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METSORA Comment redevenir un homme Par M. Mikaël Mouyal La Paracha de cette semaine développe le processus de purification du lépreux. Celui-ci devait subir un processus de purification durant sept jours, où il offrait des oiseaux et où il devait se raser. Une fois ce processus effectué, le lépreux devait réaliser un autre cérémonial, le huitième jour. C’est sur cette procédure que nous allons nous intéresser. Le huitième jour, le lépreux offrait des agneaux. Alors, « le Cohen prenait un agneau, qu’il offrait en sacrifice rémunératoire… Puis il balançait la bête devant D. ». Cela fait, « Le Cohen prenait du sang de ce sacrifice, et en mettait sur le lobe de l’oreille droite du lépreux qui venait ce purifier, ainsi que sur le pouce de la main droite et sur l’orteil du pied droit ». De fait, le processus comportait deux actes : le balancement du sacrifice et l’aspersion de trois membres du lépreux. Nos Sages enseignent que le lépreux était frappé de cette maladie essentiellement à cause de la médisance. Ainsi, il nous faut comprendre le rapport entre cette faute et sa purification à travers ces deux procédures. On peut s’apercevoir que ces deux actes se retrouvaient par rapport au don de la Torah, à Chavouot. Certes, dans plusieurs endroits dans la Torah, on retrouve cette notion de balancement de la bête. Mais, celui-ci s’effectue qu’avec certains membres du sacrifice. Alors que pour le lépreux, la bête était balancée entière. Un tel balancement n’existe que pour le lépreux et pour le sacrifice de Chavouot. Alors, on balançait l’agneau entièrement sur les pains de prémices. Ainsi, il doit exister un rapport entre ces deux occurrences. En fait, Chavouot est la fête du don de la Torah. Les Juifs qui venaient de sortir d’Egypte, à Pessa’h, était alors à un niveau spirituel très bas. Ils avaient atteint la 49ème porte de l’impureté. C’est d’ailleurs pour cela qu’à Pessa’h, on offrait le Omer, qui était constituait d’orge, aliment des animaux. Les Juifs étaient si bas qu’ils ressemblaient presque à des animaux. Mais ensuite, pendant les 49 jours suivants, ils se sont élevés, jusqu’à atteindre le paroxysme de la purification, lorsqu’ils étaient devant le mont Sinaï. Ils devinrent alors de véritables hommes, dans le sens le plus véritable, des hommes dignes de ce nom. Alors, à Chavouot, on offre des pains faits à base de blé, aliment de l’homme. Les Juifs se sont alors considérablement élevés. C’est cette élévation du rang de l’animal au stade de l’homme que symbolise le balancement du sacrifice de Chavouot. En effet, on balançait la bête dans l’air, vers le haut. Cela symbolise l’élévation de l’homme qui, par le don de la Torah, a pu s’accomplir en tant qu’homme. Le sens du balancement de l’agneau, lors du processus de purification du lépreux, a également le même sens. En effet, un homme qui prononce de la médisance, utilise sa bouche pour le mal. Ainsi, il souille sa parole. Or, nous savons que la parole est la spécificité de l’homme. Ce qui distingue l’homme de l’animal et qui fait sa supériorité, c’est justement la parole. Un homme qui utiliserait sa parole à mauvaise escient, par des propos médisants, perd ainsi son élection en tant qu’homme. Il se rabaisse ainsi au rang de l’animal, qui ne se démarque pas par sa parole, qui lui fait défaut. Ainsi, le lépreux qui est puni pour sa médisance, a atteint un niveau très bas, et son impureté est particulièrement grave, un peu à l’image du peuple Juif, à la sortie d’Egypte. Mais, avec sa purification conséquente à son repentir, le lépreux peut réintégrer son appartenance à l’espèce humaine, à proprement parler. C’est pourquoi, son élévation est aussi symbolisée par le balancement de la bête, comme pour Chavouot. Mais, si le lépreux a eu, par sa faute, une incidence néfaste sur sa personne et sur sa situation morale, se trouvant rabaissé pratiquement au niveau de l’animal, il a en plus causé un préjudice sur la communauté. En effet, par ses mauvaises paroles, il a entaché la paix et l’union entre les Juifs. Par ses médisances, il a provoqué des disputes, des discordes, des litiges… Il a donc brisé l’harmonie de la collectivité du peuple Juif. Sa faute a donc en plus eu une incidence sur la communauté. Or, nos Sages nous enseignent qu’au moment du don de la Torah, le peuple Juif était dans l’union, « comme un seul homme avec un seul cœur ». C’est cette union qui a permis le don de la Torah. C’est que la Torah ne peut reposer que sur la base de la paix, de l’harmonie et de l’unité. De fait, le médisant, qui a brisé cette union, a donc perdu le bénéfice du don de la Torah. Celle-ci lui est alors retiré. Là encore, il se retrouve au niveau du peuple Juif avant le don de la Torah. Ainsi, lorsqu’il se purifie de sa lèpre et s’apprête à réintégrer la communauté, il se doit alors de recevoir de nouveau la Torah, qui lui a été retiré. C’est un peu comme une nouvelle réception de la Torah. C’est cela que symbolise la deuxième étape du processus de purification. Le Cohen devait aspergeait le lépreux avec le sang du sacrifice. Cette aspersion se voulait représenter un nouvel engagement de la part du lépreux à recevoir la Torah. D’ailleurs, on peut s’apercevoir que cette notion d’asperger un homme de sang, se retrouvait également avant le don de la Torah. En effet, avant de recevoir la Torah, il y a eut des sacrifices. Le sang recueilli était divisé en deux, dont une partie a été utilisée pour asperger le peuple. Ainsi, on retrouve encore une analogie entre la préparation au don de la Torah et la purification du lépreux. C’est que le lépreux, après s’être démarquée de la communauté par ses propos médisants, s’est séparé de la Torah. Il doit donc à présent, recevoir de nouveau cette Torah. Mais pourquoi cette aspersion était effectuée sur ces trois membres : l’oreille, la main et le pied ? En fait, comme on le sait, c’est l’affirmation du « Naassé Vénichma (nous ferons, puis nous écouterons) », qui a été la concrétisation effective du don de la Torah. La cristallisation du don de la Torah se trouve précisément dans cette affirmation. De fait, lorsque l’on a dit que le lépreux devait recevoir de nouveau la Torah, il s’agit en fait de réaffirmer le principe de « Naassé Vénichma ». Et c’est à ce but que servait l’aspersion du sang sur les trois membres du lépreux. En effet, ces trois membres sont justement les membres du « Naassé Vénichma ». L’oreille est l’organe du Nichma, de l’écoute. Les pieds et les mains sont les organes du Naassé, de l’action. En effet, un homme marche avec ses pieds pour acomplir les Mitsvot par ses mains, qui sont essentiellement les organes de l’action. Et si ce sont le pouce et l’orteil qui ont été choisis, c’est qu’ils sont les membres essentiels de la main et du pied, comme le précise le Iben Ezra. C’est pourquoi, lorsque le lépreux s’apprête à recevoir la Torah de nouveau, il doit purifier les membres de l’ouïe et de l’action, comme s’il proclamait : « Naassé Vénichma (nous ferons puis nous écouterons) ». C’est donc par cette aspersion que le lépreux peut effectuer son nouvel engagement à la Torah, à travers le « Naassé Venichma ». Ainsi, nous avons montré que le préjudice du lépreux est double. Tout d’abord, au niveau individuel et intérieur, le lépreux est extrêmement rabaissé et doit s’élever à travers le balancement. Mais aussi, au niveau collectif, il a empêché la paix de s’établir, rompant ainsi son lien avec la Torah. La réparation de cela est l’aspersion sur ses trois membres. En résumé, sur tous les plans, le processus de la purification du lépreux est parallèle au don de la Torah, puisqu’il s’agit de reproduire un don de la Torah pour le lépreux. Cela est en allusion dans le verset introductif du processus : « Ceci sera la Torah du lépreux ». C’est que le lépreux et le médisant doit recevoir la Torah de nouveau, après sa purification. Retour liste Haut de page |
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