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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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VAYEHI Wayé‘hi: Par Rav D. Yelloz Cette Paracha se termine à la période des Avoth, de Yosseph et des Chévatim. C’est l’époque durant de pré esclavage durant laquelle les enfants d’Israël s’intègre à la société égyptienne tant et si bien qu’ils en deviennent esclaves du système avant d’en devenir des esclaves tout court. Yaacov, avant de mourir, donne à Yosseph « chékhem é’ho…acher laqualti miyad haémori bé’harbi oubkachti » c’est-à-dire « une part, en plus que j’aie pris avec mon épée et mon glaive »? que, veut dire Yaacov? S’il s’agit de la ville de Chékhem, c’est plutôt au courage et à la témérité de Chimon & Lévi qu’on la doit? Rachi propose pour ce verset deux explications: -a) Yaacov donne à Yosseph la ville de Chékhém. Parce que Yosseph va s’occuper de son enterrement en Erets Canaan Yaacov lui offre en contre partie la ville de Chékhém où Yosseph sera enterrée à l’arrivée des Bnei Israël en Israël. Il est vrai que se sont Chimon et Lévi qui ont attaqué les habitants de Chékhém en premier, mais la partie n’était pas gagnée puisque les peuplades de la région liguèrent alors contre la famille de Yaacov et c’est qui dût défendre et consolider ses acquis par la force des armes. Il ne suffit pas de prendre mais il faut aussi être capable garder. Dans la bénédiction des Cohanims, il est dit: « que D… te bénisse et te protège » c’est-à-dire qu’il t’accorde des richesses mais aussi qu’il les garde! -b) Chékhém ici signifie une « part supplémentaire », c’est la part accordée au fils aîné, c’Est-ce que Yaacov a pris de Esa « intelligence et prière ». Le glaive symbolise l’intellige, c’est-à-dire l’esprit affûtée comme le fil de l’épée, et l’arc symbolise la prière, la demande, ces deux mots s’écrivant de la même façon en hébreu: be-kachti bakachti. (Même lettre, seule la ponctuation change). -c) Ounkélos dans sa traduction de la torah en araméen, va dans le sens de la deuxième explication de Rachi, mais pour lui « harbie » aussi signifie « prière ». Le Rav Sim’ha Hacohen de Dvinsk explique qu’il y a deux sortes de prière, une assimilée au fil de l’épée et une assimilée à l’arc. La prière à la synagogue, avec le minyane, la communauté, selon le texte composée par les « Membres de la Grande Assemblée » a un pouvoir et une puissance intrinsèque comme un glaive qui tranche sans qu’il soit nécessaire d’y imprimer une force particulière. Par contre, la prière personnelle faite dans son coin, pour aboutir et être exaucée doit être comme une flèche dont l’impact dépend d la force exercée par l’archer. Ephraïm et Menaché, les enfants de Yosseph sont pris en modèle ! Yaacov en décida ainsi ! Les parents bénissent leurs fils en leur souhaitant de devenir comme Ephraïm et Ménaché. Qu’y a-t-il de si particulier en Ephraïm et Ménaché plus que chez les autres enfants de Yaacov ? La particularité de Ephraïm et Ménaché réside dans le fait qu’ils sont nés et ont grandi en exil dans un entourage pervers, au sein de la « noblesse » égyptienne, issus d’un père chef de gouvernement et d’une mère, fille de prêtre idolâtre et chef des bourreaux, et malgré tout, ils sont restés fidèles au chemin tracé par leurs ancêtres Avraham Isaac et Yaacov. Ils sont donc l’exemple d’une éducation réussie et c’est ce que nous souhaitons à tous nos enfants : qu’ils puissent bénéficier d’une telle éducation ! Le mérite de cette réussite revient, en grande partie à Yossef qui a su faire abstraction de ses soucis et occupations pour se vouer à l’éducation de ses enfants et à son épouse Assenat qui a su se détacher de son passé marqué par une échelle de valeur faussée et s’engager dans la même démarche éducative que son mari Yosseph 2) Yaacov Avinou lègue à Yosseph « une part supplémentaire qu’il a pris de la main du Emori à l’aide de son ‘Herev et son Quechet ». La traduction usuelle de Herev c’est l’épée et Quechet c’est l’arc à flèche. Pourtant Ounquelos traduit différemment : d’après lui ‘Herev correspond à la « prière » et Quechet à une « demande » et donc Yaacov A. se serait emparé de cette ville par la force de « sa prière et sa demande ». Comment accepter ce changement du sens littéral et que vient-il nous enseigner ? En fait, la vérité était que Yaacov Avinou a « prié et demandé » pour obtenir cette fameuse part, et le verset vient comparer la prière à l’épée et la demande à l’arc. La « prière », c’est le texte que nous récitons chaque jour et qui a été instituée par les Sages de la Grande Assemblée. La « demande » c’est une formule personnelle que nous adressons à D. De même que l’effet de l’épée dépend surtout de son aiguisement sans que celui qui la manie ait besoin d’exercer une grande force, ainsi nos prières journalières sont d’elles-mêmes très puissantes et elles ont un impact extraordinaire au Ciel même si elles sont récitées parfois avec peu de ferveur, alors que la demande personnelle nécessite un grand effort de concentration de la part du prieur tel un arc à flèches dont l’impact sera directement fonction de la force de l’archer. EPILOGUE Lorsqu’on arrive à la fin du premier Livre de la Torah, Berechit, il convient de se rappeler les propos de Rachi au début de son commentaire « … et pourquoi, Il commença la Thorah par ce Livre où il ne se trouve aucune Mitsvah ? Pour relater à Son peuple la force de Ses actes afin de leur donner l’héritage des peuples !… » C’est D. qui a créé le monde et Il le donne et le confie à ceux qui Lui plaisent. Effectivement, le livre de Berechit montre bien combien sont fondés les droits des Bné Israël sur Erets Israël : A l’époque du déluge, le monde fut détruit et tout disparu excepté les rescapés de la Téva dont Noah s’occupa. Donc tout appartient à Noah et Noah désigna son fils Chem comme principal héritier, Yafète étant dépendant de Chem et Canaan est leur esclave et n’a donc aucun droit. Puis à l’époque d’Avraam Avinou lorsqu’il y eut la première guerre mondiale, Avraham en fut le vainqueur et fut couronné et nommé roi sur tous les peuples. Enfin à l’époque de Yosseph une terrible sécheresse et famine s’abattit sur le monde entier, et c’est Yosseph qui nourrit et sauva le monde entier et racheta à cette occasion tous leurs biens. Eux-même se vendirent en esclave à Yosseph pour sauver leur vie ! C’est ainsi que se prépare la venue du Machiah qui régnera sur le monde entier. Rabbin D. YELLOZ L'exil de D… par Mikael MOUYAL à la mémoire de Hessed Ben Lisa LALOUM GHENASSIA La Paracha de cette semaine relate que Yaacov, après avoir vécu 17 ans en Egypte, tombe gravement malade. Il fait alors appeler son fils, Yosseph, qui était alors vice roi d’Egypte, et l’implore de l’enterrer en Israël et non en Egypte. Pour cela, il le fait même jurer. Puis, il lui évoque la mort de Ra’hel, sa mère, qui mourut en enfantant Binyamin, sur le chemin pour rentrer en Israël. Yaacov rappelle à son fils qu’il l’enterra là-bas. Rachi, expliquant le rapport entre la demande de Yaacov à son fils de l’enterrer en Israël et le récit de la mort de Ra’hel, propose l’interprétation suivante : « Yaacov demande ici à Yosseph de l’enterrer en Israël bien que lui-même n’ait pas agi de la sorte pour Ra’hel. Ainsi, Yaacov explique à Yosseph : ‘‘Il est vrai que ta mère n'est pas morte très loin de Beth Le’hem et que j’aurai pu facilement la transporter en Israël pour l’y enterrer. De plus, la pluie ne m’a pas empêché de l’enterrer en Israël, car ce jour là, il n’a pas plu. Je sais que tu m’en veux de l’avoir laissé en dehors d’Israël. Seulement, sache que c’est d’après les instructions de D., c’est la Parole de D. Qui m’a recommandé de la laisser là et de ne pas l’enterrer en Israël. Cela, pour que, lorsque ses descendants seront exilés par les Babyloniens et qu’ils passeront auprès de sa sépulture, elle priera pour eux et leur apportera son aide’’ ». Ce commentaire nécessite d’être expliqué et approfondi. En effet, au moment où Yaacov fait ses excuses à Yosseph et lui demande de ne pas lui en vouloir, on peut se demander pourquoi trouve-t-il donc le besoin de lui présenter plusieurs justifications à son acte qu’il écarte (la distance et la pluie). Pourquoi ne lui dit-il pas directement qu’il a agi conformément à la Parole de D. ? Cela ne suffisait-il pas ? De plus, comment Yaacov peut-il envisager que Yosseph le suspecterait de ne pas avoir enterrer sa mère à cause de la pluie ou à cause de la longueur, pour avoir besoin d’évacuer ces possibilités ? Yaacov se laisserait-il arrêter par de tels incidents purement matériels ? En fait, il est dit : « Que toute créature fasse silence de devant l’Eternel, lorsqu’il surgira de Sa sainte demeure ! » A propos de ce verset, nos Sages ont enseigné : « D. dit au roi David : ‘‘Même si tu me rétablis plusieurs fois, Je ne me lèverai pas. Tout le temps que Jérusalem restera recouverte de cendre, Je le serai également. Mais, lorsque viendra le jour à propos duquel il est dit ‘‘Secoue-toi de ta poussière, Jérusalem !’’, alors, ce jour, ‘‘toute créature fera silence de devant l’Eternel’’. Cela, parce que ‘‘D. surgira de Sa sainte demeure’’, à l’image d’une poule qui secoue la cendre qui s’est collée à elle ». Ce passage énigmatique fait état de ce que l’on appelle « l’exil de la Chekhina (expression de la royauté divine) ». Ce principe évoqué par nos Sages est d’une telle profondeur, que nous ne pouvons l’appréhender dans sa réalité. Essayons malgré tout de le comprendre à notre niveau. En fait, la Chekhina, que nous traduisons généralement par Présence divine, correspond plus exactement à l’expression de la royauté de D.. Or, cette royauté ne peut se manifester que par la Parole de D.. Ainsi, le Midrash rapporte que D. créa le monde parce qu’Il désira devenir Roi, or il n’y a pas de roi sans peuple. C’est ainsi qu’Il créa le monde. D’autre part, nous savons que D. créa le monde par Sa Parole. Ainsi, l’expression de la royauté de D. passe par Sa Parole. Un roi ne se définit en tant que roi que parce qu’il dirige le peuple et qu’il lui donne des ordres. Ainsi, la parole exprime la royauté. Or, cette Parole de D. ne peut être perçue que lorsque l’on retire toute la « cendre » qui l’entoure et la voile. C’est seulement alors que la Parole de D. peut se dévoiler dans toute son authenticité. Cette poussière et cette cendre qui recouvre la Parole de D. ne sont pas autre chose que la nature, qui voile l’existence de D. et donne l’impression que D. n’est pas là. Tant qu’un peu de poussière, que représente la nature, se trouve présente, la Parole de D. ne peut être perçue réellement. Yaacov voulait expliquer à son fils, Yosseph, que s’il n’a pas enterré Ra’hel en Israël, mais qu’il l’a laissé sur le chemin, c’est parce que telle était la Parole de D.. Seulement, pour que cette parole soit perçue par Yaacov, il fallait qu'il « secoue » et retire toute explication naturelle de cette affaire. C’est pourquoi, il expliqua que ce n’est ni à cause de la longueur du chemin et ni à cause des conditions climatiques qu’il n’a pas enterré Ra’hel en Israël. De cette façon, il a évacué toute explication d’ordre naturelle. Ainsi, cette raison essentielle qu’est la Parole de D., ne pouvait émerger qu’après avoir épurer toute aspect naturel que sont la longueur et la pluie. Cela était donc bien nécessaire. C’est seulement alors, qu’il pouvait percevoir « la Parole de D. Qui lui a recommandé de la laisser là et de ne pas l’enterrer en Israël pour que, lorsque ses descendants seront exilés par les Babyloniens et qu’ils passeront auprès de sa sépulture, elle priera pour eux et leur apportera son aide ». Tant que les lois naturelles régissent le monde, l’honneur de la royauté divine ne pourra pas être vraiment établi. C’est le jour où on méritera de voir le comportement direct de D. dans ce monde, que Sa gloire pourra vraiment se manifester : « D. surgira de Sa sainte demeure ». Cette idée se retrouve concernant le don de la Torah. A ce propos, Rabbi Abbahou au nom de Rabbi Yo’hanan enseigne dans le Midrash que lorsque D. a donné la Torah au peuple Juif, aucun pigeon n’a chanté, aucun oiseau n’a volé, tout animal est resté silencieux, les feuilles des arbres arrêtèrent de bouger, les anges cessèrent d’entonner leurs louanges, la mer est restée calme, il n’y eut plus aucun bruit, si ce n’est un silence total. C’est alors que retentit la Parole : ‘‘Je suis l’Eternel ton D.’’ ». Ainsi, il est clairement montré que pour que l’on puisse percevoir le son de la Parole : « Je suis l’Eternel ton D. », il faut nécessairement faire taire tout son de la nature. Si un oiseau se mettait à voler, si se produisait une quelconque manifestation de la nature, l’homme ne pourrait pas alors se pénétrer totalement de l’exclusivité de la Royauté de D. et que rien n’existe en dehors de lui. Un quelconque mélange de naturel voile l’Honneur de D.. Ainsi, nous comprenons que l’exil de la Chekhina correspond à la situation où la Gloire de D. est voilée par la poussière, par une certaine trace de la nature. Lorsqu’elle se débarrasse de cette charge, elle peut alors sortir de cet exil. La Parole de D. peut alors être perçue. Cette notion se retrouve également à propos de Yokheved, la mère de Moché. En effet, d’après nos Sages, celle-ci était âgée de 130 ans lorsqu’elle enfanta Moché. Ainsi, on peut s’interroger. En effet, alors que la Torah dévoile clairement le miracle de Sarah qui enfanta à 90 ans, pourquoi n’évoque-t-elle donc pas du tout le miracle concernant Yokheved, qui enfanta à 130 ans ? Le Ramban répond à cette question et explique que la Torah dévoile les miracles qui ont été annoncés par un prophète ou par un ange. Mais les miracles qui se font d’eux même, pour aider un Juste ou châtier un impie, la Torah ne les évoque pas. En effet, lorsqu’un prophète annonce un miracle, tout le monde est alors amené à voir que c’est l’œuvre de D.. Tous perçoivent clairement le miracle, qui est épuré de tout aspect naturel. Mais, un miracle qui n’a pas été annoncé par un prophète, tel le miracle de Yokheved, ne peut être écrit dans la Torah, car il peut être expliqué et justifié par multiples raisons naturelles : la Parole de D. est alors couverte de « cendres ». Durant l’histoire juive et particulièrement, durant les différentes guerres qu’a vécu Israël, où s’est avéré la puissance de l’armée israélienne, toutes ces victoires étaient en réalité miraculeuses, c’était l’expression de la Parole de D.. Seulement, les chars et les avions voilaient cette Parole. A nous de voir la réalité des choses… ! D’après tout ce qui a été dit, on pourrait penser que cette « cendre » que représente la nature, est négative puisqu’elle voile la Présence de D.. Mais si tel était le cas, pourquoi D. l’utiliserait-Il ? Si D., Qui est omnipotent, laisse la possibilité à cette poussière d’exister, c’est que celle-ci est réellement nécessaire. On peut ainsi dire que l’objectif de tout cela est de laisser le libre arbitre à l’homme. En effet, si tout le monde voyait la vérité des choses, la Parole de D. éclatante, les miracles manifestes, alors tous seraient contraints d’admettre l’existence de D. et d’accepter Sa royauté. L’homme n’aurait plus alors de libre arbitre. Or, ce libre arbitre est un principe fondamental. Ce qui distingue l’homme des autres créatures c’est justement sa capacité à choisir son chemin, à savoir le bon ou le mauvais. C’est pour maintenir ce libre arbitre, qui est si précieux aux Yeux de D., que l’Eternel préfère se mettre en retrait et accepte de se voiler et de donner une apparence naturelle aux évènements, Il accepte de se mettre en situation d’« exil ». Mais l’homme doit percer la vérité et reconnaître le Doigt de D. dans l’histoire. Tel est sa mission dans ce monde… Retour liste Haut de page |
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