Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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QUEDOCHIM
La Paracha de Kedochim est particulièrement riche en contenu. De multiples Mitsvot y sont détaillées. Mais cette Paracha s’ouvre par la phrase : « Kedochim Tihyou », c’est à dire « soyez saints ». D. ordonne à son peuple d’être saint. Cela, parce que D. est lui-même également saint. Mais, comment atteindre la sainteté ? Plusieurs réponses sont proposées pour l’expliquer. Mais, l’une d’entre elles est particulièrement parlante. Introduisant le principe de sainteté, la Torah pose que Moché s’adressa à « Toute la communauté des enfants d’Israël ». Ainsi, tous les Juifs furent rassemblés. C’est lors de ce rassemblement que D. a ordonné : « Soyez saints ».
On peut peut-être y voir une réponse à notre question. En effet, c’est seulement lorsque tous les Juifs sont réunis et sont attachés ensembles, lorsqu’ils forment une même unité, qu’il est possible d’atteindre la sainteté. C’est dans l’union que la sainteté peut s’installer. En revanche, lorsqu’il y a des disputes, des querelles et des dissensions, rien de bien ne peut en découler. « La bénédiction ne peut résider que grâce à la paix ». On peut expliquer pourquoi seule l’union peut mener à la sainteté, de la façon suivante.
D. est la source de sainteté. Ainsi, la sainteté ne peut exister que lorsque D. est présent. Or, nous savons bien que D. est Un et unique. De fait, Il ne peut s’installer au sein de Son peuple que lorsque celui-ci aussi est un, que lorsque la paix et l’harmonie règnent. Cela peut expliquer pourquoi, le Chabbath nous nous souhaitons : « Chabbat Chalom », « que le Chabbath soit en paix », et non « Bon Chabbath » ou encore « heureux Chabbath ». En effet, le Chabbath est le jour sacré par excellence. Or, c’est uniquement dans la paix et l’union que cette sainteté peut se manifester. La paix de Chabbat est à l’origine de la sainteté du Chabbat. C’est pourquoi, la Torah enjoint à propos du Chabbath, qu’il est interdit d’y allumer du feu. Et le Zohar d’expliquer qu’il s’agit du feu de la dispute et de la colère. Cette idée peut-être rapprochée d’un enseignement des maximes des Pères que nous lisons ce Chabbath et qui affirme : « Ne te sépare pas de la communauté ».
Le Juif doit donc s’associer et participer à la vie de la communauté. Car c’est par l’union que la sainteté peut résider. Une fois, un enfant était en train d’apprendre à lire l’hébreu avec son Rav. Quand il en vint à la fin du verset et qu’il vit les deux points marquants la fin, il prononça le Nom de D., croyant que ce signe signifiait le Nom de D.. Son maître le reprit et lui expliqua : « Il est vrai que deux points peuvent aussi représenter le Nom de D.. Il s’agit des deux Youd (ayant la forme d’un point) qui sont l’un à côté de l’autre (??). Mais, les deux points verticaux (:) indiquent la fin du verset. En effet, le Youd symbolise le Juif (Yehoudi). Or, D. ne peut résider que lorsque les deux Youd sont l’un à côté de l’autre, lorsque les deux Juifs sont ensembles et unis. Mais, lorsque l’un est au-dessus de l’autre, lorsque l’un se croit supérieur et se sépare de son prochain, alors cela indique la fin et la catastrophe. » Ainsi, l’union du peuple Juif est le catalyseur de la sainteté divine.
C’est d’ailleurs pour cela que l’un des Noms de D. est Chalom, la paix. C’est d’ailleurs suite à l’invitation à la sainteté que l’on trouve la Mitsva d’aimer son prochain comme soi-même. L’union et l’harmonie peuvent avoir un autre apport important favorisant la sainteté et la pratique des Mitsvot. En effet, D. a ordonné, dans la Torah, 613 commandements. Or, il est bien sûr qu’une seul personne ne peut pas les réaliser toutes. C’est seulement lorsque le peuple Juif est uni, que les Mitsvot qu’un Juif accompli, peut être validé pour l’ensemble du peuple. C’est ainsi que l’on peut considérer que chaque Juif a accompli toutes les Mitsvot. Car, de façon globale, en associant les Mitsvot de tous les Juifs, on peut alors arriver à la réalisation de toutes les Mitsvot.
Mais, on peut voir encore autre chose dans le rassemblement de tous les Juifs. En effet, dans son commentaire sur le verset : « Soyez saints », qui fait suite à un chapitre traitant des lois des relations interdites, Rachi explique que, "Lorsque l'on trouve l'éloignement de l'impudicité, on trouve la notion de sainteté". Ainsi, la sainteté s’acquiert par la préservation et la retenue dans le domaine sexuel. Est saint celui qui préserve son alliance de la Milah (circoncision) et se garde de visions, pensées et actes impudiques. C’est ainsi que nos Sages affirment qu’une personne à qui se présente un spectacle impudique et qui ferme ses yeux, méritera de recevoir la Présence divine. C’est pourquoi cette appel à la sainteté devait être fait lorsque tout le peuple était rassemblé. En effet, lorsque se rassemble une foule de personne, il sera très aisé d'en arriver à de la légèreté. De fait, il sera nécessaire d'imposer des limites. Ainsi, il faudra alors veiller à établir une séparation entre hommes et femmes (malheureusement, cela se fait de moins en moins aujourd'hui).
Ainsi, puisque "ce passage a été dit devant toute l'assemblée", c'est à dire que tout le peuple était réuni, c'est pourquoi, il fallait imposer des séparations et il était nécessaire de déclarer : "Soyez saints", ce qui signifie "éloignez-vous de l'impudicité et de la luxure". C’est que le risque de dévier est le plus prononcé lors de rassemblement. Dans de telles circonstances, certaines femmes désireront découvrir leur corps, des hommes côtoieront des femmes mariées. Il est donc nécessaire de refreiner et d’ordonner « Soyez saints ».
C’est ainsi que le premier commandement qui suit l’ordre d’être saint, c’est de craindre ses parents. En effet, nos Maîtres enseignent qu’une personne qui aurait un désir de commettre la faute d’impudicité, voire même d’avoir des relations illicites, pourra se calmer en se représentant face à ses yeux l’image de son père.
C’est ainsi que le Midrash rapporte que lorsque la femme de Potifar insista auprès de Yosseph pour avoir une relation avec lui, un moment, Yosseph allait céder à la tentation. Alors, l’image de son père lui apparut, ce qui lui permit de résister. Mais, d’un autre côté, l’appel à la sainteté faite en public, devant tout le peuple, est aussi un encouragement et un espoir. En effet, cela montre que chaque Juif est capable d’atteindre la sainteté. De fait, nos Sages affirment que chaque homme a les moyens de devenir aussi saint que Moché, notre maître. Il n’y a donc pas lieu de désespérer.


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