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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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KI TISSA Nous retrouvons dans ces deux Parachiot (Ki Tissa et Vayakel)la même Mitsva : l’observance du Chabbat. Ainsi, dans la Paracha Ki Tissa, il est dit (Exode 31, 12): « Toutefois, mes Chabbats vous observerez, car c’est un signe entre Moi et vous, pour vos générations, pour faire savoir (aux nations) que c’est Moi l’Eternel qui vous sanctifie… six jour, le travail sera fait… Entre moi et les Bné Israël, c’est un signe perpétuel qu’en six jours, D. a fait le ciel et la terre, et le septième jour Il a « chômé » et s’est « reposé » De même, au début de Vayakel (Exode 35) : « Durant six jours, le travail sera fait, et le septième jour sera saint pour vous… » En fait, la Mitsva de Chabbat fait partie des Dix Commandements et apparaît déjà dans la Parachat Ytro. Ces répétitions à propos du Chabbat nous interpellent. Le Ohr Ha’hayim intervient dans Parachat Vayakel et propose l’explication suivante : lorsque les Bné Israël fautèrent avec le «veau d’or», D. s’emporta contre eux et se retira du camps d’Israël. La Chékhina ne résidait plus parmi eux. Moché Rabbénou aussi éloigna sa tente, la maison d’étude, et l’établit hors du camp. Après les prières et les supplications de Moché Rabbénou, D. pardonna aux Bné Israël, leur donna les deuxièmes Tables et accepta que la Chékhina réintègre le camp. Cependant, il fallait auparavant que les Bné Israël réparent leur faute rendant ainsi possible le retour de la Chékhina chez eux. Or, nous enseignent Nos Sages (Traité Harayot – 8.a) : « Tout celui qui adhère à l’idolâtrie, renie toute la Torah ! » Par la faute du « veau d’or », le « éguel hazahav », les Bné Israël ont porté atteinte à toute la Torah, et leur repentir doit être à la même échelle. C’est pourquoi, D. leur donne une Mitsva extraordinaire, le Chabbat, à propos duquel Nos Sages» disent qu’il est équivalent à toute la Torah (Midrach Chemot Rabba, 25-12). En observant scrupuleusement le Chabbat, il est possible de « réparer » toutes les atteintes causées par toutes les fautes ! De plus, Nos Sages nous révèlent (Traité Chabbat 118b) que « Tout celui qui observe le Chabbat selon la Halakha, même ses fautes d’idolâtrie lui seront pardonnées » C’est le sens qu’il faut donner aux versets de la Parachat Vayakel : Accomplissez la Mitsva du Chabbat, cela permettra à la Chékhina de revenir parmi vous et de réintégrer Son lieu de résidence qu’est le Michkan. Si la Chékhina est absente, le Michkan ne représente aucun intérêt. La Mitsva du Chabbat est donc un préliminaire à la construction du Michkan, il est donc évident qu’il ne sera pas construit pendant le Chabbat. Dans la Parachat Ki Tissa, on se situe avant la faute du éguel, et la Torah accorde au Chabbat une toute autre dimension ! L’accent est mis sur le Chabbat qui ne se laisse pas repousser par la construction du Michkan ! (on notera la nuance dans les mots de notre Maître Rachi qui change de formule d’un passage à l’autre). Car le Chabbat est un Michkan, un temple temporel ! C’est un moment de rencontre entre D. et l’Homme, et c’est un signe pour les Bné Israël qu’ils sont les élus de D.. Rachi explique ce signe de la façon suivante : « c’est un grand signe entre nous que Je vous ai choisi, du fait que Je vous ai accordé Mon « jour de repos » pour vous reposer ! » Pour mieux comprendre les propos de Rachi, on va s’aider d’un exemple simple : dans une entreprise qui travaille sans interruption, les ouvriers sont répartis en équipes qui se relaient. 4 Néanmoins, le chef d’entreprise fera en sorte que la meilleure équipe aura ses horaires de pause et jours de congé en concordance avec les siens afin de pouvoir les rencontrer dans une ambiance différente… Ainsi, l’Eternel a donné aux Bné Israël le jour du Chabbat pour se reposer, car c’est en ce jour qu’Il a « chômé et s’est reposé » (Rachi (Exode 31-17) précise que la Torah emploie ces termes, évidemment impropres vis-à-vis de D., pour nous permettre à nous humains, de comprendre ce qui nous est donné de comprendre !) C’est pourquoi le Chabbat n’est pas repoussé par la construction du Michkan, car il représente dans le temps ce que le Michkan représente dans l’espace : un endroit, un moment, où D. est présent parmi nous et cherche à communiquer avec nous. D’ailleurs Chabbat nous avons droit à une Néchama Yétéra (une « part supplémentaire »de Néchama) pour nous permettre justement d’atteindre un niveau plus haut de spiritualité et de compréhension. Grâce à cette répétition dans la Torah de la Mitsva du Chabbat et l’insistance de Rachi qui rapporte aux deux endroits le fait que la construction du Michkan ne repoussait pas le Chabbat, nous avons pu découvrir ces deux dimensions extraordinaires du Chabbat qui nous mènent aux paroles de Nos Sages (Chabbat 118b) : « Si les Bné Israël respectaient deux journées de Chabbat, immédiatement ils seraient délivrés ! » Par le Rabbin Daniel YELLOZ Le visage rayonnant de Moché La Paracha de cette semaine est riche en contenu. La Torah nous relate la terrible faute du veau d'or et ses conséquences. Moché implore ensuite l'Eternel pour qu'Il leur pardonne la faute. Ainsi pour cela, il est resté quarante jours au ciel. C'est alors que D. accepte de leur redonner des Tables, gravées par Moché. Au bout de quarante jours où, ni il mangea, ni il but, Moché redescend avec les deuxièmes Tables. Alors, son visage dégageait de la splendeur. Les Juifs eurent peur de l'approcher. La Torah nous révèle alors : "Mais Moché ne savait pas que son visage rayonnait". Apparemment, cette précision semble inutile. Pourquoi préciser que Moché ne savait pas que son visage rayonnait ? De plus, pourquoi fallait-il qu'il ne le sache pas ? Enfin, pourquoi son visage dégageait-il cette splendeur ? On peut l'expliquer ainsi. Nos Sages nous enseignent que la connaissance de D. est imperceptible par l'homme. Celui-ci ne peut pas connaître la façon par laquelle D. sait. C'est ainsi que le Rambam justifie la possibilité du libre arbitre. En effet, d'un côté, il est évident que D. sait tout. De fait, il sait également qui doit être juste et qui sera méchant. Dès lors, où se situe le libre arbitre ? A cette question, le Rambam explique que la connaissance de D. est totalement imperceptible par celle de l'homme, de sorte que bien que D. sache la destinée de chacun, malgré tout, cette connaissance n'influe en rien l'action de l'homme, qui reste libre. C'est que la connaissance de D. transcende totalement celle de l'homme. De plus, nos Sages (notamment le Ari Zal) enseignent que Moché notre Maître correspondait à la Connaissance Supérieure, comme il est dit : "Il a connu l'Eternel face à face". C'est d'ailleurs pourquoi sa génération portait le nom de "génération de la connaissance". On peut alors s'interroger. En effet, si Moché relevait du niveau de la Connaissance Supérieure, si l'on peut ainsi s'exprimer, alors comment pouvait-il enseigner la Torah au peuple Juif ? Mais n'est-ce pas que la Connaissance Supérieure est imperceptible par l'homme ? C'est précisément pour cela qu'il fallait que son visage dégage de la splendeur. En effet, cette splendeur se dévoilait à l'extérieur. De la sorte, par l'intermédiaire de celle-ci, l'enseignement de Moché pouvait s'extérioriser et être compris par tout le peuple. C'est ici qu'intervient la nécessité que Moché ne sache pas que son visage rayonnait. En effet, s'il le savait, alors cette splendeur serait incluse, par-là même, dans sa connaissance. Or, sa connaissance relève de la Connaissance Supérieure, que l'homme ne peut saisir. Ainsi, si Moché savait que son visage resplendissait, alors cette splendeur ne pourrait plus jouer sa fonction de permettre aux Juifs de saisir son enseignement, car une fois incluse dans la Conscience Supérieure, elle ne peut donc plus être saisie par l'homme. On comprend donc pourquoi Moché ne devait pas savoir que son visage resplendissait. Mais il faut comprendre pourquoi Moché détenait cette Connaissance Supérieure ? En fait, lorsque la Torah qualifie Moché, elle le décrit comme étant "l'homme le plus humble de tous les hommes". Or, il semble que cette profonde humilité l'a conduit à cette Connaissance. D'ailleurs, nos Maîtres qualifie un Sage qui s'enorgueillit de son savoir, de "sage qui n'a pas de Connaissance". D'après tout ce qui précède, on peut expliquer un Midrash. En effet, le Midrash demande d'où Moché a mérité cet éclat de splendeur. Il répond que lorsque Moché a écrit la Torah, il est resté un peu d'encre dans la plume. Lorsqu'il a essuyé cette encre sur sa tête, c'est ainsi que s'est formée cette splendeur. A première vue, ce Midrash paraît très étonnant. En quoi le fait qu'il restait de l'encre sur la plume serait un mérite ? De plus, pourquoi restait-il de l'encre sur la plume ? Enfin, pourquoi grâce à cette encre il mérita cette splendeur précisément ? En fait, il est enseigné que lorsque D. dicta à Moché le verset : "L'homme Moché est le plus humble (????) de tous les hommes…", dans sa grande modestie, Moché refusa d'écrire. Cependant, sur l'ordre de D., il fut contraint d'écrire. Mais, il écrivit "??? (humble)", sans la lettre Youd (?). Il voulait ainsi réduire son éloge le plus possible. C'est alors qu'il resta sur sa plume la quantité d'encre pour écrire la lettre Youd qu'il supprima, dans sa grande modestie. De fait, le fait qu'il restait de l'encre sur sa plume est une marque de sa profonde humilité. C'est précisément par le mérite de celle-ci qu'il mérita que se dégage la splendeur de son visage. En effet, sa grande humilité est à l'origine de sa Connaissance. Or, cette Connaissance Supérieure implique la nécessité du dégagement de la splendeur sur le visage de Moché, comme on l'a expliqué. C'est ainsi que Moché mérita le rayonnement par le mérite de l'encre qui resta sur sa plume. Cela vient nous apprendre l'importance de l'humilité, qui est la seule qualité qui décrit Moché. "Celui qui se rabaisse, D. l'élève". La Torah ne peut s'acquérir que par celui qui est humble, et "un Sage orgueilleux ne vaut pas mieux qu'une bête" (Tana devei Eliahou Rabba chap. 6). C'est que la crainte de D. s'acquière par l'humilité (proverbe 22 : 4). On retrouve également cet effacement et cette humilité de Moché dans notre Paracha, lorsqu'il affirma à D. : "Pardonne leur (la faute du veau d'or), sinon, efface-moi du livre que Tu as écrit". Par l'humilité, on peut arriver à des hauteurs insoupçonnées et ses fautes lui seront pardonnées, même s'il n'est pas vraiment méritant. Retour liste Haut de page |
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