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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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BERECHIT "Et D. fit les deux grands luminaires : le grand luminaire pour le règne du jour et le petit luminaire pour le règne de la nuit et des étoiles." Béréchit (I, v.16) Il y a dans ce verset, une allusion directe à ce que nous enseignent nos Sages dans le Zohar Hakadoch : « il faut étudier la Torah écrite le jour et la Torah orale la nuit. » En effet, le grand luminaire représente la Torah écrite, dont l’influence atteint son apogée le jour, tandis que le petit luminaire représente la Torah orale, qui elle, "règne" le reste du temps, c’est à dire la nuit. Nous retrouvons cette notion dans la question suivante que pose nos Sages : « Moché monta dans les cieux et y "séjourna" quarante jours et quarante nuits durant lesquelles il se détacha entièrement de la matérialité (il ne but, ni ne mangea). Comment, dès lors, put-il conserver la notion du temps pour savoir s’il faisait jour ou nuit ? Réponse : dans la mesure où Hachem lui enseigna directement la Torah, s’ils traitaient ensemble d’un sujet de Torah écrite, Moché savait que c’était le jour, tandis que s’ils traitaient de la Torah orale, c’était alors la nuit ! De cette source, nous apprenons clairement l’ordre dans lequel l’on doit étudier, puisque c’est Hachem Lui-même qui a procédé ainsi ... Il (le serpent) demanda à la femme : « D. a-t-il vraiment dit que vous ne pouvez manger d’aucun fruit du Jardin ? » La femme répondit au serpent : « Nous ne pouvons manger du fruit des arbres du Jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du Jardin, D. dit : « Ne le mangez pas et ne le touchez (même) pas, sinon vous mourrez ». (Béréchit III, v.1-3) Rachi nous donne sur les mots "et ne le touchez (même) pas" le commentaire suivant : Elle (’Hava) a ajouté à l’ordre de Hachem qui n’avait interdit que de manger de l’arbre sous peine de mourir (Béréchit II, v.17); c’est pourquoi, elle finit par le diminuer, ainsi qu’il est dit : « N’ajoute pas à Ses paroles. » (Michlé XXX, v.6) Autrement dit, en rajoutant un interdit (ne pas toucher), ’Hava a fini par transgresser les deux. Mais en quoi ’Hava a-t-elle eu tort en se rajoutant une barrière, une mesure préventive à l’ordre de D. ? A l’inverse ! N’est il pas écrit dans la première Michna des Pirké Avoth : « Faites une barrière autour de la Torah », c’est-à-dire, prenez des dispositions, mettez-vous des limites pour vous éloigner des interdictions de la Torah ? En fait, quand un homme se fait une barrière à une mitsva, il faut qu’il reste conscient que c’est à son initiative qu’il le fait et surtout qu’il ne dise pas : Hachem a dit : « Vous ne mangerez pas de lui et vous n’y toucherez pas » car le fait d’assimiler une mesure préventive à l’ordre du Créateur tombe sous l’interdiction : « N’ajoute pas à Ses paroles ». Mayanah Chel Torah Hachem demanda à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » (Caïn) répondit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » (Béréchit IV, v.9) A quoi rime cette question-réponse ? A priori, on a l’impression qu’Hachem veut surprendre la bonne foi de Caïn et que parallèlement, celui-ci veut tromper D. (kivyakhol); Caïn ne savait-il pas que "tout est dévoilé et connu devant Lui" ? En fait, Hachem a dit à Caïn "Où est ton frère Abel ?", c’est toi qui es responsable de sa mort, tu as le libre arbitre et tu mérites donc à ce titre une punition. Mais Caïn avait dans sa tête une logique erronée qui était la suivante : s’il avait eu la capacité de tuer Caïn, c’était que la chose avait été décidée d’en Haut d’écarter Abel du monde; et par conséquent, la responsabilité ne lui incombait pas puisqu’il ne pouvait rien faire contre ce décret . C’est pour cela que Caïn répond : « Suis-je le gardien de mon frère ? Hachem ! N’est-ce pas Toi qui garde le monde et toutes les créatures ? A tel point que "l’homme ne bouge le petit doigt ici-bas que si on le décide en-Haut" (’Houline 7b) et probablement, c’est de Toi que venait le décret; je ne dois donc pas pourquoi je dois recevoir une punition pour cela. » Mais toute cette logique était une grave erreur de Caïn car le fait d’agir en Bien ou en Mal dépend du libre arbitre de l’homme et il n’y a pas de décret du Ciel pouvant empêcher cette liberté. Par conséquent, Caïn n’était pas contraint (par un décret) mais bien responsable sur tout ce qu’il faisait. Rabbi Boname de Pchich’a cité dans Mayanah Chel Torah "Ceci est le livre des générations d’Adam ... Mâle et femelle Il (D.) les créa et les bénis, et les appela Adam, le jour de leur création." Béréchit (V, v.1-2) L’espèce humaine est appelée Adam (homme) car elle a été créée à partir de la terre (Adama). L’espèce animale ayant été aussi façonnée à partir du même élément, aurait donc dû également s’appeler Adam ! La nature de la terre est telle qu’elle absorbe en son sein toute graine qui y est déposée; elle la fait pousser et se développer au mieux. De même, l’homme a sur terre pour mission de se développer, de s’améliorer en parfaite adéquation avec le monde dans lequel il évolue. Ce qui n’est pas le cas de l’animal dont le nom est "Bééma", qu’on peut lire aussi en deux mots : "Ba-Ma", c’est à dire : il n’y a dedans que ce que l’on en voit et rien de plus. Un veau âgé d’un jour ou bien de plusieurs années s’appelle toujours un veau ... Il en est de même pour tous les animaux qui se maintiennent immuablement dans le même état. En revanche, l’homme possède en permanence la faculté d’évoluer, de prendre conscience que ses centres d’intérêt sont peut-être à remettre en cause. Ainsi, il doit toujours avoir le souci de s’élever spirituellement ... Maaral HISTOIRES DE NOS MAITRES Un jour, le Rav Chakh rencontra un très grand professeur en cardiologie et lui posa la question suivante : Quelle voiture possèdes-tu ? Le dernier modèle, lui répondit le médecin. De quand datait ta précédente voiture ? D’un an ! Elle ne marchait plus ? Si, mais celle-ci est plus moderne. Dis-moi, toi qui es un grand cardiologue, le coeur a t-il changé depuis que le monde est monde ? Peut-on apporter un changement quelconque à cet organe ? Non, répondit le médecin. Et le Rav Chakh lui sourit. Par ce petit entretien, le Rav avait tout simplement voulu faire comprendre au médecin les merveilles du corps humain et lui montrer combien D. a pesé chaque détail qui ne souffre d’aucun changement depuis la Création : tout a été créé à la perfection ! LA LETTRE BETH Rabbi Yona dit au nom de Rabbi Lévy : « Pourquoi le monde fut-il créé avec la lettre "Beth" ? (la Torah débutant par la deuxième lettre de l’alphabet "Béréchit Bara") Réponse : « De même que le "Beth" est fermé de tous les côtés et ne s’ouvre que vers l’avant, tu n’es pas autorisé à demander : Qu’y a-t-il au-dessous, au-dessus (du monde), avant et après lui ? Tu t’interrogeras uniquement sur ce qui est postérieur au jour de la Création du monde. » Commentaires de Bar Kappara : « Sonde les premiers jours qui t’ont précédé, à partir du jour où D. les a créés. » (Dévarim IV, v.32) Tu peux sonder ce qui est "à partir du jour" où ils furent créés mais non ce qui est antérieur à ce jour, "ce qui est depuis les débuts des cieux jusqu’à leur fin." Interroge et scrute mais n’interroge ni ne scrute ce qui leur est antérieur. Rabbi Yéhouda Ben Pazzi commenta l’oeuvre du commencement dans les mêmes termes que Bar Kappara. Pourquoi le monde fut-il créé avec la lettre "Beth"? Pour t’apprendre qu’il y a deux mondes (la valeur numérique de la lettre "Beth" est deux) : ce monde-ci et le monde à venir. Autre interprétation : Parce qu’il est signe de bénédiction "Bérakha". Pourquoi pas "le Aleph" ? (première lettre de l’alphabet). Parce qu’il est signe de malédiction "Arira". Autre interprétation : Parce qu’il a deux pointes, l’une en haut, l’autre en bas et en arrière. De sorte qu’à la question "Qui t’a créé ?", il montre sa pointe du haut en disant : « Celui qui est là-haut m’a créé. Et à la question : "Quel est son nom", il montre sa pointe de derrière en disant "Youd-Ké-Vav-Ké" est son nom. La pointe arrière est dirigée vers la lettre qui précède donc le "Beth" dans l’alphabet, c’est à dire le "Aleph" qui par sa valeur numérique, un, l’unité, désigne Hachem. Midrach RabbaVoici une autre interprétation, celle du Rabbin David Chnéour (relevée dans son ouvrage "Néoth Déché"). La lettre "Beth", deuxième lettre de l’alphabet hébraïque ayant la valeur numérique de deux, sous-entend que le monde ne saurait se maintenir que si l’homme et son prochain, l’autre, savent vivre ensemble. La vie ne peut être conçue de manière égoïste, où chacun se considère comme le centre du monde et considère que le monde n’a été créé que pour lui. Dans ce cas, la coexistence devient impossible. C’est pourquoi la Torah a disposé dès le début qu’il y avait nécessité de vivre ensemble, à deux, de tenir compte à tout instant de l’existence de l’autre d’accepter le compromis, de l’aimer, de lui donner et de lui témoigner de la solidarité. Toute intention visant à s’approprier ce qui appartient à autrui ne peut qu’engendrer désordres, conflits et destructions. L’histoire de Caïn et Abel en est une parfaite illustration. L’E-ternel, seul et unique, a créé l’homme "à son image" pour qu’à son tour celui-ci se comporte comme son Créateur et accepte l’autre, qui est aussi "à son image"; de même que D. a vêtu Adam et ’Hava qui étaient nus, l’homme doit vêtir ceux qui sont nus. Hachem a rendu visite à Avraham qui était souffrant, l’homme doit rendre visite aux malades. D. a enterré Moché, l’homme doit aussi accomplir le dernier devoir qui est un acte d’amour gratuit, un service qui ne peut être rendu par celui qui le reçoit. Voilà pourquoi la Torah commence par la lettre "Beth". Voici la vraie signification de l’expression "à Son image, à Sa ressemblance" : Amour, Coexistence, Actions en faveur de son prochain, en faveur de l’autre ! ! ! LA LETTRE SAMEKH Lorsqu’on lit avec attention le premier chapitre de Berèchith, relatif à la création de l’univers, on s’aperçoit que toutes les lettres de l’alphabet hébraïque y figurent, à l’exception d’une seule : le samekh. Ce n’est qu’au deuxième chapitre, lorsque la Tora décrit les fleuves qui sortaient du jardin d’Eden, qu’apparaît pour la première fois cette lettre : « Le premier s’appelait Pichon. Il entourait (sovèv, avec un samekh) tout le pays de ‘Havila, là où est l’or » (Berèchith 2, 11). Selon le Professeur Kanter, de l’Université Bar Ilan, la clé de cette étrangeté se trouve peut-être dans la forme même de la lettre samekh, une lettre géométriquement close, comme suggéré par le mot sagour (« fermé ») qui commence par ce même samekh, et par ha-sovèv appliqué au fleuve Pichon, celui qui « entourait ». Or, nous savons aujourd’hui que l’univers est en expansion constante, expansion générée par une dilatation de l’espace. De la sorte, le monde tel qu’il a été créé par Hachem ne pouvait pas être contenu dans un espace clos, et c’est ce qui est suggéré par l’absence de la lettre samekh dans le premier chapitre de la Tora. Ainsi que l’explique Sforno (ad Berèchith 1, 2), la terre telle qu’elle a été crée était un amalgame de la matière originelle appelée tohou, et de la forme originelle appelée bohou. Il n’aurait pas été séant, en effet, que la matière originelle existât sans être enveloppée dans quelque forme. Peut-être est-ce de la combinaison de cette matière et de cette forme originelles qu’est née l’expansion de l’univers. Dans les fractions de seconde qui ont suivi le Big Bang, l’univers a connu en effet une dilatation extrême, passant d’un simple point à un espace infini. Retour liste Haut de page |
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