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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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VAERA Waéra-Bo: rav.D. Yelloz Dans ces Parachiot, Pharaon se voit infliger 10 plaies, suite à son refus de laisser partir les Bné Israël servir D…, comme il le lui demandait par l’intermédiaire de Moché et Aharon. Était-ce vraiment le refus de Pharaon? On se souvient dans la Paracha Chémot, lorsque D… demande à Moché d’accepter la mission de faire sortir les Bné Israël d’Égypte et d’intervenir pour eux auprès de Pharaon, il l’avertit et le prépare au refus de Pharaon en lui disant: «J’enduirai le cœur de Pharaon et je multiplierait mes signes et mes prodiges dans le pays d’Égypte ». Apparemment, ce refus est prévu et voulu par D… et la question qui se pose est, évidement, celle du libre arbitre de Pharaon et implicitement méritait-il châtiments puisqu’il n’était plus maître de ses décisions? En fait, on remarquera que D… n’intervient pour endurcir le cœur de Pharaon à partir de la sixième plaie. Auparavant, Pharaon de lui-même s’oppose à la libération des Bné-Israël. Réfléchissons. D…punit-il Pharaon et les Égyptiens: parce qu’il refuse d’obéir à l’injonction divine, ou pour toute les commises depuis toujours, la transgression des lois noahides, et aussi parce qu’ils ont asservi injustement les Bné-Israël faisant preuve d’ingratitude vis-à-vis de leurs ancêtre qu’ils ont sauvés à l’époque de la grande famine?! Les Égyptiens méritent cette punition. D… décida de les utiliser tout en les punissant pour se manifester dans le monde et aussi pour exprimer son amour et son attachement aux Bné-Israël par reconnaissance à leurs ancêtres qui avait tant œuvré pour faire connaître son Nom parmi les créatures. Une autre réponse est proposée à cette question: D…donne à Pharaon la possibilité de se racheter en reconnaissant D… et en se soumettant à sa volonté. Ainsi le Nom de D…aurait été sanctifier et reconnu dans le monde sans recours aux 10 plaies. Pharaon ayant refusés de lui-même cette alternative, D… l’aide à simplement poursuivre le chemin qu’il s’est lui-même tracé et à en subir les conséquences. D… n’a pas rendu Pharaon plus méchant mais simplement plus fort à supporter les plaies qui s’abattre sur lui, afin qu’il ne soit pas contraint à la soumission. -Maimonide propose une approche différente à la question: Le libre choix n’existe vraiment qu’à la case DEPART! C’est-à-dire que seulement à se moment il dispose d’un choix et d’une liberté équilibrés, au fur et à mesure qu’il s’engage dans la vie l’homme peu à peu de sa liberté. Au début, il peut encore revenir en arrière (faire Téchouva) puis, une certaines limite dépassés, même cela devient difficile voire impossible. Pourtant D… répond toujours à l’appel de qui se sentent perdu et implore sa miséricorde. La Paracha de la semaine relate les différentes plaies que Moché a envoyé aux Egyptiens, sous la directive de D.. Avant d'envoyer ces plaies, D. demanda à Moché et à Aharon de se présenter devant Pharo et de jeter le bâton devant lui, ce bâton se transformera alors en serpent… A ce propos, la Torah raconte que D. appela Moché et Aharon et leur dit : « Lorsque Pharo vous dira : "produisez pour vous une preuve", tu diras alors à Aharon : "Prends ton bâton et jette-le devant Pharo, qu'il devienne serpent !" » On peut s'interroger sur ce verset. En effet, l'expression "produisez pour vous une preuve" n'est pas appropriée. Le verset aurait dû dire « Lorsque Pharo vous dira : "Produisez pour moi une preuve" », puisque Pharo voulait que Moché et Aharon lui donnent une preuve du bien fondé de leur mission. De plus, après que Pharo vit que ses magiciens parvinrent eux aussi à transformer leurs bâtons en serpents, pourquoi D. eut il alors besoin de lui endurcir son cœur ? Mais apparemment, son cœur aurait dû s'endurcir de lui-même une fois qu'il vit que le signe de Aharon n'est pas si exceptionnel, puisque ses magiciens arrivèrent à le reproduire ! S'il en est ainsi, pourquoi D. lui endurcit-Il le cœur ? Enfin, à propos de Aharon il est dit : "Aharon jeta son bâton devant Pharo et devant ses serviteurs", alors que pour les magiciens, il est dit : "Ils en firent de même par leur magie", mais il n'est pas dit qu'ils jetèrent leurs bâtons qui se transformèrent en serpent devant Pharo et ses serviteurs. Quelle en est l'explication ? En fait, pour répondre à ces questions, il faut tout d'abord expliquer la différence qui existe entre un miracle qui émane de D. et une apparition émanant de la sorcellerie ou de la magie. Un homme, qui est habitué qu'on lui fasse des miracles du Ciel, est toujours émerveillé par les miracles. Bien qu'il a l'habitude de bénéficier de prodiges, malgré cela, chaque miracle est, pour lui, une nouveauté et une merveille. Mais, celui qui fait apparaître une nouveauté par de la prestidigitation ou de la sorcellerie pour une première fois, la seconde fois, il n'en sera plus émerveillé : il a compris le truc. C'est à ce propos que D. dit à Moché et à Aharon : "Lorsque Pharo vous dira : Produisez pour vous une preuve", c'est à dire qu'il vous demandera de produire une preuve et un miracle tel que "pour vous" aussi, cela soit considéré comme un miracle. C'est seulement si vous arrivez à faire une telle chose que Pharo pourra être convaincu que c'est D. qui vous envoie et qu'il réalise pour vous des miracles. Il comprendra alors que vous ne faites pas apparaître des choses par sorcellerie. C'est pourquoi, il est dit : "Aharon jeta son bâton devant Pharo et ses serviteurs". En effet, le miracle dont il bénéficia était un miracle venant de D., et donc ce prodige apparut comme une nouveauté évidente et merveilleuse aux yeux de tous, et même de Pharo et ses serviteurs, qui étaient habitués à la sorcellerie. Ils comprirent donc que c'était un miracle de D.. Par contre, lorsque les magiciens firent apparaître des serpents, ils le firent "par leur magie". De fait, cela n'apparut pas étonnant ni merveilleux à Pharo et à ses serviteurs, qui étaient habitués à voir de la sorcellerie, comme on l'a expliqué. La Torah n'indique donc pas qu'ils firent cela devant Pharo et ses serviteurs, car pour eux, il n'y avait rien de merveilleux. Alors, lorsque Pharo vit la différence entre le miracle que produisit Aharon et la sorcellerie de ses magiciens, il comprit par là que Moché et Aharon étaient des envoyés de D., Qui se comportait avec eux de façon miraculeuse. C'est pourquoi, D. eut besoin de lui endurcir son cœur, car il ne l'aurait pas fait de lui-même puisqu'il venait de comprendre que c'est le vrai D. Qui les envoyait. C'est pourquoi, "Il lui endurcit son cœur". A la suite de cela s'enclencha la série des dix plaies, dont sept sont évoquées dans notre Paracha. Le principe de ces plaies était de recourber le cœur des Egyptiens pour aboutir à la délivrance des juifs. Le processus de la sortie d'Egypte qui a débuté avec les dix plaies, se retrouve également aujourd'hui, d'un point de vue moral, puisque la Torah est éternelle. Ainsi, l'âme d'un Juif est comme esclave au mauvais penchant, et pour se libérer de cet esclavage, il faut envoyer à celui-ci des "plaies", de même que pour sortir d'Egypte les plaies étaient nécessaires. C'est ainsi que les juifs purent recevoir la Torah. De même, après s'être libéré de l'emprise du mauvais penchant, le Juif pourra recevoir la Torah et accomplir ses Mitsvot avec plénitude. Les deux premières plaies qui affligèrent l'Egypte étaient le sang et les grenouilles. Au moment de la première plaie, toutes les eaux de l'Egypte sont devenues du sang. L'eau, par nature est intrinsèquement froide. A l'opposé, le sang représente la chaleur et la vitalité. Mais voilà que les eaux se transformèrent en sang, ce qui indique le changement du froid en chaud (le chaud pénètre le froid). D'un autre coté, lors de la deuxième plaie, les grenouilles émergèrent de l'eau et se propagèrent dans toute l'Egypte. Les grenouilles vivent à l'intérieur de l'eau, et représentent, au même titre que l'eau, la fraîcheur. Mais voici que ces dernières pénétrèrent toute l'Egypte et se jetèrent à l'intérieur des fours, qui génèrent de la chaleur. Les grenouilles, symbolisant le froid, pénétrèrent dans les fours pour les refroidir (le froid pénètre le chaud). C'est par ces deux plaies que D. commença à recourber les Egyptiens et qu'il sera même possible de vaincre le mauvais penchant. La première étape pour combattre le penchant c'est de lui envoyer le "sang". En effet, le mauvais penchant œuvre pour refroidir toute enthousiasme pour l'étude de la Torah et l'accomplissement des Mitsvot. Lorsqu'un Juif désire accomplir une Mitsva, alors il lui explique que ce n'est pas si nécessaire, que les grands rabbins se chargent d'accomplir ces Mitsvot, et qu'après tout, on a jusqu'à cent vingt ans pour les faire. C'est à ce moment là que doit agir la première plaie : le sang. Il faut alors introduire chaleur et enthousiasme dans tous les sujets de la Torah. Or, cet enthousiasme concerne les Mitsvot positives, celles auxquelles se référent le verset : "Fais le bien", avec joie et chaleur. Mais, d'un autre coté, le mauvais penchant se charge de "réchauffer" l'homme et de l'inciter à profiter de tous les plaisirs de ce monde. C'est ici que doit intervenir la deuxième plaies : les grenouilles. Alors que le penchant exalte l'homme pour toutes les folies de ce monde, nous devons refroidir cet enthousiasme et rester indifférent et passif face à ses avances. Or, lorsqu'il n'y a plus d'entrain pour les mauvaises choses, on peut être délivré du désir de transgresser les Mitsvot négatives, celles auxquelles fait référence le verset : "Ecarte toi du mal". Par ces deux plaies, il est possible de neutraliser le mauvais penchant et d'accomplir les Injonctions divines avec joie et enthousiasme tout en restant indifférent devant les interdictions. Tout cela est un préalable nécessaire au don de la Torah. La dernière plaie qui est évoquée dans la Paracha de cette semaine, c'est la grêle. En ce qui concerne cette plaie, il est dit : "Cette fois-ci, je déchaînerai tous mes fléaux contre toi". Pourquoi, en ce qui concerne cette plaie, la Torah fait référence à tous les fléaux ? En fait, le Guaon de Vilna explique cela de la façon suivante. En effet, D. utilise trois éléments différents par lesquels Il a puni les impies. A l'époque du déluge, c'est l'eau qui a ravagé. A l'époque de la génération de la tour de Bavel c'est l'air qui a œuvré, comme il est dit : "Il les a dispersé sur la surface de toute la terre", et à l'époque de Avraham, c'est le feu qui a détruit Sodom et Gomorre. Or, lors de la plaie de la grêle, c'est trois éléments se sont retrouvés. En effet, "D. produisit des sons (tonnerres) et de la grêle, des feux s'élancèrent sur la terre". Les "sons" font référence à l'air, le son étant de l'air comprimé et la grêle c'est l'eau. Enfin, le feu était présent. Ainsi, parce que c'est trois éléments étaient réunis, la Torah affirme que "tous mes fléaux se déchaîneront contre toi". D'après ce qui vient d'être dit, on peut expliquer un enseignement de nos Sages (Baba Metsia 48 a) selon lequel : "Celui qui a puni la génération du déluge, celle de la tour de Bavel, les gens de Sodom et les Egyptiens, punira celui qui ne tient pas sa parole". En effet, il est rapporté dans la tradition que la parole de l'homme est constituée des trois éléments : le feu, l'eau et l'air. On peut voir une allusion à cela dans le mot "???"?qui signifie dire, terme qui se réfère à la parole. En effet, ce mot est composé des inititiales de ???(feu), de ????(eau) et de ????(air). C'est pourquoi, celui qui ne tient pas sa parole et "entache" ces trois éléments, sera puni par "Celui qui a puni la génération du déluge (avec l'eau), la génération de la Tour de Bavel (avec l'air), les gens de Sodom (avec le feu) et qui a puni les égyptiens (avec ces trois éléments à la fois, comme on l'a vu)". Les 4 coupes et les 4 Parachiot Quatre textes bibliques sont lus à l’approche de Pourim et jusqu’à Pessa’h. Il s’agit des Parachiot de Chekalim (le demi Chekel), Zakhor (le souvenir d’Amalek) Para (vache rousse) et Ha’hodesh (le mois de Nissan). La Guemara Meguila enseigne qu’on peut lire les trois premiers avec une interruption, et laisser un Chabbath entre eux sans qu’on lise un de ces textes. Mais, les textes de Para et Ha’hodesh doivent être suivis; on doit les lire un Chabbath après l’autre. Cela, à l’image des quatre coupes de vin qu’on doit boire à Pessa’h. On peut s’interrompre, entre les trois premières coupes pour boire, mais non entre la troisième et la quatrième, où on ne doit rien boire. Il faut comprendre le rapport entre les quatre textes et les quatre verres, de même que la raison pour laquelle on ne doit pas s’interrompre entre le troisième et le quatrième. Dans la Paracha de cette semaine, D. assure à Moché qu’Il va délivrer les Juifs d’Egypte. Pour cela, Il utilise quatre expressions : « Je les sortirai des souffrances d’Egypte, Je les sauverai de la servitude, Je les délivrerai, et Je les prendrai pour peuple ». Ces quatre expressions sont à l’origine des quatre coupes de vin de Pessa’h et des quatre Parachiot (textes) lus jusqu’à Pessa’h. Mais il faut comprendre le sens de ces expressions et pourquoi il en fallait quatre. Le Maharal de Prague explique que lorsque D. annonce à Avraham l’exil de ses descendants, Il lui dit : « Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas, ils les asserviront et les feront souffrir… ». Ce texte montre que les Juifs connurent trois stades, dans l’exil. Tout d’abord, la situation d’être étranger. Dans cette étape, les Juifs ne furent pas oppressés et ne souffrirent pas. Seulement, ils ne détenaient pas la même liberté qu’un citoyen. Puis, ce fut la servitude, à l’image d’un maître qui prend un esclave et le fait travailler pour lui. Et enfin, ce fut la souffrance, une souffrance dépassant celle de la condition d’un esclave. C’est à ce propos qu’il est dit : « Ils les feront souffrir ». Lorsque D. se résolut de délivrer les Juifs d’Egypte, Il devait régler ces trois problèmes. Mais, il commença logiquement par le plus grave et le plus urgent. Ainsi, Il dit : « Je les sortirai des souffrances d’Egypte », se référant aux terribles afflictions qu’ils connurent dans ce pays et qui constituait le troisième stade de l’exil. Puis, « Je les sauverai de leur servitude ». Il fallait les délivrer de leur condition d’esclave, qui forgeait le deuxième stade, moins douloureux. Et enfin, « Je les délivrerai ». Il s’agit de la délivrance du pays d’Egypte, de la situation d’étrangers. Dès lors, les Juifs ne seront plus subordonnés à une autre nation, mais ils seront libres, livrés à eux même. Mais cette situation, bien que meilleure, n’est pas suffisante. En effet, certes les Juifs ne seront plus possession égyptienne. Mais il faut en plus qu’ils soient possession divine, qu’ils appartiennent à D. et soient Son peuple. C’est à ce propos que D. dit : « Je les prendrai pour peuple ». Tel est le sens de ces quatre expressions de délivrance. Les trois premières consistent en la libération de l’appartenance égyptienne selon ses trois stades. Mais la quatrième constitue le changement de propriété pour devenir le peuple de D.. Seulement, le passage radical d’un état à un autre diamétralement opposé doit se faire de façon immédiate. Les Juifs ne peuvent pas rester un instant sans propriétaire. Soit ils sont les esclaves des égyptiens, soit ils sont les serviteurs de D.. Cela se prouve scientifiquement. Les scientifiques posent que « la nature a horreur du vide ». La disparition d’un état se solde nécessairement et automatiquement par l’arrivée d’un autre état. De même, le passage de la subordination aux égyptiens à l’appartenance à D. doit être immédiate. De fait, il ne peut y avoir d’interruption entre la troisième expression de délivrance, qui clôture la relation à l’Egypte, et la quatrième formule qui introduit la relation à D.. Ceci implique qu’entre la troisième coupe de vin et la quatrième, on ne doit pas s’interrompre en buvant un autre verre, et qu’entre la troisième Paracha et la quatrième, aucun Chabbath de vide ne doit s’interposer. Mais, l’exil d’Egypte ne peut se résumer uniquement en un exil seulement physique. Elle avait bien une incidence spirituelle également. D’ailleurs, le Rambam affirme que Pharaon, roi d’Egypte, c’est véritablement le mauvais penchant. De fait, les trois stades de l’exil d’Egypte, définis plus haut, se retrouvent également d’un point de vue spirituel. De la sorte, la délivrance d’Egypte comportait également une délivrance d’ordre moral, un affranchissement du mal et de l’impureté. C’est ainsi que Rabbi Tsadok Hakohen de Loublin affirme que les trois stades de l’exil d’Egypte précédemment évoqués, constituent trois degrés dans le mal. Il s’agit des trois choses qui, selon les maximes des pères, expulsent l’homme de ce monde, et qui sont : la jalousie, le désir et l’orgueil (la recherche des honneurs). L’Egypte, représentant l’apogée de l’impureté, « la nudité de la terre », reflète l’assujettissement à ces trois défauts qui caractérisent le mal. La jalousie, qui est « aussi dure que l’enfer », selon nos Sages, conduit l’homme à une souffrance invivable. Une personne vraiment jalouse ne sera jamais satisfaite de ce qu’elle a. Ce qu’elle veut, c’est ce que les autres ont. Or, cela est irréalisable. Sa vie sera donc un enfer. Cela est le parallèle du troisième stade de l’exil d’Egypte : la souffrance. Puis vient le désir. Le désir qui fait de l’homme un esclave. En effet, on dit bien que l’homme devient esclave de ses pulsions, de ses désirs, qui le contrôlent et l’aliènent. C’est le deuxième niveau de l’exil d’Egypte : l’esclavage. Et enfin, c’est la recherche des honneurs ou l’orgueil. Une personne imbus de sa personne, qui ne cesse de se surélever par rapport aux autres et qui recherche sans répit d’être honorée, n’est pas apprécié par la société. Les gens essaient de l’éviter et il ne pourra trouver sa place. Il sera toujours dans une situation d’« étranger ». D’ailleurs, nos maîtres n’ont-ils pas déjà dit que « les honneurs fuient celui qui les recherche » ? Cela est le pendant du premier niveau de l’exil d’Egypte : la condition d’étranger. L’homme, s’il veut se libérer du mal et sortir d’« Egypte », doit tenter d’améliorer ces trois traits de caractères. C’est seulement alors que l’on peut aspirer appartenir à D. et Le servir, quatrième étape. C’est d’après cet angle là que les quatre fameuses Parachiot lus à l’approche de Pourim et jusqu’à Pessa’h ont été instituées par rapport aux quatre formules de délivrance. Tout d’abord, la première Paracha, Chekalim (le demi-chekel) est réservée au perfectionnement de la jalousie. En effet, nos Maîtres enseignent, dans le Midrash Berechit Rabba (84, 18) que puisque les tribus ont vendu Yosseph pour 20 Chekel, leurs descendants devront chacun donner un demi-Chekel. Or, nous savons bien que c’est la jalousie qui entraîna la vente de Yosseph. Ainsi, par la Mitsva du demi-Chekel, où « le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins », ce qui instaure une égalité entre tous, on vise à éradiquer la jalousie, qui naît de la différence entre les personnes. On peut ainsi réparer la faute de la vente de Yosseph. Puis, par la Paracha de Zakhor, commémorant ce qu’à fait Amalek au peuple Juif, on tend à se préserver de l’assujettissement à ses désirs. En effet, ce texte dit : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek… Il t’a rencontré accidentellement (KARkha) ». Le Midrash fait remarquer que KARkha a la même racine hébraïque que « KERi », signifiant « perte séminal », qui est une sorte d’« accident ». C’est que Amalek a souillé les Juifs par l’impureté de la perte séminal. Or, cela représente bien le désir par excellence. C’est l’impureté provoquée par le désir. En lisant la Paracha de Zakhor, on essaie de réparer ce point. Ensuite, on lit la Paracha de la vache rousse, dont les cendres purifient de l’impureté de la mort. Or, la mort est une conséquence du péché originel. Le serpent persuada ‘Hava (Eve) de manger du fruit interdit, car « le jour où tu en mangeras, tu deviendras égal à D. ». De fait, le serpent conduisit ‘Hava à l’orgueil qui la mena à la faute dont la conséquence fut la mort. Purifier de la mort signifie donc purifier de l’orgueil. C’est ainsi qu’en amenant la vache rousse, il faut justement penser à être très humble et s’écarter de toute forme d’orgueil. C’est pourquoi, on asperge la personne impure, de « cendre » de la vache rousse, symbole de l’humilité, rappelant Avraham qui avait affirmé : « Je suis terre et cendre ». On parvient ainsi à la réparation de l’orgueil, cause de l’impureté de la mort dans le monde. Ainsi, le mal a trois visages : la jalousie, le désir et l’orgueil. Une fois qu’on s’en libère et que l’on est délivré de l’Egypte spirituelle, après avoir lu ces trois Parachiot, on doit alors atteindre la quatrième étape : « Je vous prendrai pour peuple ». C’est alors que l’on procède à la lecture du quatrième texte, celui de « Ha’hodesh », dans lequel on lit : « Tirez et prenez un agneau », pour le sacrifice de Pessa’h. Il s’agit là d’apporter un sacrifice à D. et de Le servir, devenant ainsi son peuple. Ceci ne peut se faire qu’après avoir « tirer », que le Midrash explique comme « se retirer » de l’idolâtrie et du mal. Après s’être écarter du mal, après avoir « tirer », ce qui a pu être fait par les trois premières étapes, il faut immédiatement « prendre un agneau » et l’offrir à D. pour Le servir et lui appartenir. Le vide laissé par l’élimination du mal et de ses trois aspects doit, immédiatement et sans aucune interruption, être comblé par un contenu relevant de la sainteté. Il ne faut donc pas s’interrompre entre la troisième Paracha et la quatrième, de même, qu’entre la troisième coupe de vin et la quatrième, symbolisant l’accès à D.. L'intelligence commence par le cœur Il est rapporté dans les Maximes des Pères que Rabbi Yo’hanan Ben Zakay avait cinq disciples. A la question de savoir quel est le meilleur comportement, chacun rapportait une réponse différente. Rabbi Eliezer dit qu’il s’agit de la générosité (un bon œil), Rabbi Yehochoua dit qu’il s’agit d’avoir (ou d’être) un bon ami, Rabbi Yossi dit qu’il s’agit d’avoir (ou d’être) un bon voisin, Rabbi Chimon dit qu’il s’agit d’anticiper les évènements avenirs. Enfin, Rabbi Elazar dit qu’il s’agit d’avoir un bon cœur. Après avoir entendu tout cela, le Maître a conclu que la réponse de Rabbi Elazar, faisant état du bon cœur, englobait toutes les autres réponses. Si on peut comprendre que les qualités telles que la générosité, l’amitié ou le bon voisinage, en tant que qualités humaines et morales, dépendent étroitement du bon cœur, en quoi la perspicacité intellectuelle permettant d’avoir une compréhension telle des choses au point d’anticiper les évènements, en quoi cela dépend du cœur ? A priori, c’est l’intellect et le cerveau qui est en jeu et non le cœur ! C’est bien que la place qu’occupe le cœur dans le développement de l’intelligence intellectuelle est décisive. Cela, de sorte qu’une personne qui a un « mauvais cœur », c'est-à-dire un cœur perverti et corrompu, déformera la vision intellectuelle des choses et la compréhension objective des évènements. Les désirs, les volontés et les intérêts du cœur poussent l’homme à déformer la vérité et même le Sage s’en trouve dépourvu de sa perspicacité. C’est dans cet esprit que « le don corrupteur aveugle les yeux des Sages ». C’est que l’intérêt qui découle du don corrupteur trouble l’esprit de l’homme et l’influence négativement au point de ne plus pouvoir voir la vérité en face. Tel est le sens du verset des Proverbes de Salomon : « A quoi servent les moyens pour acquérir la sagesse si le cœur manque ? » C'est-à-dire que même si l’on donne à un idiot tous les éléments et les moyens ainsi que toutes les aptitudes pour devenir intelligent, s’il lui manque le cœur et la volonté, s’il ne veut pas devenir Sage, tout cela ne lui servira à rien. C’est que la volonté du cœur de l’homme est déterminante dans la quête d’une Sagesse droite et pure. La Paracha de la semaine illustre bien cette idée. Pharaon, le roi d’Egypte, était un des rois les plus Sages des nations. Il maîtrisait bien les 70 langues. En plus, c’était le plus grand des sorciers et des magiciens d’Egypte. Or voilà que les trois premières plaies s’abattent sur son peuple et que tous les égyptiens, y compris les plus grands sorciers, furent émerveillés et surpris face aux forces surnaturelles qui se manifestèrent alors. Malgré tout, « le cœur de Pharaon est Kaved (lourd), il refuse de libérer le peuple ». Le Midrash explique que Pharaon n’a pas de cœur, si l’on peut ainsi dire. Il a un foie, qui se dit aussi Kaved, à la place du cœur. En effet, s’il avait un cœur humain normal, il aurait laissé partir les Hébreux. Mais il garde les Hébreux malgré les plaies qui défilent. Où est donc son intelligence si exceptionnelle ? Certes, la pure réflexion honnête impose de libérer les Hébreux plutôt que de souffrir par les plaies et d’annihiler l’Egypte. Mais quand le cœur ne veut pas libérer les Hébreux, alors aucune logique ne peut plus décider. Dès lors, le cœur devient à l’image du foie. En effet, on sait que le sel a la propriété de faire sortir le sang de la viande pour la rendre Cachère. De la même façon les souffrances expient les fautes de l’homme. Mais, il est un organe qui ne peut pas être cachériser par le sel. Cela ne suffit pas. C’est le foie. Pour être cachérisé, le seul moyen est de le griller par le feu. De même, le cœur de Pharaon était comparé à ce foie, qui ne se contente pas de la portion de souffrance comparée au sel, pour le purifier. Pour lui, il faut un processus plus dur et plus douloureux. Mais malgré tout, il faut comprendre. Comment se fait-il que l’intelligence ne guide pas l’homme correctement ? Comment se fait-il que le cœur puisse troubler le système de l’esprit ? L’esprit est l’ordinateur le plus perfectionné du monde et peut résoudre des problèmes complexes en une fraction de seconde. Mais comme tout ordinateur, il a besoin qu’on lui donne les données du problème, ces données grâce auxquelles le cerveau pourra résoudre tous ces problèmes. Et toute l’efficacité de l’opération intellectuelle dépend, bien sûr, des données qui sont présentées au cerveau. Or, ce générateur de données, c’est le cœur ! On comprend donc que la volonté du cœur détermine le traitement des données par le cerveau et donc la qualité de la réflexion. On est confronté à cette vérité constamment dans la vie. Un homme peut être reconnu comme quelqu’un de particulièrement intelligent. Mais, quand il est question de satisfaire un désir, on se trouve alors face à un tout autre personnage. Ainsi par exemple, le monde de la médecine dans sa totalité affirme de plus en plus que fumer est dangereux et est nuisible pour la santé. Or, voici que les gens n’arrêtent pas de fumer, et même des gens religieux, bien conscients de la Mitsva de prendre soin de sa santé. Et des gens intelligents continuent à fumer. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent fumer. Et quand le cœur désire fumer, il fournit alors au cerveau des données erronées relativisant la gravité. D’une part, lui dira son cœur, je connais plein de fumeurs en excellente santé. De plus, je connais des gens malades qui ne fument pas. Enfin, si fumer était si grave, pourquoi même des médecins fument ? Tous ces arguments fallacieux trompent le sens de l’intellect pur et droit pour le corrompre, à l’instar d’un don corrupteur développé par le cœur et son désir de fumer. Dès lors, la conclusion de l’esprit, en fonction de ces données, sera qu’il convient de continuer à fumer ou, du point de vue de Pharaon, qu’il ne faut pas libérer les Hébreux. Seule la volonté du cœur fait la différence. Une personne peut avoir beaucoup de connaissance en Thora et avoir des aptitudes face aux Mitsvot, si le cœur ne veut pas faire les Mitsvot, l’intelligence et la connaissance ne serviront à rien. Le lien entre la connaissance et la pratique sera alors rompu et l’homme restera un impie. On se trouvera alors face à deux personnages : d’un côté la tête et la bouche, qui émerveillent par leur connaissance et leurs propos en Thora, et de l’autre, l’acte qui réalise ce que les désirs du cœur déterminent. Seul le cœur est déterminant. L’intelligence intellectuelle ne sert à rien si le cœur ne suit pas et ne génère pas des données pures et désintéressées. Il existe des gens qui ne croient pas en D. et qui renient son existence. On en trouve même parmi des plus intelligents et des plus Sages. Comment se fait-il ? A priori, croire en D. est quelque chose qui doit s’imposer à l’esprit, car c’est une sorte d’évidence intellectuelle. En effet, de même qu'une horloge témoigne sur son créateur, qu'une voiture sur son concepteur, ainsi le monde témoigne de l'existence de D.. Ne prendrait-on pas pour un fou un individu qui prétendrait qu'une maison se soit bâtie d'elle-même ou qu'un poème se soit rédigé par le simple jet d'encre sur un parchemin ? Pourquoi serait-il donc moins absurde de penser qu'un monde aussi parfait, bâti selon une telle sagesse, se soit formé de lui-même ? Il est donc nécessaire qu'une Sagesse Supérieure l'ait bâti. Et si on ne Le voit pas, voit-on toujours l'horloger ou le maçon ? De fait, il suffit de ne pas être insensé pour admettre l'existence de D.. Mais si cela est si simple, alors pourquoi de nombreuses personnes et même des plus intelligents se sont-ils trompées ? C’est que l’intelligence uniquement ne sert à rien. Certes, la pure réflexion conduit à l’évidence de l’existence de D., mais le cœur de l’homme s’oppose à cette vérité. L’homme ne veut pas toujours admettre que D. existe, car cela l’engage. Si D. existe, je dois donc me comporter moralement, car le monde n’est pas abandonné, il y a un Juge et une Justice. Et qu’adviendra-t-il alors de mes désirs ? Toutes ces considérations troublent et corrompent l’esprit droit et le pousse à renier l’existence de D.. C’est donc du cœur que démarre le processus de l’athéisme et du reniement de D., et non d’une erreur purement intellectuelle. Si l’homme ne croit pas, ce n’est pas qu’il ne peut pas croire n’ayant pas de preuve ou tout autre argument intellectuel, mais c’est qu’il ne veut pas croire. C’est son cœur qui ne veut pas croire ! D’ailleurs, c’est pour cette raison que la Thora prévient l’athéisme par le verset : « Ne vous égarez pas après votre cœur », car c’est en s’égarant après ses désirs que l’on finit par renier D.. On comprend bien l’enseignement des Sages selon lequel « les Juifs n’ont fait de l’idolâtrie que pour se permettre l’adultère ». Ainsi, la perspicacité et la capacité d’anticiper les évènements le plus logiquement et le plus justement possible, dépend bien du « bon cœur », d’un cœur épuré de toute corruption, de toute intérêt personnel qui trouble la pure réflexion. Cela, à l’image d’un soûlard qui ne perçoit plus clairement les choses, même s’il est très intelligent en temps normal. De même, les pulsions, les désirs et les intérêts du cœur enivrent l’individu et lui cachent la vérité. Ainsi, essayons de travailler sur notre cœur plutôt que de travailler sur notre intelligence et sur les connaissances. Si on épure un peu notre cœur de jalousie, de désir, d’orgueil, on percevra alors les choses plus clairement. N’est-il pas d’ailleurs dit que « tout celui dont la crainte de D. précède ses connaissances, verra ses connaissances se maintenir ». L’inverse est aussi vrai. Pensons-y... Retour liste Haut de page |
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