Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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VAYIQRA
Vayikra-Tsav :
Dans le troisième livre du Pentateuque, le Lévitique, nous abordons un domaine qui nous est tout à fait étranger : les korbanot, c'est-à-dire les sacrifices. En effet depuis prés de 2000 ans que le Temple est détruit, nous ne servons plus D… en apportant des sacrifices, mais surtout par la prière qui les remplace ainsi que par l’étude de la Torah.
Ceux-ci ont aussi été abandonnés par les croyants qui nous entourent.
Ce décalage permet d’expliquer notre difficulté à comprendre et concevoir cette façon de servir D…
Dés le onzième siècle, ce thème suscitait l’intérêt des plus grands exégètes de la Torah, Maïmonide et Ramban dont nous allons exposer brièvement les théories qui sont en opposition.
a) Maïmonide : il ne faut pas oublier que les Hébreu en Egypte s’adonnèrent à l’idolâtrie et s’habituèrent ainsi à offrir des animaux en sacrifice pour les idoles. Il faut aussi tenir compte de la nature humaine qui reste très attachée à ce à quoi elle est habituée. C’est pourquoi D… accepta d’autoriser cette pratique pour Le servir. Car li était humainement impossible de leur demander d’abandonner toutes ces pratiques, pour Le servir uniquement par la méditation. Par contre les animaux qui étaient adorés par les peuples, ceux-là même furent choisis pour être sacrifiés devant D… afin de bien marquer la supériorité de D… sur toutes formes d’être qui ne sont que Ses créatures.
Maïmonide rajoute que la prière avec ferveur étant une façon bien plus élevées que les sacrifices pour servir D…, c’est pourquoi les sacrifices furent limités dans le Temps et l’Espace alors que la prière est acceptée et appréciée en tout temps et tout lieu. Malgré tout, Maïmonide nous met en garde dans son œuvre : Michné Torah de ne pas se relâcher et abandonner les sacrifices, car c’est par le mérite des sacrifices que l’univers tient. De plus les sacrifices font parties des Houquim, ces Mitsvot dont nous ne saisissons pas le sens ni la logique.

b) Ramban dans son commentaire sur la Torah s’oppose avec véhémence aux propos de Maïmonide (Lui aussi finit par dire que les sacrifices font partie des secrets de la Torah) il est inconcevable à ses yeux qu’un sujet auquel la Torah réserve une telle place, la place central!, ne soit en fait qu’un moyen tout juste admis pour détourner l’humain de l’idole. Il semble évident, pour le Ramban, qu’il faut trouver une valeur positive aux sacrifices. C’est pourquoi, il nous propose d’écouter le sens allégorique selon lequel l’activité autour du sacrifice doit nous faire prendre pleinement conscience de l’importance de chacune de nos actions. Les bonnes comme les mauvaises sont le résultat d’une combinaison extraordinaire qui associe la pensée (néchama), l’acte (corps-gouf) et la parole qui est l’expression des deux premiers lorsqu’ils sont réunis. Aujourd’hui, nous apprennent Nos Maîtres, les sacrifices sont remplacés par l’étude (pensée) la prière (parole) et l’accomplissement des Mitsvot (acte) qui deviennent ainsi les paramètres essentiels de notre évolution et les garants les plus sûrs de notre union sacrée entre nous et avec D…

Chabbat chalom.
Rav D. Yelloz


La louange est une réprimande
Par Mikael Mouyal

La Paracha de cette semaine commence par le verset « D. appela Moché et lui parla de la tente d’assignation pour leur dire ». Rachi, dans son commentaire, explique que D. désirait que Moché dise aux Juifs « des paroles d’admonestation. Il s’agissait de leur faire comprendre que c’est par leurs mérites que D. s’adresse à Moché. D’ailleurs, les 38 années où les Juifs étaient dans le désert à cause de la faute des explorateurs, D. ne s’est pas adressé à Moché ». Ainsi, Rachi explique que Moché devait faire la louange des Juifs puisque s’il prophétise, c’est grâce à eux. « C’est grâce à vous que D. me parle ! ». Seulement, ce qui paraît étonnant, c’est que Rachi qualifie une telle louange, de « Divré Kivouchim (propos d’admonestation et de réprimandes) », dont le but est de « conquérir (Kovech) » les cœurs pour les faire revenir sur le droit chemin. Cela nous conduit à nous interroger. Comment peut-on comprendre que cette merveilleuse louange fait aux Juifs, visant à montrer que leur mérite est tel que D. s’adresse à Moché grâce à eux, n’est rien d’autre que des réprimandes et des réprobations à l’égard du peuple Juif ? Ce point là est très surprenant ! Rachi explique encore qu’une fois que le Michkan était achevé, Moché hésitait avant d’y entrer. Ainsi, il est dit : « Moché ne pouvait pas pénétrer dans la tente d’assignation ». Alors, D. dit qu’il n’est pas normal que Moché qui a conçu ce Michkan, reste à l’extérieur. C’est pourquoi, il est dit que « D. appela Moché ». Ainsi, Moché se refusa de pénétrer le Tabernacle, bien qu’il en fut l’élaborateur. Comment comprendre une telle attitude ? Imaginons une personne qui aurait dépenser beaucoup d’argent et d’effort pour fabriquer une école. Le jour où celle-ci est enfin construite, une grande foule se rassemble pour l’inauguration. Et malgré cela, le fondateur reste à l’écart ! Ce devrait être à lui de mener la foule et d’entrer le premier dans l’école pour l’inaugurer. Or, Moché avait des réserves à entrer dans le Tabernacle. Bien plus, même après que D. lui ait fait l’honneur de l’appeler pour qu ‘il entre, Moché se considère comme non méritant. D’ailleurs, lorsqu’il écrivit le mot «????? (Il l’appela) » dans la Torah, il l’écrivit avec un petit Alef, pour signifier qu’il ne méritait pas cette appel. Ceci mérite qu’on y réfléchisse. Pour comprendre tout cela, il faut pour cela, introduire l’explication du verset : « Ce n’est pas parce que vous êtes nombreux que D. vous aime. Mais c’est par ce que vous êtes petits ». A première vue, ce verset semble affirmer que D. aime le peuple Juif parce que c’est un petit peuple. Mais, cela est difficile à comprendre. En quoi le nombre détermine l’affection ? C’est ainsi que la Guemara explique qu’en fait, D. aime le peuple Juif parce que même lorsque D. leur octroie de l’importance et les élève, ils restent humbles et se diminuent devant D.. Parce que c’est un peuple qui c’est rester « petit ». Ainsi par exemple, D. a accordé de l’importance à Moché et Aharon. Et eux ont dit : « Que sommes-nous ? » Mais, il en n’est pas de même concernant les autres nations. La Guemara raconte que lorsque Vespasien apprit qu’il était devenu empereur, il n’arrivait plus à mettre sa chaussure. Son os avait grossi. Le Maharal de Pragues explique que cela est à prendre à un second niveau. En fait, après cette nouvelle, Vespasien fut tellement impressionné qu’il en vint à un certain orgueil. Selon l’expression : « ses chevilles ont enflé ». L’os (ETSEM), symbolisant l’essence (ETSEM) de la personne, grossit et prend de l’ampleur après avoir appris que de l’importance nous a été accordé. Tel est la réaction des nations. La grandeur conduit à l’orgueil. Mais, les Juifs doivent réagir à l’opposé. Cette différence se retrouve à travers l’histoire de Pourim. Lorsque Esther honora Haman et l’invita au festin qu’elle donna pour le roi, Haman s’en réjouit grandement. Il alla même raconter à sa femme et ses amis sa grandeur et sa supériorité. Bien plus, il fut néanmoins contrarié parce que Mordekhay ne se prosternait pas devant lui. Par contre Mordekhay, lorsqu’il fut glorifié devant tout le monde et qu’il fut placé sur un cheval, vêtu d’habits royaux, acclamé par tous et en plus que l’on criait à son propos : « Ainsi il convient de faire pour celui pour qui le roi recherche son honneur ! » Malgré tous ces honneurs, en descendant du cheval « Mordekhay retourna à la porte du roi ». Cela signifie, comme le souligne Rachi qu’il retourna à ses haillons et à son jeûne pour solliciter la bonté divine devant le Roi.. Malgré tous les honneurs, Mordekhay sut se rabaisser et rester humble. Tel est l’attitude qu’un Juif doit avoir face aux honneurs. Plus D. le grandit, et plus il se rabaisse. C’est pourquoi, c’est le peuple élu. En effet, il ne s’agit pas de s’enorgueillir et de se félicité de cette élection. Non. Au contraire, il s’agit de prendre pleinement conscience de ses responsabilités en tant que peuple élu et d’être à la hauteur. Certaines personnes sont choqués quand on parle de peuple élu. Ils disent : « Vous, les Juifs, vous croyez que vous êtes les meilleurs, que D. vous préfèrent. Vous n’êtes en fait que des orgueilleux ». Mais cela est une grossière erreur. La réalité est en fait le contraire. Cette grandeur que D. nous a accordé doit en fait être le moteur de l’humilité, de la prise de conscience de ses responsabilités. Un jour, Rabbi Israël Salanter a résolut une grande et difficile question sur la compréhension d’un enseignement du Rambam. Avant lui, de nombreuses Personnes des plus Sages ont fait de nombreux efforts pour résoudre la difficulté, mais sans résultat. Et voilà qu’il venait, lui, de trouver une explication satisfaisante. Mais au lieu de s’en réjouir, il éclata en sanglot. Il dit : « Je viens de m’apercevoir de mes grandes aptitudes et de ma perspicacité. Mais cela m’oblige donc d’étudier et d’enseigner avec plus d’acharnement. Je ne suis pas à la hauteur de mes capacités ». Voilà la réaction digne d’un bon Juif, conscient de la réalité des choses. Plus une personne est gratifié, plus elle doit se soumettre à D., fort de la croyance que cette grandeur lui vient de D. et implique de lui d’assumer les responsabilités qui s’y attachent. D’ailleurs, d’après la Halakha (loi juive), un Juif doit se prosterner à quatre reprises dans la Amida. Le Grand-prêtre se prosternait à la fin de chaque bénédiction. Mais le roi se prosternait au début et à la fin de chaque bénédiction. Cela montre bien qu’un homme important ne doit pas s’enorgueillir de sa grandeur. Lorsque Moché fit l’éloge des Juifs, accentuant leur mérite par lequel Moché méritait de recevoir la Parole de D., cela était en fait une sorte de leçon de moral, un appel au repentir. En effet, cet éloge devrait éveiller en eux un sentiment d’humilité et d’effacement devant D., un sentiment de « conquête du cœur » pour le pousser au repentir. C’est qu’un influence d’éloge, de grandeur et d’importance doit être interprété par le Juif comme un appel au repentir et comme une nécessité de prendre conscience de ses responsabilités s’adaptant à sa grandeur. De même, Moché a réagi de la même façon. Après s’être élevé par la construction du Michkan, il refusa de profiter de n’importe quel type d’honneur. Au contraire, il préféra rester à l’écart. Et lorsque D. lui fait l’honneur de l’appeler, cela lui augmente au contraire sa soumission à Lui et son humilité. Alors, il décide d’écrire le mot « Vaykra » avec un petit Alef. Comme s’il ne méritait pas cet honneur. En effet, « Si D. vous a choisi, c’est parce que vous êtes petits », c’est parce que vous vous diminuez par rapport à la grandeur que D. vous accorde. C’est cela que D. aime. D. réside avec une personne humble et qui s’efface devant Lui. En effet, D. réside là où on lui fait de la place. Or, pour lui faire de la place, il faut s’effacer un petit peu. Le but escompté est donc bien d’atteindre la soumission. Cela apparaît déjà dans le premier verset de notre Paracha, comme on l’a montré. D’ailleurs, cela joue parfaitement le rôle d’introduction au thème central qui va être développé pendant plusieurs Parachiot. Il s’agit du thème du sacrifice. Plus que de sacrifier une bête, ce que D. veut, à travers cela, c’est que l’homme apprenne à sacrifier un peu de lui, de son moi et de son égo. D. veut que l’homme apporte un sacrifice avec soumission. « Le meilleurs sacrifice à apporter à D. c’est un cœur contrit ». L’humilité est le sacrifice que D. ne refuse jamais. Cette notion a été montré par le fait que les Juifs interprètent l’éloge qui leur est adressée comme un appel à la repentance. De même que par le refus de Moché à pénétrer le Tabern acle qu’il a conceptionné. Que D. fasse que l’on puisse chacun, à son niveau, transmuter les honneurs dont on profite en humilité et en éveil au repentir. Ainsi, D. acceptera nos offrandes et nous gratifiera de Son troisième Temple, Amen.



Le Chabbat qui précède la fête de Pourim nous lisons à la Torah les femmes ont-elles l’obligation d’écouter la lecture du passage Zakhor (Deutéronome chapitre 25 à partir du 17) le Chabbat qui précède Pourim ?
2) Peut-on faire monter à la Torah un enfant qui n’est pas encore bar-mitsva pour la lecture de ce passage ?

Réponses : Dans le passage de la Torah que nous lisons et qui débute par l’injonction « Zakhor » (d’où l’appellation courante de ce passage : Zakhor), trois mitsvoth sont rapportées :
1 – Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek : lorsque nous sommes sortis d’Egypte alors que tous les peuples nous craignaient, il brava la peur et s’attaqua aux Bne Israël ouvrant ainsi le chemin aux autres nations qui prirent son exemple.
2 – Efface le souvenir (toutes traces) d’Amalek.
3 – N’oublie pas !
Dans la troisième mitsva énumérée, la Torah fait appel à notre devoir de mémoire. Dans la première mitsva, par contre, il ne suffit pas d’un souvenir muet pour l’accomplir ; nous avons l’obligation Min Ha Torah (prescrite par la Torah) de lire ce passage dans un Sefer Torah cacher
Min Ha Torah, cette lecture peut se faire à tout moment de l’année mais les Hakhamin ont institué que ce passage soit lu chaque année le chabbat qui précède Pourim, car à cette époque l’assistance est nombreuse et il importe de donner la possibilité au maximum de personnes d’accomplir cette mitsva de la Torah. De plus, c’est une bonne « introduction » à la fête de Pourim où on lit la Méguilat Esther qui relate le complot d’Aman qui était un Amalécite contre le peuple juif. On se réjouit de sa perte.
La lecture de ce passage est la seule qui nous soit ordonnée par la Torah. Les autres lectures, hebdomadaires et périodiques, nous ont été instituées par Moché Rabbénou et sont d’ordre rabbinique. C’est pourquoi, même si on peut accorder à un enfant non bar mitsva de monter à la Torah le chabbat (en particulier pour la dernière montée appelée Maphtir qui d’ordinaire est une répétition des derniers versets de la paracha), il faudra éviter cela pour la lecture de Zakhor qui est une obligation Min Ha torah. En effet, les enfants non bar mitsva étant exemptés des mitsvoth de la Torah, ils ne peuvent prétendre acquitter des adultes en les accomplissant.
Bien que nous devons éduquer nos enfants à l’accomplissement des mitsvot et qu’ils ont une obligation d’ordre rabbinique de les faire, ils ne peuvent acquitter les adultes dont l’obligation et le devoir est Min Ha Torah, car Min Ha Torah l’acte d’un enfant n’a pas de valeur légale.
C’est pourquoi, dans le cas où un enfant aurait été appelé, il faudra absolument que ce soit un adulte qui lise (ou relise) le passage de Zakhor pour acquitter toute l’assemblée. De même on évitera de faire monter un enfant pour la lecture de « Parachat Para » qu’on lit pour le Maphtir du chabbat qui suit Pourim (ou le suivant) ainsi que pour toutes les lectures du Maphtir lorsqu’on ne répète pas simplement les derniers versets de la paracha mais qu’on lit un passage spécial de la Torah en rapport avec la particularité du moment. De plus, par égard pour la communauté on ne fera pas monter un enfant pour le Maphtir de chabbat Hagadol (le « grand » chabbat celui qui précède Pessah) et de chabbat chouva (premier chabbat de l’année entre Roch Hachana et Yom Kippour) bien que le Maphtir relit dans la torah les derniers versets de la parac ha. A l’occasion de ces deux chabatot, c’est la lecture de la Haphtara elle-même qui importe.
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Pour revenir à la première question, étant donné que min Ha Torah aucune date n’est fixée pour l’accomplissent de la mitsva de Zakhor, les femmes ont elle aussi l’obligation d’écouter
cette lecture. Ainsi est l’avis de nombreux décisionnaires. Cependant, nombreux sont les avis contraires. Ainsi le Sefer Ha’Hinoukh dit qu’elles sont exemptées de cette mitsva, dont la finalité est d’anéantir Amalek, or les femmes ne font pas la guerre. Dans le Min’hat ‘Hinoukh, l’auteur conteste cet avis et affirme que les femmes aussi participent à certaines guerres, comme celles ordonnées par la Torah (Mil’hémet Mitsva contre les sept peuples idolâtres qui habitaient Eretz Canaan) . Malgré tout, le Mar’hechet pense que le Din (la loi) est différent pour la guerre contre Amalek qui ne se fait pas le Chabbat et pas de nuit : c’est donc une mitsva qui dépend du temps et les femmes en sont exemptées.
Il y a donc un grand débat halakhique autour de cette question. Pour conclure, les femmes qui peuvent se rendre à la synagogue le chabbat Zakhor et écouter la lecture le feront, sinon elles peuvent venir écouter la lecture de la Torah lue le jour de Pourim qui relate les méfaits d’Amalek envers les Bné Israël. En dernier recours, il est possible d’organiser une lecture spéciale pour les femmes en lisant dans un Sefer Torah cacher en présence d’un minyan composé de dix hommes adultes.
Certains décisionnaires dissocient la mitsva de Zakhor (Souviens-toi) de celle de Tim’hé (Efface) et d’après eux les femmes sont concernées par cette mitsva comme les hommes. D’après eux, le but de cette mitsva est de nous faire prendre conscience de la haine qui anime Amalek contre nous, une haine qui ne fait que s’amplifier et s’intensifier et qui lui vaudra sa perte totale et définitive, car les ennemis d’Israël sont les ennemis de D.. et D.. les punit à la mesure de leurs méfaits et leur haine.

Par le Rabbin Daniel Yelloz


Nous commençons la lecture et l’étude du troisième livre de la Bible, VAYIKRA, le Lévitique, qui aborde des thèmes absolument abstraits : sainteté, pureté…
Après avoir construit le michkan, il faut l’animer et la Torah propose comme « animation » une activité très spirituelle apporter offrandes et sacrifices.
Qu’apporte-t-on en sacrifice ? Le deuxième verset de la parachat nous le dit :
« un homme qui apportera de vous un sacrifice pour D.. ».
Le terme « mikem », de vous, s’explique, selon le sens simple et littéral du verset, de la façon suivante : « parmi vous », c'est-à-dire « un homme parmi vous qui désirerait apporter un sacrifice etc.. ». si c’est ainsi, une question évidente se pose : le mot mikem n’est pas à sa place ?

Nos sages nous enseignent (traité soucca 30 a) que la Torah vient nous insinuer par ce changement que l’animal que nous nous proposons de sacrifier en l’honneur de D. doit nous appartenir.
Le Or Ha’hayim Hakadoch (Le Saint Rabbi ‘Haïm benathar) propose une autre explication.
Il est nécessaire, auparavant, de bien comprendre le sens et le but du sacrifice et dans quel esprit celui-ci doit être apporté.
Si l’essentiel est d’apaiser la colère de D. après que l’homme ait fauté, ou lui « faire plaisir »… il s’agit d’un cadeau ou présent et c’est ainsi qu’il aurait fallu l’appeler ou matana (cadeau) ou techoura (présent). Le terme korban (sacrifice) employé par la Torah confère à cet acte un tout autre objectif : dans ce terme apparaît la notion de rapprochement. Parce que la vie que nos menons tend à nous éloigner de D. et à affaiblir notre potentiel spirituel, la Torah nous révèle le moyen de nous renforcer et nous rapprocher de D. : en venant au michkan et en apportant un sacrifice. C’est une façon d’exprimer notre profond désir de sanctifier et élever notre personne, y compris notre corps vers D. à l’instar de cet animal à forte densité matérielle mais qui finit par se retrouver en haut de l’autel, consumé par un feu divin et s’élevant en fumée vers l’au-delà !
C’est pourquoi la Torah expose les lois concernant les sacrifices offerts avant celles des sacrifices obligatoires, car lorsque le sacrifice est offert, la notion de rapprochement et d’élan vers D. en plus flagrante et la Torah veut la mettre bien en évidence comme préambule à tous les sacrifices.
Si nous ne pouvons apporter, aujourd’hui, des animaux en sacrifice, nous pouvons offrir à D. (ou sacrifier selon ce que l’on ressent) du temps, des loisirs… en pénétrant dans Ses demeures que sont les synagogues et maisons d’étude pour se retrouver face à D. prier et étudier.

Par le Rabbin Daniel Yelloz

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