Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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CHEMOTE
Chemot:
Par Rav. D. Yelloz

Nous avons la lecture du premier livre de la Torah, Béréchite, qui traite de la création de l’univers et son organisation.
Nous entamons, avec cette paracha, la lecture du deuxième livre, Chémot, qui parle de la naissance du peuple d’Israël et son développement géopolitique. Nous sommes dans le creuset de l’Égypte, où les Bnei Israël subissent un esclavage particulièrement pénible. Après une première phase de plein essor qui débute avec Yosseph devenu vice-roi d’Égypte et au cour de laquelle les Bnei Israël jouissent d’un taux de croissance extraordinaire, commence une période obscure: les Bnei Israël sont asservis, humilié massacré! C’est probablement le premier pogrom de l’histoire humaine.
Les sauvés de la famine s’attaquent à leurs sauveurs qui de très haut tombent très bas.
Que s’est-il passé? Dans le psaume (105-25) il est dit: « il renversera leur cœur (aux égyptiens) pour qu’ils haïssent sont peuple ». En fait, c’était prévu de longue date, depuis l’ « Alliance entre les morceaux » avec Avraham Avinou.
Le midrash rajoute que Yaacov aurait du descendre en Égypte enchaîné mais D… fit en sorte qu’il y arriva avec tout les honneurs qui lui sont dus!
Pourquoi cet esclavage? Nos sages rapportent plusieurs raisons. En s’appuyant sur des versets d’Ezchiel et Hochéa, le midrash dit que c’est punition pour les Bnei Israël qui s’assimilèrent et s’éloigne du chemin tracé par les Avot. Un autre midrash dit que c’est une façon d’éduquer et de préparer les Bnei Israël à accepter sur eux le « joug divin » et recevoir la Torah et les mitsvot. Nos sages dans le Talmud, traité Nedarim 32b, que cet esclavages vient réparer la faute d’Avraham Avinou dans sa repartie envers D… lorsqu’il dit « Comment saurai-je qu’ils en hériteront ? (de la Terre Promise) ». Dans la Torah il est donné encore une autres raisons: pour réparer la faute d’Adam. Toutes ces raisons, citées par nos sages, sont vraie et il ressort de cette études une leçon très puissante: par un seul et unique décret, D…punit, répare et prépare à la fois. Rien ne s’oppose à sa volonté. Bien au contraire, Pharaon en essayant de s’y opposer n’a fait que la catalyser!

Chabbat Chalom.


Le Deuxième livre du Pentateuque l’Exode, est composé de 3 parties : l’exil et l’esclavage des Hébreux en Egypte puis leur Libération, le don de la Torah au Mont Sinaï et enfin la construction du tabernacle, lieu de résidence de la Chéhina (présence divine).
La paracha Chemot relate les conditions extrêmement difficiles qui furent celles des Bné Israël en Egypte durant 210 ans au cours desquels les Egyptiens firent peser sur eux un joug très lourd. Il est essentiel de s’interroger sur la raison et le but de cet exil qui ne peut être pris comme une simple punition, puisqu’il survient à une époque où les Bné Israël sont très proches de D. de par leur comportement exemplaire, leur foi et leur attachement à D., comme on a pu le ressentir à la lecture du livre de Berechit, où le concept de Téfila, prière, apparaît dans toutes les Parachiot (sections hebdomadaires de la Torah).

De plus, rappelons-nous que cet exil a été annoncé à Avraham Avinou au moment où il contracte avec D. l’alliance appelée Berit Ben Habéetarim et il n’est pas précisé que cet exil viendrait pour punir ses descendants suite à leurs mauvais comportements, comme ça l’a été précisé à Moché en d’autres circonstances ! Plus étonnant encore, D. annonce à Avraham Avinou un esclavage de 400 ans alors qu’en fait il n’a duré que 210 ans selon le compte fait par Rachi ! Rachi nous explique que le décompte des 400 ans débute à la naissance d’Isaac, ce qui mérite réflexion : quel rapport y a t il entre l’exil en Egypte et la naissance d’Isaac qui semble être l’évènement le plus heureux vécu par Avraham Avinou ?

Si nous avons remonté le cours de l’histoire jusqu’à Avraham et Isaac, permettons-nous une réflexion supplémentaire : il semble étonnant que, d’Avraham Avinou qui est le pilier de la bonté et de la miséricorde naisse un fils Isaac qui est le symbole de la rigueur ! Cela répondrait-il à la devinette de Samson (juge 14-14) «Du puissant est sorti le doux » ?! Plus étonnant encore, lorsque Avraham Avinou confie à son serviteur Eliezer la mission de trouver pour Isaac une femme qui lui convienne, celui-ci décide de tester Rivka sur la bonté, et non sur la rigueur, qui est le trait particulier d’Isaac !

En fait, Isaac a poursuivi l’œuvre bienfaitrice de son père Avraham mais il a pris conscience du danger auquel cette qualité extraordinaire peut mener. En effet, Avraham Avinou s’est dévoué et dépensé à tous les niveaux pour les êtres les plus ignobles de la planète : les citoyens de Sodom dont la méchanceté et la perversité devinrent légendaires. Ce degré de bonté serait inadmissible aujourd’hui, pourtant D. accorde sa miséricorde à tous, et tous en profitent ! Avraham Avinou a calqué sa conduite sur celle de D. Pour cela il lui fallut fournir énormément d’efforts pour surmonter les limites extrêmes de la bonté et réussir à l’accorder de bon cœur et de plein gré à ceux qui la méritent le moins ! Mais il réussit tant et si bien que la bonté est devenue un critère de reconnaissance chez les Bné Israël qui sont qualifiés de « miséricordieux et bienfaiteurs » !

Avraham Avinou a développé en lui l’essence de la bonté et l’a transmise à ses descendants. Pourtant, nous fait remarquer le Midrach (explication allégorique de la Torah) autant Avraham Avinou était bon et large avec les autres, autant il était austère vis-à-vis de lui-même, se contentant du minimum vital.

C’est là qu’apparaît la grandeur d’Avraham Avinou dans sa véritable dimension : loin de se laisser influencer par le dicton « charité bien ordonnée commence (et souvent s’arrête) par soi-même », il opta pour règle fondamentale que la bonté ne s’adresse qu’aux autres, jamais à soi-même, à l’instar de D. qui prodigue Sa bonté infinie aux créatures…

C’est justement cet aspect unilatéral de la bonté qu’Isaac a voulu mettre en valeur par son austérité et sa rigueur vis-à-vis de lui-même et qui s’est superbement exprimé lors de la aquedat Itshac (sacrifice d’Isaac) où il est prêt à faire don de son être : il ne garde et ne prend rien pour lui-même, ne serait-ce que sa propre personne… C’est uniquement à ce niveau qu’on peut considérer la bonté humaine comme étant en équation avec la bonté divine et ne pouvant être génératrice que de bien sans s’approcher du mal. Ytshac Avinou a su allier et conjuguer abnégation de soi et altruisme de la manière la plus puissante puisqu’en fait le « moi » n’existe plus puisqu’il en fait don aussi. Mais tant que le « moi » existe il y a danger, car, la nature de l’homme bienfaisant et bienveillant le rend souvent faible et incapable de s’opposer aux désirs des autres mais aussi à ses propres désirs, ceux de son Yatser hara, et la bonté, le hessed n’est plus source d’élévation et de rapprochement vers D. mais un gouffre d’où il est difficile de sortir ! Ainsi la Torah qualifie (Lévitique 20 -17) les relations incestueuses de hessed car cette abomination est le fruit d’une bienveillance déplacée : s’accorder son désir, répondre au besoin, à la demande de son yetser hara.

C’est ce danger qui guette l’homme bon et généreux et il doit en prendre conscience pour s’en préserver.

C’est pour nous mettre en garde contre ce risque que D. décida d’envoyer les généreux descendants d’Avraham Avinou en Egypte. L’Egypte était la nation la plus dépravée à cette époque ! D. voulut que les Bne Israël se rendent compte par eux-mêmes jusqu’à quel degré de dépravation on peut descendre si on se laisse aller à un mauvais hessed ! Cette constatation de la déchéance de l’homme mal guidé doit provoquer d’abord un dégoût profond et une peur face à cette forme du hessed mais aussi un renforcement et une aspiration pour le véritable hessed inspiré de la révélation divine.
L’exil ne doit pas être vécu comme une punition mais comme une occasion d’apprendre et de découvrir les chemins de la vie, leurs tenants et leurs aboutissants !
On comprend maintenant pourquoi on considère la naissance d’Isaac comme le début de l’exil d’Egypte, car c’est Ytshac Avinou qui, le premier, va nous enseigner cette leçon et nous familiariser avec cette notion à laquelle nous serons confrontés durant notre séjour en Egypte. Certes Avraham Avinou a toujours vécu ainsi, ne s’est jamais égaré, et a su conjuguer miséricorde et rigueur à l’instar de D. mais c’est à Ytshac Avinou que revient le mérite d’avoir développé et défini le hessed sous cette forme et de nous avoir mis en garde du danger que cache l’imitation du hessed.
Ysthac Avinou est le gardien du hessed et Rivka lui convient – Rigueur et générosité extrême se sont retrouvées sous le même toit.

Les Hébreux ont subi 210 ans d’exil mais ils ont eu droit à 400 ans d’apprentissage du vrai hessed, depuis l’avènement d’Ytshac Avinou !
Puisse D. nous éclairer dans notre exil afin qu’on en prenne la leçon et, une fois l’objectif atteint, qu’Il nous en libère le plus rapidement possible. Amen

La foi en la délivrance

« Moïse parla ainsi aux enfants d’Israël, mais ils ne l’écoutèrent pas, à cause d’un souffle court et d’un dur travail » (Exode chap. 6 – v.9)
Peut-on imaginer un peuple, ayant subi l’esclavage plus de deux cents ans, refuser une chance de recouvrer sa liberté ?
Il semble d’après le verset cité, que c’est précisément ce que redoute Moché rabbénou, notre Maître Moïse.
Il est malgré tout possible de comprendre ce désintéressement pour la liberté, du fait que le peuple ne s’appartient plus, il est un objet et a perdu son caractère humain.
Le « manque de souffle » dont il est question dans le verset se dit mikotzer rouah’, or la spiritualité se traduit elle aussi par le mot rouah ; les Sages expliquent donc que Moïse craignait qu’il manque aux enfants d’Israël, ce souffle de sainteté qui constituerait le gage de réussite dans sa démarche.

C’est de la émouna dont il est question, c'est-à-dire la foi qui, lorsqu’elle est vécue à travers l’accomplissement de la Torah et des mitzvots, renforce l’homme, lui fait oublier toutes les difficultés et lui permet d’éliminer tous les obstacles.

Un Peuple, Un Destin…


« Israël vit la grande main qui avait agi en Egypte et le peuple eut peur de D. » (Exode chap. 14 – v 31)

Au début, le verset parle d’Israël, puis à la fin, il est question du peuple juif. A priori, il n’y a pas de difficulté, mais le passage de l’un à l’autre nous laisse entrevoir un enseignement.
Tant que les Hébreux étaient en Egypte, ils se considéraient chacun individuellement, c’est pourquoi, on en parle en tant que Israël ; chacun séparément. Leur sort d’être en esclavage, ne relevait pas de leur choix et leurs souffrances ne les unissaient pas, sinon aux yeux de Pharaon, qui dit (Exode 1-9)
« Il parla à son peuple : Voici le peuple des enfants d’Israël, qui augmente et devient plus puissant que nous » (Exode chap. 1-v 9)
Dès lors que la notion de miracle intervient et concerne l’ensemble de la communauté, que les Hébreux décident eux-mêmes de la loi qu’ils vont observer, à savoir la Torah, on parle désormais d’un peuple.
C’est cette union, cette cohésion et cet attachement à la loi divine qui a permis à cet ensemble d’individus de changer de statut et devenir un peuple, le peuple élu – Ne l’oublions pas !

Par le rabbin Daniel Yelloz


Quand le bâton devient serpent...

Par Mikael Mouyal

La Paracha de la semaine relate l'exil d'Egypte. Les Hébreux furent astreints à de pénibles travaux. Les égyptiens rendirent leurs vies amères. Alors, D. écouta leurs cris et leurs plaintes et se résolut de les délivrer.
Pour cela, Il choisit d'envoyer Moïse. Celui-ci, qui avait été sauvé des eaux du Nil par la fille de Pharaon, et avait été élevé dans le palais royal, se sauva à Madian, chez Ytro, à la suite d'une accusation. Il épousa Tsipora, la fille de Ytro et était le berger du troupeau de son beau-père, qu'il faisait paître dans le désert.
Un jour, il fut témoin d'un phénomène étrange. Un buisson prenait feu sans se consumer. Alors, il s'approcha pour voir cela de plus près. C'est là qu'Il bénéficia du dévoilement de D.. L'Eternel l'investit alors de l'importante mission d'aller sortir les Juifs d'Egypte. Moïse commença par refuser, ne se considérant pas à la hauteur. Il émit l'hypothèse que peut-être les Juifs ne croiraient pas en lui et ne l'écouteraient pas. D. lui demanda de jeter son bâton à terre. Celui-ci se transforma alors en serpent. Puis, D. lui demanda de saisir la queue du serpent. Il redevint bâton.
Puis, D. lui demanda de mettre sa main en son sein. Ce qu'il fit. En la retirant, elle devint lépreuse. Alors, sur l'instruction de D., il la replaça de nouveau dans son sein. Cette fois-ci, quand il l'en ressortit, elle avait retrouvé sa carnation. Ces deux signes serviraient de preuve que c'était bien D. avait envoyé Moïse. Les Hébreux seraient alors menés à lui faire confiance.
Il nous faut comprendre le choix de ces signes précisément. Pourquoi avoir choisi la transformation du bâton en serpent et de la chair en peau lépreuse ?
Rachi, dans son commentaire de la Torah, fait remarquer que ces signes sont intervenus à la suite de la requête de Moïse qui exprimait un doute quant à sa crédibilité parmi les Hébreux : « Peut-être qu'il ne me croiront pas ! ».
Cette interrogation de la part de Moïse lui fut considérée comme une sorte de médisance. Il suspecta les Juifs d'un manque de foi. Cet écart de Moïse nécessitait réparation. Il devait réparer la médisance qu'il avait commise. A ce propos, la tradition nous enseigne que l'animal qui symbolise le mieux la médisance, c'est le serpent, qui par sa langue peut entraîner des malheurs. D'ailleurs, une expression populaire consiste à surnommer le médisant de " langue de vipère ". Déjà par sa parole, le serpent originel avait persuadé Eve de consommer le fruit interdit.
De même, Moïse, qui venait de commettre une certaine médisance, devait être puni justement par le serpent. C'est pourquoi, D. transforma son bâton en serpent, lui faisant ainsi une allusion à la " faute " qu'il venait de commettre.
Parallèlement, nous savons que la lèpre était une punition qui atteignait le médisant. C'est ainsi que Myriam, après avoir dit du mal de Moïse, fut atteinte de lèpre pendant sept jours. C'est aussi pour cela que la main de Moïse devint lépreuse en conséquence de sa médisance. Dans le cadre du signe du bâton qui devient un serpent, D. demanda à Moïse : « Qu'as-tu dans ta main ? ». Il est évident que D., Qui connaît tout, savait ce que détenait Moïse. Que signifiait donc cette question ?
Le Pardes Yosseph explique que le sens de la question était en fait : " Quelle est la force que tu possèdes et par laquelle tu vas devenir le dirigeant d'Israël ? "
Moïse répondit qu'il avait un " bâton ". Celui-ci symbolise la rigueur et la sévérité. C'est par le bâton que l'on frappe. Moïse expliqua qu'il comptait diriger le peuple avec sévérité.
Mais alors, D. lui expliqua que cette voie n'était pas la bonne. Le sévère " bâton ", risque de devenir un serpent, qui représente l'amertume en ce sens que tout ce que mange le serpent a le goût de la poussière. Une direction basée uniquement sur la dureté ne peut se maintenir, et le peuple finira bien vite par se révolter.
Alors, Moïse se sauva de devant le serpent, montrant par là qu'il désirait se séparer totalement de la sévérité pour ne diriger qu'avec soumission et profonde humilité.
Mais, D. lui expliqua qu'une telle démarche non plus ne peut être positive. Un dirigeant doit tout de même se faire respecter ! C'est ainsi que D. lui recommanda de se saisir de la queue du serpent qui redevint un bâton. En effet, dans une certaine mesure, le dirigeant est bien obligé d'utiliser le bâton et la sévérité, tout en se comportant avec amour et compassion. C'est cela la queue du bâton. Sans discipline, aucun pouvoir ne peut se maintenir !
Un autre enseignement se dégage du fait de saisir la queue du serpent. Traditionnellement, le serpent symbolise le mal. C'est le mauvais penchant qui convainc l'homme à mal agir. C'est lui qui a persuadé Eve de manger du fruit interdit. Mais, la Torah nous enseigne ici qu'il faut se saisir de la queue du serpent. C'est à dire que chaque Juif doit utiliser les forces du mauvais penchant pour les orienter et les canaliser au service du bien. Il ne faut pas rejeter totalement le mauvais penchant, mais plutôt l'utiliser pour le service de D..
Par exemple, cela nous permettra d'accomplir la Mitsva de bien manger, Chabbat. De même, d'accomplir la Mitsva de la procréation. C'est ainsi qu'au lieu de fuir le " serpent ", il faut plutôt « se saisir de sa queue ». La Torah dit bien : " Tu aimeras ton D. de tout ton cœur ", et cela signifie " avec tes deux penchants ", et même le mauvais penchant ! Ainsi dans une certaine mesure, le mauvais penchant peut être positif, lorsqu'il est canalisé pour le bien. Tel est d'ailleurs le sens de l'adage des Maximes des pères : " Qui est le fort ? C'est celui qui maîtrise son penchant ! " C'est celui qui sait se maîtriser pour utiliser son penchant dans le cadre du Service de D.. C'est cela le sens du fait de saisir la queue du serpent.
Mais loin de rester un signe personnel, ce signe du bâton transformé en serpent devait être reproduis devant Pharaon et toute sa cours. Moïse devait jeter son bâton devant Pharaon. Il deviendra un serpent. Mais lorsque Moïse le récupérera, il redeviendra un bâton. Cet épisode sera évoqué dans la Paracha de Vaera. C'est que ce signe du serpent était une introduction aux autres plaies qui allaient s'abattre sur l'Egypte. D.ieu avait déjà promis à Abraham que ses descendants seraient asservis dans un pays étranger, en l'occurrence l'Egypte. Ainsi, en faisant souffrir les Juifs, ils ne firent que réaliser l'annonce divine. Pourquoi furent-ils punis ?
C'est qu'ils multiplièrent l'atrocité plus qu'elle n'était prévue. Ils firent souffrir les Juifs sans même n'en tirer aucun intérêt. Ils ne les oppressèrent que par méchanceté et par perversité. Leurs comportements perfides ne se justifièrent en rien. Et pour cela effectivement, ils méritaient la punition dans toute son ampleur. C'est pour leur faire signifier cela que Moïse devait jeter le bâton devant Pharaon, qui se transformerait en serpent. Le Midrash enseigne que le serpent ne profite d'aucun aliment. Tout ce qu'il consomme a le goût de la poussière. De fait, pourquoi mord-t-il des êtres humains et des animaux leur entraînant la mort ? Pourquoi ne se contente-t-il pas de la poussière ? Le Midrash explique que justement à cause de cela, il sera puni, à la fin des temps. Cela, parce qu'il ne retire aucun intérêt de ses crimes. Les égyptiens, eux aussi, agirent comme ce serpent. Ils firent du mal aux Juifs sans n'en tirer aucun profit. Et pour cela, ils méritent bien d'être sévèrement punis, tout comme le serpent. C'est ce que Moïse devait signifier à Pharaon à travers ce signe du serpent.
Rabbi Meïr Chapira de Lublin explique que l'environnement dans lequel un homme baigne, a une grande influence sur celui-ci. Même l'homme qui serait le plus dégradé pourrait changer et s'améliorer si son entourage était sage et bénéfique. D'un autre coté, l'homme le plus vertueux risquerait de devenir une ''bête'' s'il se trouvait dans un environnement corrompu et dégradé.
Moïse, notre Maître, voulait expliquer à Pharaon que, certes, les Hébreux étaient dans une situation basse et humiliante en Egypte, à tel point qu'ils n'avaient même plus une apparence humaine. Mais ils pourraient malgré tout devenir des hommes d'élite et de qualité une fois qu'ils se seraient libérés de l'environnement égyptien corrompu. C'est pourquoi, il lui présenta le signe du bâton. Ce bâton sur lequel était gravé le Nom ineffable du Créateur et par lequel s’est réalisé des miracles et des merveilles, lorsqu'il arrive "devant Pharaon", il se transforme en serpent vil et venimeux. Ce même, ce serpent redeviendra le "bâton de l'Eternel", lorsque il reviendra dans les mains de Moïse. Telle est l'influence de l'environnement et de l'entourage !

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