Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
     9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin)
     

HANNOUKA
Hanoukka est l’unique fête de notre calendrier qui est à cheval sur 2 mois:Kislev et Tebet.
La mitsva particulière de Hanouka: l’allumage des bougies ne s’accomplit ni à l’intérieure, ni à l’extérieure mais au seuil de la maison.
Lorsque les Hachmonaïm vainquirent les Grecs ceux-ci partir et quittèrent Israël… mais ils y laissèrent leurs empreintes indélébiles: le doute et la confusion qui sont les causes premières des nombreuses discussion qui départagèrent nos grands et valeureux Maîtres de la Michna et du Talmud.
Le déclin est amorcé et la « guéoula » est relative.
L’époque qui suit les miracles de Hanouka constitue plutôt une période de transition d’un exil à l’autre, durant laquelle nos sages s’appliquèrent à préparer le peuple à surmonter le prochain et dernier exil.
La recherche de la vérité dans la Torah, la volonté de mieux comprendre et de s’extirper de l’obscurantisme causés par les Grecs continue à nous tenir en haleine, l’esprit éveillé et le cœur attaché à la Torah, à ses valeurs, à D…
Les paroles de nos sages, leurs « disputes » sont au cœur des discussions entre étudiants et sages de toutes les générations et nous permettent de vivre notre judaïsme plus intéressement.
Nos maîtres disent: « l’homme doit être vêtu de son Taleth, avec à sa droite la Mézouza accrochée au poteau de la porte et à sa gauche les bougies de Hanouka allumées ». Ces 3 mitsvot illustrent la situation de chacun d’entre nous, tel que nous sommes confrontés à la vie de tout les jours: la mézouza nous rappellent que nos « acquis » viennent de D… les bougies de Hanouka nous guident dans notre marche à travers le monde et nous rappellent les valeurs ancestrales et universelles véhiculées par la Torah.
Quand au Taleth, il nous protège des atteintes venant de l’extérieure, nous permet d’éviter les « échanges de température » et de garder ainsi un cœur chaud pour le judaïsme.

Hanouka Saméah Lécoulam

Rav D. Yelloz

Voici quelques conseils qui vous seront bien utiles pour célébrer la fête de Hanouka:

· Point historique :

En -167, à l'époque du second Temple, les autorités grecques prirent des moyens drastiques de répression contre Israel. Elles l'empêchèrent de pratiquer sa religion et lui interdirent l'étude de la Thora ainsi que la pratique des Mitsvots.

Le Talmud dans Chabbat 21b s’interroge sur la raison pour laquelle nos maîtres ont institutionnalisé Hanouka.

La Guémara répond « nos maîtres nous enseignent dans une Braita que le 25 Kislev commencent les huit jours durant lesquels on ne prononcera pas d’oraison funèbre et on ne jeune pas.

Ceci parce que les Grecs (Antiochus IV à leur tête) entrèrent dans le Temple et rendirent impure l’huile qui s’y trouvait.

Ensuite la dynastie Asmonéenne (Mattathias fils de Yohanane le grand prêtre Asmonéen en –167 à sa tête) prit le dessus et les vainquirent.

(Mattathias avec l’aide de ses cinq fils déclara la guerre aux grecs et aux hellénisants).

On se mit à la recherche d’huile pour allumer le candélabre dans le Temple et on ne trouva qu’une seule et unique fiole portant le cachet du grand prêtre.

Cette dernière contenait une quantité suffisante pour l’allumage d’une seule journée.

Le miracle eut lieu et on l’utilisa 8 jours.

L’année suivante, on décréta que ses jours seraient dorénavant jours de fêtes de louanges »



· Place:

La place de la Hanoukia à la maison est face à la Mézouza afin d'être entouré de Mitsvots.

Si l'on habite un rez-de-chaussée, elle peut être placée face à la rue afin de répandre le miracle. .

Ordre de l'allumage:
I- Hanoukia avec bougies : 1er soir :

- allumer le Chamach (9ème mèche auxiliaire, branche qui se distingue des autres).

- Réciter les trois bénédictions citées ci-dessous

- Allumer avec le Chamach la bougie qui est en face de vous à l'extrême droite

- On récite les 2 textes se trouvant à la page 316 du Patah Eliahou

2ème soir : (idem les autres soirs)

- Allumer le Chamach

- Réciter les deux premières bénédictions citées ci-dessous

- Allumer avec le Chamach les deux bougies, de gauche à droite.

- Les soirs suivants, on suit cette même progression

- On récite les 2 textes se trouvant à la page 316 du Patah Eliahou

II- Hanoukia à l'huile

1er soir

- Réciter les trois bénédictions citées ci-dessous

- Allumer la fiole en face de vous extrême droite

- Allumer le Chamach

- On récite les 2 textes se trouvant à la page 316 du Patah Eliahou

2ème soir: (idem les autres soirs)

- Réciter les deux premières bénédictions citées ci-dessous

- Allumer la fiole de gauche à droite

- Allumer le Chamach

- On récite les 2 textes se trouvant à la page 316 du Patah Eliahou

Règles relatives à l'allumage
1- Tous les soirs sauf le vendredi soir nous allumerons la Hanoukia à partir de la tombée de la nuit dont l'horaire est signalé ci-dessous . Les flammes doivent brûler au minimum 1/2 heure. A posteriori la hanoukia peut être allumée durant toute la nuit.

2- Le vendredi soir, l'allumage s'effectuera à 16h30 et les flammes devront brûler au minimum jusqu'à 18h15.

3- Tout le temps que la Hanoukia est allumée, il est interdit de tirer profit de sa lumière et de la déplacer d'un endroit à un autre.

4- Durant la demi-heure de combustion, toute activité domestique s'interrompt

‘Hannouka ou la victoire de la Thora sur la sagesse grecque
par Mikael MOUYAL




Depuis la destruction du premier Temple, en – 586, le peuple Juif a connu 4 exils, le quatrième étant celui que l’on vit toujours, l’exil de Edom. Le premier exil fut la Babylonie, puis la Perse, à l’époque de Pourim. Le deuxième Temple fut alors reconstruit. Mais, la Grèce avait l’autorité politique sur Israël. C’est justement l’histoire de ‘Hannouka, qui commémore la victoire d’Israël sur l’autorité Grecque.
Chaque exil est caractérisé par un aspect qui lui est propre. La Babylonie c’est la puissance physique et l’orgueil humain. C’était, à son époque la nation la plus imposante au niveau de son armée. Rappelons-nous que déjà à l’origine, dans la Genèse, les constructeurs de la Tour de Babel avaient pour idée de faire la guerre contre le Créateur, forts de leur puissance et animés par une fierté démesurée.
Les Perses eux, sont les bons vivants. L’important pour eux, c’est de prendre le plus de plaisir de la vie. Au début de son couronnement, Assuérus organise un grand banquet où le vin coule en abondance. D’ailleurs, ces festins sont continuels dans le récit de la Méguila de Pourim.
Mais les Grecs quant à eux, se distinguaient de leur prédécesseur. Leur génie ne se situait pas tant dans le côté matériel de la vie. La Grèce c’est la philosophie, la pensée, les idées.
Pour percer le secret de ‘Hanouka, il faut immanquablement déterminer la nature de l'agression des Grecs.
En fait, fiers de leur sagesse et de leur science, les grecs voulaient neutraliser et supprimer la Sagesse de la Thora. La seule sagesse admissible était la leur et il fallait s’opposer à tout prix à l’originalité de la Thora. C’est ainsi qu’ils interdirent son étude et sa pratique.
Mais en quoi est-ce que la Sagesse de la Thora les dérangeait-elle ?
C’est que la Thora a un caractère surnaturel, c'est-à-dire qu’elle permet de maîtriser sa nature et ses tendances. Alors que la science des grecs et leur sagesse c’était la sciences de la nature. Pour eux, le monde est déterminé et soumis à des lois bien précises. Ainsi par exemple, le soleil se lève toujours à l’est pour se coucher à l’ouest. De même, la terre tourne autour du soleil. Ainsi que toutes sortes de lois immuables qui déterminent le déroulement du monde. Les Grecs étaient ainsi experts dans la physique, les sciences naturelles…
Pour eux, l’homme fonctionne de la même façon que tout le reste. Il est constitué de maintes tendances naturelles et ne peut s’en soustraire. L’homme est déterminé par ses tendances et ses pulsions. C’est autour de cette idée que la philosophie grecque était formée. Parti de ce principe, on conçoit aisément que leurs grands penseurs menaient parallèlement une vie de débauche et de perversion. Car, pour eux, l’homme ne peut se soustraire à sa nature et à ses tendances. Telle était la Sagesse grecque.
Mais, voilà que la Sagesse de la Thora prône justement tout le contraire de cette idéologie. La Thora part du principe que l’homme est doté d’un libre arbitre et qu’il peut et même doit maîtriser sa nature. Dès lors, il ne peut manger n’importe quoi, il ne peut se marier avec n’importe qui… D’où toutes les lois du judaïsme. L’homme n’est pas déterminé !
Cette idéologie constitue une vraie agression pour les grecs, qui veulent donc à tout prix supprimer et annihiler l’originalité de la Thora.
Avant tout, les grecs s’élèvent contre la Milah (circoncision). Le symbole est bien clair. La Milah, qui se pratique sur le membre de la reproduction, où se concentre le désir de l’homme, vient montrer que l’homme doit savoir se maîtriser et canaliser tous ses désirs. Bien sûr, les grecs ne pouvaient pas entendre un tel discours.
Toute la violence des Grecs était concentrée sur cet aspect surnaturel de la Thora. Il s’agit de la confrontation entre une science naturelle, où l’homme est soumis à sa nature, et une Sagesse surnaturelle, où l’homme doit se dépasser et se maîtriser. Selon le texte du « Al Hanissim », ils se sont levés pour « leur faire oublier Ta Thora »,
C’est en ce sens que le Midrash qualifie l’exil de la Grèce d’ « obscurité ». Car, ils ont obscurci les yeux d’Israël. La Thora d’Israël est comparée à la lumière. C’est une Sagesse qui permet à l’esprit d’éclairer et de maîtriser les pulsions animales de l’homme. Mais, les Grecs ont « obscurcis » cette lumière. Pour eux, l’homme est comparable à toutes les autres créatures du monde. Il est soumis à ses pulsions et ne peut se dépasser. Les yeux de l’esprit ne peuvent éclairer l’obscurité du corps.
Pour illustrer cette comparaison entre la Grèce et l’obscurité, le Midrash poursuit et raconte que les Grecs ont imposé aux Juifs d’écrire sur une corne de taureau : « Nous n’avons pas de part dans le D. d’Israël ».
Mais pourquoi ont-ils choisi une corne de taureau pour écrire cette mention ?
C’était pour rappeler la faute du veau d’or, le taureau étant le père du veau. Seulement, pourquoi est-ce que les grecs tenaient tant à rappeler la faute du veau d’or ?
Lorsque le prophète Ezéchiel décrit le Char céleste, il fait état de la forme d’un taureau à gauche et de la forme d’un lion à droite. Ces deux représentations correspondent à deux aspects de la manifestation divine dans le monde.
Le lion symbolise la force et la puissance. C’est un animal qui déstabilise. C’est ainsi qu’il représente le comportement de D. lorsque Il manifeste Sa Puissance et qu’Il déstabilise l’ordre naturel. C’est ainsi que le lion se trouve à droite, qui est le côté fort.
Mais, le taureau, qui se trouve à gauche, le côté faible et limité, symbolise la manifestation de D. tel qu’Il se « limite » dans les règles naturelles et qu’Il voile Sa Toute Puissance. Le taureau symbolise bien cela, car originellement c’était l’animal qui servait à labourer et aux travaux agricoles. C’est l’animal qui était utilisé pour la bonne marche d’un monde régi par les principes naturels.
Lorsque les Hébreux virent que Moché ne revenait pas, ils firent le veau d’or. Par cela, ils voulaient marquer qu’ils pensaient qu’avec la disparition de Moché, D. allait laisser place à une conduite naturelle du monde. Ils pensaient que tous les grands miracles qu’ils vécurent jusqu’alors étaient bel et bien terminés et qu’à présent, le règne de la nature, symbolisé par le taureau, allait prendre la suite.
Et cette idéologie du veau d’or, c’est justement celle que prônaient les grecs, l’idéologie d’un monde purement déterminé par la nature, où la maîtrise de celle-ci serait impossible. C’est pourquoi, les grecs demandèrent au Juifs d’écrire sur une corne de taureau la mention : « Nous n’avons pas de part dans le D. d’Israël ». Cette exigence là va à l’encontre de la Sagesse de la Thora et c’est en cela qu’ils obscurcirent les yeux d’Israël.
Mais en plus de cela, pour confirmer le tout, les Grecs pénétrèrent le sanctuaire et souillèrent toutes les huiles. Car l’huile c’est ce qui permet de produire de la lumière. Et c’est justement cette idée de lumière et de sainteté dans la sagesse que contestaient les grecs.
C’est alors que les Juifs décidèrent de se révolter et de se soulever contre les menaces des Grecs. C’est justement une famille de prêtres qui orchestre la révolte. Car, les prêtres sont bien les représentants de la Thora par excellence. Et, miraculeusement, ils emportent la victoire. Dès lors, c’est l’idéologie de la Thora qui l’emporte. Cette Sagesse qui permet à l’homme de se dépasser et de se maîtriser, faisant sauter la philosophie d’un homme purement déterminé. Tel est le sens de la victoire des Asmonéens sur les Grecs. Mais, lorsqu’ils veulent inaugurer le Temple et allumer le candélabre, ils constatent que toutes les huiles sont souillées. Seulement, ils ne pouvaient se résigner et subir cette situation. Car, l’huile impure et l’impossibilité de faire régner la lumière est le signe de la menace des grecques, qui ont voulu « obscurcir les yeux des Juifs », s’attaquant à la lumière de la Thora. Il fallait donc à tout prix allumer le candélabre comme signe définitif de la victoire contre les Grecs et son idéologie.
Et c’est là que le miracle se produisit. On retrouva une petite fiole d’huile avec le sceau du Grand Prêtre qui ne pouvait durer qu’un seul jour. Et voila que cette huile brûla huit jours.
Ce miracle fut le signe de la victoire définitive de la Thora sur la Sagesse grecque. Car le miracle est justement une manifestation surnaturelle, s’opposant au déterminisme du monde. Ce miracle tirait sa force de la victoire de la Thora surnaturelle contre la sagesse naturelle grecque. Et pour confirmer le tout, cette huile brûla huit jours.
Le chiffre sept est le chiffre du déterminisme de la nature : le monde naturelle est bien composé d’un cycle de sept jours. Mais le huit, c’est ce qui dépasse la nature, c’est l’apport de la Thora qui donne la force de dépasser la nature. L’huile brûla alors huit jours, marquant la victoire de la lumière de la Thora sur la Grèce. Dès lors, la Milah qui avait été interdite, pouvait être rétablie. Cette Milah qui symbolise la possibilité de maîtriser ses pulsions et sa nature. Cette Milah qui se pratique justement le huitième jour.
Depuis, nous devons commémorer la victoire d’Israël sur les Grecs chaque année, par l’allumage des bougies de ‘Hannouka, justement dans la nuit, pour commémorer la victoire de la lumière sur l’obscurité, la victoire de la Thora et la victoire du surnaturelle. Car c’est par la Thora qui permet à l’homme de maîtriser sa nature que l’on peut arriver à maîtriser réellement la nature du monde, comme cela fut le cas à travers le miracle de ‘Hannouka.
Pour conclure, rapportons une anecdote talmudique. La Guemara raconte que la fille de Rabbi ‘Hanina Ben Teradione fut prise en captivité par les romains. Rabbi Meïr se chargea de la libérer. Pour ce faire, il paya le garde. Celui-ci accepta, mais il fit part à Rabbi Meïr de sa crainte. Si les romains s’aperçoivent qu’il a accepté de libérer une captive, ils le mettront certainement à mort. Rabbi Meïr le rassura et lui expliqua que s’il lui arrive quoi que ce soit, il devra dire : « D. de Meïr, réponds-moi ! » Ainsi, il sera épargné. Pour prouver ses dires, il fit ouvrir la cage à chiens. Ceux-ci s’apprêtèrent à se ruer sur le garde. Mais, en entendant la mystérieuse formule, ils s’arrêtèrent net. Confiant, le garde libéra la captive.
Un jour, les romains l’apprirent et condamnèrent le garde à la pendaison. Ils lui mirent la corde autour du cou et retirèrent la chaise sur laquelle il était debout. C’est alors que le garde prononça la formule de circonstance. Et, miraculeusement, la corde se rompit et il fut épargné.
Mais, le Maharcha s’interroge par rapport à cette histoire. En effet, nos Sages ont établi que D. n’associe pas Son Nom avec les vivants. Seul après sa mort, un Juste peut mériter d’être associé au Nom de D., comme par exemple « le D. d’Avraham », le « D. d’Yts’hak », « le D. de Yaacov ». S’il en est ainsi, comment Rabbi Meïr s’est-il permis d’invoquer « le D. de Meïr », alors qu’il était encore vivant ?
Le Maharcha répond qu’en réalité, le nom Meïr ne se réfère pas à Rabbi Meïr, car il n’aurait pas pu associer son nom au Nom de D. En réalité, Meïr signifie « celui qui éclaire ». La formule invoquée par Rabbi Meïr prend donc alors le sens suivant : « Le D. Qui éclaire réponds-moi ! » Le Maharcha conclut son explication en affirmant qu’il est ici fait allusion au miracle de ‘Hannouka, où D. nous a éclairé, par le miracle de la fiole d’huile qui brilla huit jours.
Il en ressort que c’est par le mérite de ‘Hannouka que le garde pouvait être protégé de la mort et que d’autres miracles se produisirent. Car, ‘Hannouka symbolise bien la possibilité de dépasser le déterminisme de la nature.




LUMIERES D’HIVER

Par Rav Daniel Yelloz



La fête de Hanoukka vient commémorer deux miracles qui se sont produits à cette époque de l’année il y a plus de 2000 ans !

1) Victoire éclatante de la minorité faible face à une majorité puissante.
2) Miracle discret et silencieux de la Menora qui resta allumée pendant 8 jours alors qu’elle ne contenait de l’huile que pour un jour.

Pourtant Nos Sages ont préféré accorder au deuxième miracle une plus grande publicité qu’au premier, puisqu’ils ont institué l’allumage des bougies à la vue de tous, alors que le premier miracle n’a droit qu’à un rajout dans la prière et le Birkat Hamazone.

Apparemment le contraire eut été plus logique puisque dans la réalité des faits, le premier miracle se déroula aux yeux du monde alors que le second s’accomplit dans le Temple à l’abri des regards.
De plus, le premier miracle semble avoir une bien plus grande portée que le second, puisqu’il s’agit de la délivrance de tout le peuple juif du joug des grecs alors qu’à la limite on aurait pu allumer la Ménorah avec une huile impure faute de mieux !
D’ailleurs, il y avait 10 miracles réguliers au Temple et pourquoi celui-ci seul a-t-il était mis en valeur ?

En fait le miracle de la Ménorah nous éclaire quant à celui de la victoire et lui confère un tout autre sens que celui que nous voulons bien lui donner !
La civilisation grecque est à la base de nombreux principes qui régissent notre société moderne. Les Grecs sont considérés comme les porteurs du flambeau et pas seulement dans le sport ! Pourtant Nos Sages les accusent d’obscurantisme ! Ils n’ont pas tenu compte dans leur jugement et appréciation de tous les progrès scientifiques et philosophiques auxquels ceux-ci contribuèrent largement.

Nos Sages étaient tout à fait conscients de la grandeur et de l’éclat de cette civilisation et malgré tout, ils l’ont définie comme une forme d’obscurantisme parce qu’à la base de toute cette science, il n’y avait pas qu’un simple intérêt scientifique ou curiosité intellectuelle mais au contraire un désir ardent de mettre en valeur le corps humain et toutes les forces qui l’animent et qu’il domine, alors que la Thora met en valeur les forces spirituelles de l’homme et les développe afin que celui-ci puisse se rapprocher de son Créateur. Aux yeux des grecques, l’essentiel se vit dans ce monde-ci et l’esprit est à la merci de ce but alors que la Thora nous enseigne que l’homme n’est que de passage sur terre et que ce monde-ci n’est qu’un tremplin et un lieu de préparation pour être à même d’accéder au monde futur qui nous est réservé et auquel chacun à sa part ; c’est notre principal objectif et le but de la création !



Il y a donc confrontation entre deux cultures et deux conceptions de la vie : d’après le judaïsme c’est au monde matériel de se soumettre aux aspirations spirituelles de chacun alors que les Grecs pensent au contraire que c’est à l’esprit de s’ingénier à développer le monde matériel et à le rendre plus agréable et attrayant. Pour les Grecs le monde matériel constitue un écran entre D. et l’homme alors que Nos Sages voient en lui, au contraire, un moyen de se rapprocher de D. et de Le dévoiler derrière le rideau qui cache la véritable scène.

C’est dans ce combat idéologique que les Maccabim se sont engagés de toutes leurs forces, même s’il semblait perdu d’avance, et ne se sont pas limités à la prière !
Toute cette idéologie se concrétise dans le miracle de la Ménorah qui symbolise et représente l’esprit (sagesse) de la Torah. Ainsi même l’huile qui est un corps matériel a brûlé 8 jours au lieu d’un seul, en d’autres termes, l’huile a lutté contre sa propre nature et a dépassé ses limites matérielles pour répondre aux exigences de la Ménorah, de la Torah.


C’est pourquoi aussi Nos Sages, nous enjoignent à allumer les bougies de Hanoucca dans la rue. En effet, la rue fait partie d’un domaine immatériel, ce n’est qu’un lieu de passage pour lequel on n’investit pas si ce n’est pour l’éclairer afin de guider le passant et lui éviter les embûches. Le monde, aussi n’est qu’un lieu de passage qui a besoin d’être éclairé car la route est longue et il ne faut pas se tromper de chemin. C’est la lumière de la Torah, de la Ménorah qui nous éclaire sur notre passage et c’est notre Néchama qui nous guide !
La Ménorah symbolise donc cette conception de la vie proposée par la Torah et qui nous donne droit à tous les autres miracles car c’est par cela que nous nous distinguons des autres peuples et que nous méritons d’être aimés et chéris de D.



L’actualité à la lumière de Hanouca
Par le Rabin Daniel Yelloz


« May Hanouca ? » c’est par ces deux mots magiques que s’ouvrent une « souguya », un thème des plus commentés du Talmud. En effet, d’année en année, nous sommes envahis par le désir de percer le message contenu dans la prière et les bougies de Hanouca, persuadés que celui-ci nous est adressé personnellement. Il puise son essence dans le vécu des événements passés pour nous guider dans l’aventure d’aujourd’hui.
Cette fête commémore deux événements : la victoire des Hachmonéens sur les grecs et le miracle de la fiole d’huile pure épargnée par les grecs et qui permit d’allumer la Ménorah du Temple pendant 8 jours avec une quantité suffisante pour un jour . Le premier événement est relaté dans la prière quant au second, on lui fait honneur par l’allumage des bougies. Ce rituel nous étonne pour bien des raisons : pourquoi avoir dissocié ces 2 miracles pour les commémorer séparément ? Pourquoi initialement l’allumage des bougies se fait-il à l’extérieur ? Pourquoi rajouter chaque jour une bougie ?
Les commentateurs nous enseignent que le nom de la fête Hanouca résulte de l’association de deux mots : « HANOU » – ils interrompirent la guerre, « KAH » - le 25 Kislev . Ils est étonnant que cette fête soit nommée par rapport à l’arrêt des hostilités et non par rapport à la victoire que marquèrent les juifs fidèles à D. et à la Torah sur l’envahisseur païen grec.
Nos sages ont voulu nous enseigner par ce fin et subtil jeu de mots que la finalité de la guerre dans notre culture n’est pas la gloire que l’on peut en tirer mais surtout la liberté et la tranquillité. Aujourd’hui encore, l’armée d’Israël s’appelle : Armée de défense d’Israël, car c’est bien là son objectif essentiel : défendre notre liberté , notre culture et notre droit à la vie, une vie réelle rattachée à D. et a la Torah.
Ainsi, lorsque les Grecs furent vaincus, les Bné Israël guidés par les Hashmonéens, ne s’attardèrent pas à fêter la victoire, mais immédiatement ils entreprirent la restauration, la purification et la réhabilitation du Temple afin que le service puisse s’y accomplir dans les plus brefs délais. Ils allumèrent la Ménorah, symbole de la sagesse et de l’étude et ils illuminèrent ainsi le Temple et Jérusalem. C’est parce qu’ils étaient animés de ces intentions pures que D. leur accorda de si grands miracles.
Ainsi, nous aussi, dans notre lutte quotidienne et constante pour assumer les obligations que nous impose la vie, n’oublions pas que le but n’est réellement atteint qu’une fois la « guerre » terminée, laissant place à l’étude, la prière et l’accomplissement de Mitsvot. Mais sachons aussi que tout comme les Hachmonéens, c’est à nous d’y mettre fin en rapprochant à nous cet objectif qui tend à fuir. C’est un message pour nous et ceux qui nous entourent : ne vous laisser pas entrainer par la flamme de la passion, mais par la lumière de la raison qui naturellement s’amplifie et s’intensifie de jour en jour .






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