Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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TETSAVE
Exister pour s'annuler


La Paracha de cette semaine traite essentiellement des vêtements que les Cohanim (prêtres) devaient porter lors de leur service. Le grand prêtre devait porter huit vêtements. Les autres n’en portait que quatre. La Torah précise que ces vêtements sont une « marque de prestige et de magnificence ». Le Ramban explique que ces habits servent à rendre le grand prêtre honorable. En effet, ce sont des vêtements royaux. Les rois de l’époque de la Torah en mettait des pareils. Ainsi, ces vêtements permettent de grandir et de considérer le Cohen comme un roi. L’un des vêtements qu’il devait porter c’est le Meil (espèce de robe). A son propos, il est dit : « Tu adapteras autour du bord, des grenades d’azur… et des clochettes d’or. Aharon doit la porter lors de son service pour que le son s’entende en entrant dans le sanctuaire… ». Ainsi, Aharon (et les autres grands prêtres par la suite) devait porter un vêtement orné de clochette, de sorte qu’on puisse l’entendre lorsqu’il entrera pour son service. Rabbénou Be’hayé explique que l’utilité de faire entendre le bruit des clochettes est comparable à un homme qui veut se présenter devant un roi, avant d’entrer, il devra avertir et taper à la porte. Ainsi, le Cohen devra pénétrer le sanctuaire avec soumission et humilité devant le roi des rois. Ces clochettes servent justement à lui rappeler constamment cette soumission. Seulement, nous avons vu que d’autre part, les vêtements servaient à glorifier le Cohen et à le considérer comme un roi. Ainsi, il semble qu’il y ait ici une certaine contradiction. Les vêtements du Cohen jouait deux rôles contradictoire. D’un côté, il s’agissait d’honorer considérablement le Cohen, et d’un autre côté, il s’agissait de réduire sa grandeur pour qu’il entre dans le Temple, soumis. Quel était donc exactement le but de ces vêtements ? S’il fallait que le Cohen soit soumis et effacé, pourquoi ne pas lui faire porter de simples vêtements ? Pourquoi devait-il mettre des vêtements royaux ? En fait, ce qu’il faut comprendre c’est que l’essentiel c’est l’humilité. Tout le monde est considéré de façon identique par rapport à D. et même le grand prêtre. Cette idée se retrouve dans le principe de la sanctification du Nom de D.. La Torah fait passer la vie humaine avant les Mitsvot. Ainsi, toutes les Mitsvot de la Torah sont suspendues en cas de danger pour la vie d’un homme. Toutes sauf trois : le meurtre, l’idolâtrie et l’adultère. Ainsi, si un homme menace un Juif de le tuer s’il ne tue pas une autre personne, la personne menacée ne pourra pas tuer la personne visée et devra se laisser tuer. En effet, la Guemara explique que la logique d’une telle instruction est que « Son sang est peut-être plus rouge que le tien ». Cela signifie que puisque la personne que tu dois tuer est peut-être plus important que toi, tu ne peux le tuer et tu devras te sacrifier. Cette règle concerne tout le monde et même le grand prêtre. Ainsi, lui aussi devra se sacrifier plutôt que de tuer quelqu’un d’autre. Cela prouve qu’en réalité, personne n’est plus important qu’un autre. Même le grand prêtre est effacé devant D.. De ce point de vue, les vêtements royaux qu’il devait porter sont sans valeur. L’essentiel est de s’annuler devant D.. S’il en est ainsi, pourquoi fallait-il qu’il porte des vêtements royaux ? A première vue, on peut dire que si par rapport à D., tout le monde a la même valeur, par rapport aux hommes il existe des différence. Ce serait d’après cela que le grand prêtre devait porter ces vêtements. Ce serait pour montrer sa grandeur par rapport au peuple. Mais cette explication ne peut suffire. En effet, c’est uniquement en entrant dans le sanctuaire qu’il devait mettre ces vêtements. C’est donc vis à vis de D.. Mais, lorsqu’il revenait auprès du peuple, il devait retirer ces habits royaux. Ainsi, c’est bien par rapport à D. que ces vêtements jouaient un rôle. Or, devant D., tout le monde doit être soumis, et même le grand prêtre. Ainsi, la question revient. Pourquoi devait-il porter un accoutrement prestigieux ? En d’autres termes, comment un homme peut-il ressentir profonde humilité et grandeur en même temps ? En fait, pour répondre à toutes ces questions, il faut essayer de comprendre le moyen par lequel atteindre l’humilité. Comment le Cohen pouvait-il arriver à s’effacer totalement devant D. ? Il est écrit dans la Torah que « Si D. vous a choisi, c’est parce que vous êtes une petite nation ». Rachi explique le sens de ce verset. Il dit que D. a choisi le peuple Juif parce qu’il reste « petit » même lorsque D. les élève et les rend important. Le peuple Juif doit rester humble et ne doit pas s’enorgueillir de ses qualités et forces. Il doit avoir pleinement conscience que toute la grandeur vient de D.. Ainsi, plus D. lui donne du prestige, plus il s’annule devant D.. Ainsi, par exemple, si un homme offre un grand et précieux cadeau à son ami, celui-ci va lui en être très reconnaissant. Il va lui octroyer respect et dévouement en signe de remerciement. Il va même vouloir l’aider pour compenser ce cadeau. Et cette reconnaissance va être proportionnelle à la valeur du cadeau. De même, un homme qui a conscience que tout ce qu’il a ne provient que de D., lui en sera très reconnaissant et s’effacera devant D.. Bien plus, cet effacement devant D. sera fonction de la grandeur que D. lui a donné. Prenons l’exemple de Yaacov. Celui-ci affirma : « Je suis petit face à toutes les bontés que D. m’a fait ». C’est que plus D. me donne des bontés et des grandeurs et plus « je suis petit » et je m’annule devant lui. C’est dans cet état d’esprit que le grand prêtre devait porter des vêtements royaux. En effet, cela lui permettra de prendre conscience de la grandeur que D. lui a donné et dont il bénéficie. C’est par ce moyen qu’il arrivera à s’annuler devant D.. Mais, s’il portait de simples vêtements, il ne verrait pas tellement la bonté de D.. Cela compromettrait sa reconnaissance et son effacement face à D.. Ce sont donc ces vêtements royaux qui retentissent à travers le bruit des clochettes exprimant la profonde humilité. Nous en arrivons donc à un paradoxe intéressant. C’est en existant, en étant grandi et respecté, que l’on peut mieux s’annuler et s’effacer devant D.. Bien plus, plus l’homme sera reconnaissant par rapport à la grande bonté de D., plus D. le gratifiera encore de bonté. En effet, D. sait que cela augmentera son humilité, conscient que tout appartient à D.. C’est cela le sens de l’affirmation de nos Sages : « Tout celui qui fuit les honneurs se fera pourchasser par eux ». En effet, celui qui fuit les honneurs est conscient que tout lui vient de D. et le seul digne d’honneur c’est D.. Une telle personne sera pourchassée par les honneurs, puisqu’ils lui permettront de mieux s’effacer devant D. et donc de mieux Le servir, dans l’humilité. Seulement cette tâche qui incombait au grand prêtre de toujours cultiver son humilité, est très difficile. En effet, en finale, il porte des vêtements prestigieux et il risquerait donc rapidement de dévier et de se laisser prendre en jeu, s’enorgueillissant de sa situation. L’objectif devant être atteint par le port de vêtements royaux risquerait donc d’être compromis. Quel est le remède à la corruption de cette humilité si importante ? Pour le comprendre, Rabbi Israël de Rougine propose une illusration symbolique. Le roi d’un grand pays a élu un gouverneur sur une ville. Tous les habitants lui octroyaient un grand respect. Un jour, le roi vint voir comment le gouverneur s’occupait de la ville. Seulement, les habitants, n’ayant jamais vu le roi, ne le connaissait donc pas. Mais voilà que lorsque le gouverneur traversa la ville, accompagné du roi, tous les habitants l’acclamèrent, comme d’usage. Ils ne remarquèrent même pas le roi. Imaginez un peu combien devait être grande la honte et la confusion du gouverneur face à tous ces honneurs, qui aurait dû en fait revenir au roi. De même, une personne qui a conscience que D. l’accompagne partout et que « Sa Gloire emplie toute la terre », aura honte de se faire honoré, sachant que ces honneurs doivent en fait revenir à D. qui l’accompagne. Celui qui s’enorgueillit du prestige a forcément un manque dans sa foi. Il ne croit pas fermement que D. est partout. C’est ainsi que nos Sages affirment que « l’orgueilleux est comparable à l’idolâtre ». C’est qu’il n’a pas vraiment foi en D.. C’est ainsi que le grand prêtre devait porter des vêtements royaux. Face à cet honneur dont il bénéficie en se présentant devant D., dans le sanctuaire, il sera remplie de honte et d’abnégation. Il s’effacera devant D. Qui est le Seul à mériter les honneurs. C’est alors qu’il prendra conscience que tout vient de D. et que ces honneurs ne sont qu’un cadeau de D.. Il en viendra nécessairement à l’humilité. Ainsi, le port de vêtements royaux n’est pas un but en soi comme on aurait pu le croire. Ce n’est qu’un moyen d’atteindre l’humilité nécessaire préconisée par le son des clochettes. Tout ceci doit servir de leçon à chaque homme. Celui-ci doit fuir les honneurs imaginaires. On doit se mettre dans un état d’esprit selon lequel tout vient de D., ce qui nous permettra d’être reconnaissant vis à vis de D.. Celui qui ne réagit pas ainsi est un ingrat. Il manque de reconnaissance envers D.. Et si cela ne suffit pas encore, il faut prendre conscience que D. est partout, ce qui se traduira par une gêne face aux honneurs. Cela nous permet de corriger la définition de l’humilité. Il ne s’agit pas d’ignorer ses qualités et s’en détourner, se considérant comme moins que l’on est. Au contraire, il s’agit d’avoir une vision authentiques de la réalité, de ses qualités et de ses défauts. C’est ainsi qu’on pourra être reconnaissant envers D. dans la vrai mesure, et non moins.

Sidra Tétsavé
La Paracha de cette semaine est la seule, depuis la naissance de Moché, qui ne contient pas le nom de Moché. Plusieurs explications ont été avancés pour l'expliquer. Tout d'abord, après la faute du veau d'or, Moché a déclaré à D.: "Pardonne leur ou efface mon nom de ton livre". Or, la malédiction du juste doit nécessairement se réaliser. C'est ainsi que le nom de Moché n'apparaît pas dans la Paracha de la semaine. De plus, on peut expliquer que le 7 Adar tombe dans la majeure partie des cas avec la Paracha de Tetsavé. Or, D. savait depuis le début que Moché allait quitter ce monde le 7 Adar. C'est pourquoi, pour faire allusion à sa disparition, son nom n'apparaît pas dans cette Paracha. Mais malgr tout, si Moché n'est pas présent dans cette Paracha, sa profondeur y est toujours présente. En effet, la partie extérieure et physique de Moché est décrite par les lettres de son nom. Mais l'intérieur et la profondeur de Moché sont décrites par les lettres intérieures des lettres de son nom, qui sont les lettres soulignées: ?????? ????Or, la valeur numérique de ces lettres intérieures s'élèvent à 101. C'est ainsi que dans la Parcha de cette semaine, il y a 101 versets. En effet, si Moché, lui, y est absent, sa profondeur, qui fait référence essentiellement à son enseignement, y est toujours présente. D'autre part, nos ages nous révèlent que Moché n'a pas voulu de sa vie que l'ange Mikhaël ne fasse sa mission de défendre les Juifs. En effet, il ne voulait qu'il n'y ait aucun intermédiaire entre le peuple Juif et D.. Ainsi, lorsque Moché est absent, alors l'ange Mikhaël peut être présent. C'est pourquoi également, la Paracha de cette semaine est composée de 101 versets, valeur numérique de Mikhaël. En effet, comme le nom de Moché n'apparaît pas dans cette Paracha, alors l'ange Mikhaël peut, lui, apparaître. Le début de notre Paracha évoque l'allumage des bougies de la Ménorah. Le Midrash explique que lorsque D. demanda à Moché de concevoir la Menorah, Moché eut un problème. Il ne comprenait pas comment le chandelier devait-il être conçu. L’Eternel lui expliqua alors qu’il lui suffisait de jeter un lingot d’or dans un four, lequel ressortira avec la forme de la Menorah. Moché reproduisit ce que lui D. demanda, et c’est ainsi qu’il réussit à former la Menorah. Cependant, il y a lieu de s’interroger à propos de ce Midrash. En effet, comment est-il possible que Moché eut une difficulté uniquement pour la formation de la Menorah, et non pour un autre ustensile du Michkane ? Comment se fait-il que Moché réussit à créer tous les autres éléments à l’exception du chandelier ? De plus, en quoi le fait d’introduire un lingot d’or dans un four permettrait la formation d’une Menorah ? Et finalement, quel enseignement ce récit pourrait-il nous fournir ? Nous comprendrons tout cela après avoir défini la Menorah, et son objectif. La Menorah était un chandelier qui avait pour fonction d’éclairer le Temple, et de la sorte d’éclairer le monde entier. En effet, du Temple, la lumière pourrait se propager dans le monde et lui apporter la vitalité et l’éclairage spirituel. C’était cela l’utilité et la fonction de la Menorah : éclairer le monde. C’est, en fait, à ce niveau que se situe la difficulté de Moché, notre Maître. En effet, Moché pensait que le monde devait être éclairé par la lumière de la Torah, par une lumière spirituelle, lumière plus forte et plus intense qu’une lueur émanant d’un chandelier matériel. Moché ne comprenait pas comment l’éclairage du monde entier pouvait provenir et être distribué par une Menorah, par un chandelier matériel. C’est cette situation que Moché n’arrivait pas à admettre. Il demanda alors à l’Eternel une explication : ‘‘Comment la Menorah, ustensile matériel peut-elle éclairer ce monde ? Il aurait été plus logique que la lumière soit distribuée par une source spirituelle !’’ C’est alors que le Saint, béni soit-Il lui apporta une réponse. Il fallait qu’il mette un morceau d’or dans un four. C’est alors qu’apparaîtrait la Menorah. Ce n’est pas Moché qui doit former la Menorah, mais c’est D. Lui-même. C’est à dire que si un homme a confiance en D., et s’en remet totalement à Lui, l’Eternel fait en sorte que son action, si matériel soit-elle, illumine le monde entier. Ainsi, même un objet matériel peut devenir source de lumière pourvu qu’on l’utilise en se remettant au Tout-Puissant. Il suffit de ‘‘jeter un morceau d’or dans le four’’ et d’avoir confiance que ce morceau matériel devienne un chandelier qui éclaire, pour qu’il devienne effectivement une Menorah. En d’autres termes, il est vrai qu’un objet matériel ne peut pas éclairer le monde, la difficulté de Moché est bien fondée. Néanmoins, lorsque l’on utilise cet objet matériel en ayant confiance en D. pour qu’Il donne à cet élément la capacité d’éclairer, alors sans l’ombre d’un doute, cet objet se transformera et deviendra une Menorah, un chandelier qui éclaire le monde entier. Cela vient nous apprendre que partout où l’on se rend, et dans tout ce que l’on fait, on peut apporter la lumière la plus grande si l’on est motivé par une profonde confiance en D..




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