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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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BECHALA'H Bechala’h: Rav. D. Yelloz Dans cette paracha, on relèvera quatre points importants: La traversée de Yam Souf, La Chira c’est-à-dire le chant que Moché et tout les Bné Israël entonnèrent à la gloire de D… La solution au problème de l’alimentation dans le désert: eau, caille, man et la guerre contre Amaleq qui se veut une lutte de toute les générations. La paracha commence en disant: « Ce fut lorsque pharaon renvoya le peuple, et D… ne les conduisit pas par le chemin des Philistin car il était proche, car a dit D…: de peur que le peuple ne regrette (se rétracte) en voyant une guerre et reviendront en Égypte ». Ce verset suscite plusieurs questions: -Est-ce vraiment pharaon qui renvoya les Bné Israël ou D…? Dans les psaumes nous disons: « lorsque Israël sortit d’Égypte… ». -Pourquoi les Philistin sont-ils mis en exergue?? -A deux reprises (début et fin du verset), on passe à propos d’Israël du singulier au pluriel. -Les mots: «car il est proche » s’intègrent mal dans le verset. Différents commentaires ont été dits sur ce verset, nous nous pencherons sur les propos de nos Sages rapportés dans le Midrach: « Le verset sous-entend que Pharaon accompagna les Bné Israël lorsqu’ils sortirent d’Égypte et les supplia de prier D… pour lui… » Cet accompagnement dont Pharaon gratifia les Bné Israël ne lui était pas imposé par D… il la fit de sa propre initiative exprimant ainsi sa totale soumission à D… Il reconnaître l’existence et la suprématie de D… au point de demander aux Hébreux qu’ils intercèdent auprès de D… en sa faveur. Pharaon ne s’exprime pas uniquement en son propre nom, mais il représente dans sa démarche toute l’Égypte dans toutes ses structures: sociétés, cultures, civilisation… Il manifeste ainsi la soumission du mal face au bien. Pourquoi fallut-il affliger 10 plaies à l’Égypte pour obtenir ce résultat? Pourquoi la diplomatie ne réussissa-t-elle pas? Parce que les Égyptiens étaient railleurs et blagueurs ! Lorsque Moché exposa ses prodiges ils lui répondirent sans sérieux mais par une plaisanterie: « c’est comme rajouter un brin de paille dans une botte de foin! » et ne prêtèrent pas plus d’attention à ses propos. Le RAM’HAL dit que le railleur perd raison et rationalité et ne peut apprécier ce qui lui est dit à sa juste valeur. « De même que le bouclier bien ciré protége des flèches qu’il fait glisser et tomber », ainsi la raillerie et la plaisanterie détournent, dévient et éloignent de l’homme les remontrances et les avertissements qui lui sont adressés… c’est pourquoi seul les plaies et les coups durs auront raison de lui; on ne rigole pas (plus) avec les coups! Ce n’est qu’après le passage des 10 plaies que l’Égypte s’inclina et se soumit. Or les Philistin (pays proche et voisin) ont le même tempérament et défaut que les Égyptiens. Nos sages, dans le traité avoda zara (19a) leur attribut la fin du premier verset des Psaumes: « heureux l’homme qui dans une réunion de plaisantins ne s’est pas assis ». (On a eu écho les paroles de Goliath). Les Bné Israël qui sortent à peine d’Égypte ne sont pas encore guéri de cette ambiance, malsaine spirituellement et les y replonger serait dommageable. L risque d’influence est trop grand, et confrontés à une guerre, il s’agit de la guerre contre les mauvais penchants, la victoire est plus que compromise. Il faut attendre la révélation du Mont Sinaï et le don de la Torah pour que l’équilibre soit assuré. La guerre contre Amalek La Paracha de Bechala’h, qui suit la sortie d’Egypte, est riche en contenu. Après être poursuivis par les Egyptiens qui voulaient les ramener en Egypte, les Juifs se tournent vers D.ieu. L’Eternel leur promet de faire la guerre pour eux. C’est alors que le miracle de l’ouverture de la Mer Rouge se produisit, miracle extraordinaire, qui délivra définitivement les Juifs du joug égyptien. Puis, les Juifs traversent le désert en direction du mont Sinaï, dans le but de recevoir la Torah. C’est là que Amalek, petit-fils de Essav, fait son apparition. Il décide de combattre les Juifs. D.ieu ordonne alors à Moché de sortir en guerre contre Amalek. C’est Yehochoua qui mène le combat. Moché est l’arbitre. Quand les Juifs mènent, Moché lève les mains. Quand c’est Amalek qui prend le dessus, il baisse les mains. Ses mains se faisant trop lourdes, Aharon et ‘Hour les soutiennent de part et d’autre. Le dénouement de la guerre est en faveur des Juifs. Mais, on peut s’interroger sur tout cela. En effet, nous avons vu que D.ieu avait promis aux Juifs de combattre pour eux les Egyptiens. De fait, pourquoi n’en fait-Il pas de même concernant Amalek ? Pourquoi D.ieu demande-t-Il aux Juifs de se battre eux-même ? En fait, Amalek représente le mauvais penchant. C’est celui qui décourage les Juifs de la Torah et des Mitsvot. C’est pour cela qu’il s’est justement manifesté au moment où les Juifs allaient recevoir la Torah. C’est qu’il voulait tout faire pour ne pas que les Juifs la reçoivent. Amalek est donc celui qui installe les doutes dans la conscience des Juifs, des doutes en l’existence de D.. D’ailleurs, Amalek a la même valeur numérique que Safek, le doute. C’est pourquoi, il fit son apparition à Refidim, ville qui signifie « relâchement ». Amalek est bien celui qui introduit un certain relâchement, une certaine indifférence par rapport à la religion, à la foi, à la pratique des Mitsvot et à l’étude de la Torah. Selon l’expression de nos Sages : « Il a refroidit la baignoire ». Mais, d’un autre côté, Amalek s’est celui qui incite les Juifs à rechercher les plaisirs et à assouvir ses désirs. En effet, sur le verset « il (Amalek) t’a rencontré accidentellement (KARkha) », le Midrash fait remarquer que KARkha a la même racine hébraïque que « KERi », signifiant « perte séminal ». C’est que Amalek a souillé les Juifs par l’impureté de la perte séminal. Or, cela représente bien le désir par excellence. C’est l’impureté provoquée par le désir. Ainsi, Amalek, après avoir refroidi les Juifs et les avoir rendu indifférent à tout sentiment religieux, il les a ensuite conduit à rechercher la satisfaction des désirs. Or, telle est indiscutablement l’approche du mauvais penchant, qui par ses stratégies, détourne l’homme de la crainte de D. et de son service. C’est précisément pour cela que seuls les Juifs devaient combattre Amalek et non D.ieu. En effet, il est un principe établi par le Talmud selon lequel « tout est entre les Mains de D.ieu, excepté la crainte de D.ieu ». Or, combattre Amalek, combattre le mauvais penchant en se ressaisissant au niveau de la crainte de D.ieu, cela ne peut se faire que par l’homme lui-même. D. ne peut intervenir à ce niveau là, car cela remettrait en cause le principe même du libre arbitre. Chaque homme doit assurer lui-même ses responsabilités envers D.. Si D. décide tout, Il laisse cependant à l’homme le choix de devenir un Juste ou un impie. Ceci est un fondement du judaïsme. Si le libre arbitre n’était pas accordé à l’homme, la notion de récompense et de punition ne saurait non plus exister. Car punit-on quelqu’un qui n’a pas d’autre alternative que de mal agir ? De même, quel sens cela aurait de récompenser une personne qui ne fait aucun effort pour faire le bien ? C’est pourquoi, il était impératif que la guerre contre Amalek, dont le but visait à se ressaisir dans sa crainte de D., devait être mené par les Juifs. Tout ceci permet d’éclaircir un Midrash qui explique pourquoi c’est Yehochoua qui a été désigné pour diriger le combat. C’est que Yehochoua est un descendant de Yosseph qui avait affirmé : « Je crains D. ». Il convient donc que ce soit lui qui s’attaque à Amalek à propos duquel il est dit « qui ne craint pas D. ». Ceci montre bien que l’enjeu de cette guerre, c’est la crainte de D.. Amalek qui essaie d’affaiblir les sentiments de crainte de D. des Juifs ne peut être vaincu que par un renforcement de la crainte de D. du côté des Juifs. Or, le représentant de cette crainte du Ciel, c’est Yehochoua. Ceci nous permet de comprendre pourquoi, lorsque Moché levait les mains, les Juifs gagnaient et quand il les baissait, Amalek prenait l’avantage. C’est que les Juifs, observant les mains de Moché qui étaient étendues en direction du ciel, se rappelaient de D.ieu qui siège dans les cieux, et s’emplissaient de crainte de D.ieu. Leur victoire était alors assurée. Mais, le seul moyen de combattre durablement le mauvais penchant, c’est l’étude de la Torah. Nos Sages affirment que « D.ieu a créé le mauvais penchant, mais Il a aussi créé son remède, c’est la Torah ». De même, la Guemara conseil à un homme qui se ferait « attraper » par son mauvais penchant, d’aller se rendre à la maison d’étude. La, « le mauvais penchant éclatera, si c’est du fer, ou fondera si c’est de la pierre ». C’est la raison pour laquelle, Aharon et ‘Hour soutinrent les mains de Moché. En effet, selon le Zohar, Aharon symbolise la Torah écrite et ‘Hour la Torah orale. De fait, pendant cette guerre, Moché était entouré de Torah, condition nécessaire pour vaincre le mauvais penchant et donc emporter la guerre contre Amalek. Une fois la victoire contre Amalek emportée, les Juifs purent alors se diriger vers le Mont Sinaï pour y recevoir la Torah. Là, ils reçurent les Tables de la loi. A ce propos, on peut ajouter une explication qui enrichira notre compréhension de la guerre contre Amalek. Le « Assara Maamarot » rapporte un enseignement extraordinaire. Il dit que si les Juifs n'avaient pas demandé à Moché de leur transmettre les commandements et qu'ils avaient entendu les dix paroles directement de la Bouche de D., Lui-Même, alors ils n'auraient pas eu besoin de Tables de pierre. En effet, D. leur aurait accorder une très grande intelligence et une compréhension claire et limpide. Alors, les mains de Moché remplaceraient les deux Tables et ses dix doigts, cinq à gauche et cinq à droite, auraient éclairé les Juifs pour leur permettre de comprendre toute la Torah. Les dix commandements auraient alors été perçus juste en observant les doigts de Moché. Mais, parce qu'ils ont repoussé cette occasion et ont tenu à entendre les Commandements par l’intermédiaire de Moché, cela eut pour conséquence que leur compréhension s'est réduite. Ils avaient dès lors besoin de deux Tables en pierre. Ce passage permettra de comprendre une citation de la Guemara qui dit que l’homme doit s’associer à la souffrance de la communauté, même s’il n’en est pas concerné et qu’il ne souffre pas personnelement. Le Talmud justifie cette recommandation par l’attitude de Moché. En effet, lorsque Moché vit que les Juifs souffraient, puisqu’ils étaient attaqués par Amalek, alors il s’associa à leur souffrance. Mais, apparemment, cet argument semble assez faible. En effet, n'est-ce pas que Moché était le premier concerné par la guerre contre Amalek, comme D. lui demanda : "Sors en guerre contre Amalek" ? De fait, Moché était déjà de prime abord concerné par cette guerre. Comment la Guemara peut-elle donc utiliser cet événement pour prouver qu’une personne non concerné par la souffrance communautaire doit lui aussi s’associer à celle-ci ? En fait, Cette guerre contre Amalek devait être une sorte d’avant goût et de préalable à ce qui allait se passer plus tard, au moment du don de la Torah. C’est ainsi que, comme nous l’avons déjà rappelé plus haut, la guerre se déroula à Refidim, signifiant « affaiblissement ». C’est que les Juifs s’affaiblirent dans l’étude de la Torah. Ceci fait allusion au relâchement des Juifs qui, au moment du don de la Torah, ont préféré écouter la Torah de la bouche d’un intermédiaire plutôt que de celle de D. Lui même. C’est à ce niveau là qu’il y a eu un affaiblissement. Mais comme nous l’avons exposé, à cause de cela leur compréhension fut réduite. C’est à cela que fait allusion l’apparition d’Amalek. Mais cependant, Moché, lui, n'est pas descendu de niveau pour autant. En effet, il n’y a pas eu de relâchement de son côté, puisqu’il a, lui, écouter tous les commandements directement de D.. De fait, l'essentiel de la guerre était contre les Juifs et non contre Moché. Et néanmoins, il s'est associé à leur souffrance. Alors, Moché leva les mains, symbolisant ces mains qui devaient « éclairer » et suffire pour transmettre les dix commandements. Seulement, « Les mains de Moché étaient lourdes » Les Juifs ont introduit un poids et une lourdeur dans les mains de Moché en ne voulant pas écouter la Torah de D.. Ses mains ne suffirent donc plus à diffuser la Torah. De fait, ils eurent alors besoin de deux Tables de pierre. C'est ainsi, qu’« ils prirent une pierre" c'est à dire les Tables de pierre « qu'ils placèrent en dessous de ses mains », c’est à dire à la place de ses mains, comme on l'a expliqué. Retour liste Haut de page |
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