Binyamin pleurèrent pour cette tragédie, eux qui porteront dans leurs territoires les Temples. Mais la réparation de la haine gratuite c’est l’amour gratuit. Ainsi, il s’agit d’augmenter et d’intensifier l’amour du prochain, jusqu’à ce que la peine et la douleur de l’autre me touche même plus que la mienne. Une fois arrivé à ce niveau, l’origine de la destruction du Temple sera réparée, et alors le Temple pourra être reconstruit. Telle est la réparation. C’est pourquoi, chacun des deux tribus ont pleuré pour la destruction de l’autre. Yosseph a pleuré au cou de Binyamin, indiquant par là qu’il regrette la destruction des Temples de Binyamin même plus que celle de son propre Tabernacle. De même, Binyamin a pleuré au cou de Yosseph, indiquant par là qu’il regrette la destruction du Michkan de Yosseph, plus que sa propre destruction. Et bien que le Temple de Binyamin ne pouvait être construit qu’après la destruction du Michkan de Yosseph, malgré tout, il pleurait la destruction du Michkan. Cela comme s’il disait : « Il est préférable que mon Temple ne soit jamais construit, pourvu que le Michkan de Yosseph ne soit pas détruit ».

Telle est le véritable amour gratuit, qui peut venir en réparation à cette malheureuse haine qui a provoquée la séparation entre Yosseph et ses frères, et dans le futur, la destruction des Temples. Mais d’après cela, il faut comprendre pourquoi c’est justement la haine qui a détruit le Temple, et que c’est l’amour qui va amener sa reconstruction. En effet, le Temple c’est le sanctuaire, c'est-à-dire que c’est un lieu où se concentre la sainteté, où D. réside et s’installe. Or, D. est Un. Son unité est absolue. De fait, D. ne peut résider au sein du peuple Juif que si celui-ci est également un et uni, constituant ainsi le parfait réceptacle pour l’unité divine. Mais, la haine gratuite c’est la rupture de l’unité du peuple Juif. Dès lors, il devient impossible de recevoir la Présence divine. C’est alors la destruction du Temple. Ainsi, comme le Temple constitue justement la jonction entre l’homme et D., entre la terre et le Ciel, et que cette jonction ne peut se réaliser qu’à travers l’union, on comprend donc que si l’union fait défaut, la jonction est rompue : c’est la destruction du Temple.
D’après cela, on peut comprendre pourquoi le Temple est comparé au cou. C’est que le cou c’est l’organe qui relie la tête et le corps. Au niveau de l’homme, c’est ce qui fait la jonction entre le haut et le bas. Le cou représente bien l’idée du Temple, qui est justement ce lieu où s’opère la jonction entre D. et l’homme, à savoir le haut et le bas. Or, cette jonction ne peut se faire qu’à travers l’union, car D. est Un et ne peut donc résider qu’au sein d’un peuple uni. La destruction de cette union ne peut se traduire que par la destruction du Temple. C’est ainsi que Rabbi Na’hman de Breslev conseille à une personne qui souffre de douleurs au cou, de s’affliger sur la destruction du Temple. Cela ne pourra lui être que favorable. Mais, la relation entre le Temple et le cou ne s’arrête pas là et leur rapport est encore plus profond. Le cou est un membre où passent deux organes : la trachée artère et l’œsophage. La trachée artère est l’organe à travers lequel passe l’air dans l’organisme. L’œsophage, quant à lui, c’est l’organe à travers lequel passe la nourriture dans l’organisme. Ainsi, c’est le cou qui permet le passage de l’air et de l’alimentation. L’air symbolise le spirituel. A l’instar de l’air qui est invisible, le spirituel est également impalpable. En revanche, la nourriture symbolise le matériel. Ainsi, le spirituel et le matériel passent par le cou. C’est aussi en ce sens que le cou symbolise le Temple. En effet, le flux de spiritualité aussi bien que le flux de matérialité passent par le Temple. Ainsi, dans le Temple se trouvait la Table sur laquelle étaient posés les douze pains de proposition. Nos Sages nous disent que c’est à travers cette Table que l’abondance matérielle pouvait passer dans le monde. C’est pourquoi, il est enseigné que « celui qui veut s’enrichir doit s’orienter vers le nord quand il prie ». En effet, la Table était placée au nord dans le Temple, et la richesse est attirée à ce monde justement à travers cette Table. De l’autre côté, la spiritualité passe également par le Temple. C’est là où se trouvait la Menora (le chandelier) symbolisant la sagesse de la Thora, et donc la spiritualité. C’est ainsi que « celui qui veut devenir Sage doit s’orienter au sud quand il prie ». Car la Menora, à l’origine du flux d’esprit et de sagesse, était placé au sud dans le Temple. Nous voyons de là que le Temple est en quelque sorte le cou du monde. C’est d’un côté la trachée artère, passage d’air et d’esprit. Mais c’est aussi l’œsophage, passage de nourriture et de matière. A travers l’amour gratuit, on pourra mériter la reconstruction du Temple, ce qui permettra d’obtenir toutes les bénédictions divines, qu’elles soient de nature spirituelles et matérielles, très bientôt et de nos jours, Amen.



Les génisses et le vin

"Il vit les chars (les génisses) que Yosseph avait envoyé pour l'amener et le souffle de Yaacov leur père reprit vie" (45:27). Le Midrash (Berechit Rabbah chap. 94) explique que ces chars étaient un signe que Yosseph a envoyé à Yaacov. En effet, s'il ne croyait pas qu'il est toujours vivant, les tribus lui diraient que Yosseph leur a demandé de lui dire: "Au moment où on s'est séparé, on était en train d'étudier le chapitre de la Torah qui traite de la génisse décapitée". De fait, Yaacov croirait à l'existence de Yosseph. C'est à cela que fait allusion le verset "Il vit les génisses que Yosseph avait envoyées". Puis, sur le verset qui suit "Et Israël dit: Il suffit! Mon fils Yosseph vit encore!" (45:28), le Midrash explique les propos de Yaacov ainsi: "Grande est la force de mon fils! Il a enduré beaucoup de souffrance et il a pourtant conservé sa piété".
On peut expliquer simplement que le Midrash commente ici le sens de la phrase "Mon fils vit encore". En effet, en plus de sa vie physique, Yosseph a conservé également sa vie morale et spirituelle digne de "mon fils". Du fait que le Midrash juxtapose ces deux sujets (le signe envoyé par Yosseph prouvant qu'il est toujours vivant et le fait que Yosseph ait conservé sa piété: sa vie morale), on peut en déduire qu'ils ont un rapport entre eux. En effet, en plus de l'indication sur la vie physique de Yosseph, ce signe vient aussi prouver que Yosseph a maintenu sa piété. En d'autres termes, le contenu même du message de Yosseph est sensé prouver à Yaacov que son fils est toujours vivant spirituellement. C'est ce qui va être expliqué.

Le sujet de la génisse décapitée est décrit par la Torah: "Si on trouve un cadavre … gisant en plein champ et que l'on ne sache pas qui est le meurtrier, tes anciens et tes juges sortiront et mesureront la distance jusqu'aux villes situées autour du cadavre. La ville la plus rapprochée étant déterminée…les anciens de cette ville feront descendre une génisse dans un bas-fond sauvage…et ils lui briseront la nuque. Et tous les anciens de la ville en question… se laveront les mains…et ils diront à leur tour et ils diront: nos mains n'ont pas répandu ce sang là…" (Deut. 21:1-7).
On peut expliquer cela d'un point de vue moral. Le sens spirituel d'un "cadavre" c'est celui qui s'est détaché de son attachement à D., source de vie. La conséquence d'une telle chose est d'être retrouvé "gisant en plein champ", domaine de Essav défini comme ''homme du champ"(25:27), qui complote contre ceux qui se trouvent dans les champs (et non dans la maison d'étude) pour les détacher de la divinité et les rendre "cadavres", ce qu'à D. ne plaise. C'est contre ce risque que la Torah enjoint "Tes anciens et tes juges sortiront". C'est, en effet, dans leur responsabilité de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour corriger, voire même éliminer, la situation du "cadavre…dans le champ".

D'après ce qui vient d'être dit, on peut comprendre la raison profonde pour laquelle Yosseph étudiait avec son père précisément ce chapitre avant de se séparer. Avant que Yosseph ne descende en Egypte, "immondice de la terre", il avait besoin d'un surplus de force spirituelle pour résister et se maintenir dans sa piété. C'est pourquoi Yaacov lui enseigna le passage de la génisse décapité, où la Torah avertit les anciens que leur fonction est de s'occuper de celui qui "tombe dans le champ", et de lui donner tout ce dont il a besoin pendant qu'il se trouve dans le champ. Cette étude conféra à Yosseph ces forces dont il avait besoin pour maintenir sa droiture même en Egypte (dans le champ). C'est aussi pour cela que lorsque Yosseph a voulu prouver à Yaacov qu'il était vivant aussi spirituellement, il lui a transmis ce signe, il lui a signifié que le chapitre de la "génisse décapitée" était toujours présente dans son esprit, et que grâce à cela, il n'a pas été influencé par un environnement égyptien. Ainsi, lorsque Yaacov aperçut les génisses, "le souffle de Yaacov reprit vie": sa vie spirituelle. En effet, la vitalité morale de Yaacov dépend de celle de sa descendance, comme nos Sages le disent "de la même manière que sa descendance est en vie, ainsi lui aussi est en vie"(Taanit, 5b).

On peut ajouter une question supplémentaire. La deuxième montée à la Torah se termine par le verset: "L'Eternel m'a envoyé avant vous pour vous préparer une ressource et pour vous sauver la vie…"(45:7). Puis, la troisième montée commence par "et maintenant, ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, c'est D., et Il m'a placé…gouverneur pour toute l'Egypte"(45:8). Puisque ce verset est la suite du précédent constituant les propos de Yosseph, pourquoi la Torah introduit-elle une interruption dans ce même sujet?
L'explication est la suivante. La raison au fait que Yosseph soit le premier à être descendu en Egypte est que cette descente introduit une particularité dans le service de D. de Yosseph. Les patriarches et les autres tribus ont choisi d'être des bergers pour que leur travail ne les dérange pas et qu'ils puissent être en attachement continu avec D.. Mais Yosseph, par contre, s'occupait des sujets de ce monde (dans la maison de Potifar, en prison, lorsqu'il fut élu vice-roi d'Egypte…). Malgré cela, toutes ces difficultés ne l'ont pas dérangé et il était lui aussi entièrement attaché à D.. C'est pourquoi Yosseph était le premier à descendre en Egypte. C'était lui qui devait donner aux Juifs la force de se maintenir même en étant en exil, en Egypte. C'est pourquoi, Yosseph dit à ses frères: "Je suis Yosseph…et maintenant ne soyez pas triste…de m'avoir vendu, car c'est D. m'a envoyé avant vous pour…vous sauver la vie…" C'est à dire que la descente de Yosseph en Egypte était une mission de D. pour donner la force aux Juifs de se maintenir en vie dans sa dimension spirituelle, en Egypte aussi.
Cependant, ce sujet là n'est pas encore l'essentiel de la mission de Yosseph en Egypte, puisque son apport est de mener une action négative: se préserver de l'influence non désirable de l'exil pour rester dans le même niveau qu'avant. En fait, l'essentiel de la mission de Yosseph est, comme son nom l'indique, de transformer ce qui est "autre", étranger à la sainteté, en "fils" pour D. (ainsi que le dit le verset "que D. m'ajoute un autre fils"(30:24)). C'est à dire que la mission essentielle de Yosseph n'est pas seulement de se protéger contre les difficultés de l'exil, mais plutôt de les mettre sous la domination de la sainteté.
On retrouve effectivement cet aspect chez Yosseph qui était le ministre. Son intention n'était pas seulement de diriger matériellement. Son pouvoir s'étendait aussi dans un domaine spirituel, à tel point qu'il força les Egyptiens à se circoncire (Rachi, 41:55). Il y a cependant une différence essentielle entre ces deux aspects de la mission de Yosseph (conférer une force pour se maintenir en exil et dominer les sujets de l'exil). Le premier sujet est plus général est concerne tous les Juifs, qui seront renforcés et se maintiendront même en Egypte. Le deuxième sujet concerne particulièrement Yosseph. C'est lui seul qui est le vice-roi d'Egypte et qui a le pouvoir. D'après tout cela, on peut comprendre la raison de la répartition des montées. Ces deux aspects de la mission de Yosseph composent les deux sujets que Yosseph dit à ses frères en décrivant comment D. l'a envoyé (la mission de D.). D'une part, "l'Eternel m'a envoyé avant vous pour…vous sauver la vie…", Yosseph a agi pour que les Juifs se maintiennent en Egypte. Et, d'autre part, "ce n'est pas vous…, c'est D., et Il m'a placé gouverneur pour toute l'Egypte", il a agi pour être, lui, le gouverneur de l'Egypte. Ces pour cette raison que l'on sépare ces deux sujets lorsqu'on lit à la Torah par deux montées. C'est parce que le deuxième aspect de la mission de Yosseph est plus élevé que le premier, c'est pour cela que l'on commence par ce dernier une montée.



HISTOIRES DE NOS MAITRES

Lorsque les préposés de ’Hevra Kadicha arrivèrent au domicile d’un homme (bien connu comme dénonciateur au service des officiers russes à l’époque du tsar) qui se trouvait aux derniers instants de sa vie, celui-ci leur déclara qu’il avait une dernière volonté à exprimer. Il voulait être enterré le visage tourné vers la terre. Les membres de cette institution n’en croyaient pas leurs oreilles. Ils n’avaient jamais entendu une requête aussi ridicule et de toute façon, ceci était contraire à la Loi juive d’enterrer quiconque de la sorte ! (Yoré Déa 362/2) Ils n’essayèrent donc pas de le faire changer d’avis car ils savaient qu’il continuerait à discuter inlassablement. Ils partirent sans avoir pris le moindre engagement envers lui. L’homme mourut quelques jours plus tard. La ’Hevra Kadicha alla poser la chééla (la question) à Rabbi Moché Feinstein . Ils se trouvaient confrontés à un dilemme car d’un côté, ils connaissaient l’enseignement talmudique (Traité Guittine 14b) selon lequel : "C’est un devoir d’exécuter les dernières volontés d’un homme" et ils étaient peut-être dans l’obligation de l’inhumer le visage contre terre. Mais d’un autre côté, la requête du dénonciateur était contraire à la Loi et à la coutume juives. Rabbi Moché répondit que l’obligation d’accéder aux dernières volontés de quelqu’un, n’était valable que si sa requête était conforme à la Halakha. Or, une telle demande était à l’évidence une violation de la Loi juive, par conséquent ils n’étaient pas tenus d’y obéir. La ’Hevra Kadicha l’enterra donc de façon traditionnelle, sur le dos. Quelques semaines après l’enterrement, un groupe d’officiers russes vint trouver l’institution et exigea que la tombe du dénonciateur soit ouverte. Celle-ci protesta, déclarant que c’était contraire à la Loi. Une fois qu’une personne était enterrée, on ne devait plus déplacer son corps sauf pour l’emporter en Erets Israël. Les autorités, n’admettant pas de refus, menacèrent d’envoyer tous les membres de la ’Hevra Kadicha en Sibérie s’ils refusaient de se plier à leurs exigences. Alors, en hésitant, les hommes de la ’Hevra Kadicha ouvrirent la tombe du dénonciateur. Les soldats jetèrent un coup d’œil aux restes du défunt mais au moment de repartir, l’un des membres de la ’Hevra Kadicha, incapable de contenir sa curiosité, osa demander aux officiers pourquoi ils exigeaient de vérifier la position du corps du dénonciateur. Un des officiers lui répondit : "Nous avons reçu une lettre de celui-ci, disant qu’il savait combien la communauté juive le haïssait et qu’il était certain que vous lui joueriez un mauvais tour, comme par exemple, l’enterrer face contre terre. Nous voulions juste vérifier que ce n’était pas le cas. Nous pouvons imaginer les souffrances que Rabbi Moché a épargnées à ses frères juifs en s’en tenant strictement à la Halakhah !



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