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EMOR Les actes banals La Paracha de la semaine développe longuement le thème des fêtes de l’année : Pessa’h, Chavouot, Roch Hachana, Kippour et Soukot. Seulement, au milieu de ce passage, entre les fêtes de Chavouot et de Roch Hachana, on trouve le verset suivant : « Lorsque vous ferez la moisson dans votre terre, tu laisseras un coin de ton champ inachevé et tu ne ramasseras pas les glanes de ta moisson. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger. » Ces lois concernant la moisson consistant à laisser un coin du champ non moissonné et à laisser les glanes (épis de blé qui tomberaient lors de la moisson) pour les pauvres, sont introduites dans le passage traitant des fêtes. Pourtant, ces lois n’ont rien à voir avec les fêtes et concernent tous les jours où on ferait de la moisson. Ainsi, pourquoi la Thora introduit ces règles dans le passage des fêtes ? Cela paraît hors sujet ! A ce propos, Rachi explique que la Thora vient enseigner par là que tout celui qui laisse les glanes et le coin du champ pour les pauvres, c’est comme s’il avait construit le Temple et qu’il y avait offert des sacrifices. Malgré tout, cela demande réflexion. Pourquoi ces Mitsvot sont considérées comme l’offrande de sacrifices ? De plus, il est vrai que l’on apportait des sacrifices pendant les fêtes. Seulement, les fêtes n’étaient pas la seule occasion de sacrifice et la Thora contient bien d’autres passages ayant un contexte de sacrifice. Ainsi, pourquoi avoir choisi de places les lois de la moisson uniquement dans le contexte des fêtes ? D’autant plus que notre Paracha ne s’attache pas à traiter l’aspect des sacrifices des fêtes, mais plutôt l’aspect des Mitsvot ! On pourra comprendre cela à travers un passage du Talmud évoquant également les lois de la moisson. Nos Maîtres ont enseigné que lorsque un non Juif se présente pour se convertir, on le décourage, rappelant que les Juifs sont opprimés, haïs, souffrent… Si malgré tout il accepte de se convertir, on l’informe de certaines Mitsvot difficiles, certaines Mitsvot moins difficiles, et on l’informe sur la faute de celui qui ne donne pas les glanes ou ne réserve pas un coin de son champ pour les pauvres. Ceci demande réflexion. Pourquoi ne se contente-t-on pas de l’avertir sur les Mitsvot importantes ? S’il accepte les Mitsvot les plus dures, il est clair qu’il acceptera les plus faciles ! Ainsi, pourquoi l’avertir pour les Mitsvot faciles ? De plus, pourquoi spécifier les Mitsvot concernant les glanes et le coin du champ plus que toute autre Mitsvot ? L’explication de tout cela est la suivante. La vraie nature d’un homme ne s’exprime et ne se révèle pas tant par les grands actes et les œuvres prodigieux qu’il réalise. La Paracha de la semaine développe longuement le thème des fêtes de l’année : Pessa’h, Chavouot, Roch Hachana, Kippour et Soukot. Seulement, au milieu de ce passage, entre les fêtes de Chavouot et de Roch Hachana, on trouve le verset suivant : « Lorsque vous ferez la moisson dans votre terre, tu laisseras un coin de ton champ inachevé et tu ne ramasseras pas les glanes de ta moisson. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger. » Ces lois concernant la moisson consistant à laisser un coin du champ non moissonné et à laisser les glanes (épis de blé qui tomberaient lors de la moisson) pour les pauvres, sont introduites dans le passage traitant des fêtes. Pourtant, ces lois n’ont rien à voir avec les fêtes et concernent tous les jours où on ferait de la moisson. Ainsi, pourquoi la Thora introduit ces règles dans le passage des fêtes ? Cela paraît hors sujet ! A ce propos, Rachi explique que la Thora vient enseigner par là que tout celui qui laisse les glanes et le coin du champ pour les pauvres, c’est comme s’il avait construit le Temple et qu’il y avait offert des sacrifices. Malgré tout, cela demande réflexion. Pourquoi ces Mitsvot sont considérées comme l’offrande de sacrifices ? De plus, il est vrai que l’on apportait des sacrifices pendant les fêtes. Seulement, les fêtes n’étaient pas la seule occasion de sacrifice et la Thora contient bien d’autres passages ayant un contexte de sacrifice. Ainsi, pourquoi avoir choisi de places les lois de la moisson uniquement dans le contexte des fêtes ? D’autant plus que notre Paracha ne s’attache pas à traiter l’aspect des sacrifices des fêtes, mais plutôt l’aspect des Mitsvot ! On pourra comprendre cela à travers un passage du Talmud évoquant également les lois de la moisson. Nos Maîtres ont enseigné que lorsque un non Juif se présente pour se convertir, on le décourage, rappelant que les Juifs sont opprimés, haïs, souffrent… Si malgré tout il accepte de se convertir, on l’informe de certaines Mitsvot difficiles, certaines Mitsvot moins difficiles, et on l’informe sur la faute de celui qui ne donne pas les glanes ou ne réserve pas un coin de son champ pour les pauvres. Ceci demande réflexion. Pourquoi ne se contente-t-on pas de l’avertir sur les Mitsvot importantes ? S’il accepte les Mitsvot les plus dures, il est clair qu’il acceptera les plus faciles ! Ainsi, pourquoi l’avertir pour les Mitsvot faciles ? De plus, pourquoi spécifier les Mitsvot concernant les glanes et le coin du champ plus que toute autre Mitsvot ? L’explication de tout cela est la suivante. La vraie nature d’un homme ne s’exprime et ne se révèle pas tant par les grands actes et les œuvres prodigieux qu’il réalise. L’intériorité authentique d’une personne n’apparaît vraiment qu’à travers des actes qui n’ont apparemment pas de valeur ni d’importance. En effet, Quand quelqu’un réalise un acte important, lourd de conséquence, il a pu être transporté par l’élan de l’enthousiasme extérieur qui accompagne son acte. D’une part, la satisfaction de faire quelque chose d’héroïque, d’autre part, le respect qu’il va s’attirer par cette action, peuvent le pousser et lui donner des forces importantes pour réaliser cette œuvre. Ainsi par exemple, lors d’un appel de don pour des pauvres, les enchères peuvent monter très haut car il y a une émulation accompagnée d’une reconnaissance sociales qui peuvent mouvoir la surenchère. Ainsi, les grandes œuvres ne reflètent pas l’authenticité de la personne. La vrai personnalité d’un homme ne se reflète que dans les petites actions de la vie de tous les jours. Alors, l’homme est face à lui-même, entraîné par aucun moteur. Sa vraie nature peut alors s’exprimer de la façon la plus pure. Si malgré tout, son comportement reste exemplaire et sans faille, cela prouve qu’il a vraiment de la valeur. On peut désormais comprendre pourquoi le candidat à la conversion doit aussi être prêt à respecter les actes les plus simples. Car, les Mitsvot les plus lourdes et difficiles, qui exigent un sacrifice, sont accompagnées d’une stimulation propre à l’accomplissement des grandes œuvres. Par contre, il est plus dur de réaliser, avec la même sincérité et la même conviction, un acte banal et courant, dont personne ne sera au courant. Cependant, c’est bien dans ces petites actions que s’exprime toute la grandeur d’âme intérieure et profonde d’une personne. Malgré tout, que ce soit des grandes œuvres et des petites actions, ces deux catégories ont ceci en commun que ce sont des actions et qu’il faut donc être actif pour les réaliser. En ce sens, le fait même d’agir apporte une certaine stimulation. Même à travers des actions courants, l’homme a l’impression d’avoir fait quelque chose, et ce sentiment là peut déjà suffire pour encourager l’action. Seulement, il existe encore une autre catégorie de comportement qui ne bénéficie même pas de l’élan propre à toute action. Il s’agit des comportements où justement, on se prive d’agir, où on ne fait rien alors qu’on aurait pu et voulu faire. Apparemment, ne rien faire : il n’y a rien de plus simple ! Et pourtant… Se priver d’agir, résister à la tentation du faire, c’est réellement plus dur. Si une personne a une dette importante. L’argent revient de droit au prêteur. C’est son argent. Si malgré tout, il est prêt à y renoncer et à en faire cadeau à son emprunteur, cette aptitude est plus dure encore que de donner la même somme d’argent à un pauvre. Il est très dur de renoncer à réclamer une richesse ou une somme d’argent qui nous revient de droit. Car, dans le renoncement, il n’y a pas d’action active par définition. Il manque donc la stimulation extérieure qui guide l’action. Le Talmud affirme que celui qui vole ne serait-ce une toute petite somme d’argent à un non Juif, sera puni pour cela. Car, il n’est pas prêt à renoncer à son bien. Cela, bien que ce même non Juif sera peut-être prêt à donner de grandes sommes d’argent à des institutions caritatives. Car, rien n’est plus difficile que de renoncer à ses droits. C’est qu’à travers ce renoncement, on n’a pas l’impression d’avoir fait quelque chose, c’est une non action. Il n’y a donc pas de stimulation, contrairement à toute bonne action, et même les plus simples, qui bénéficient de l’encouragement de l’action. C’est pourquoi, après avoir averti le candidat à la conversion pour les actions, et même les plus simples, il faut ensuite l’avertir sur la Mitsva de la glane et du coin du champ. Car, cette Mitsva consiste en un renoncement de sa propriété, de quelques épis de blé, ou d’un coin de son champ. Ces lois exigent une non action : ne pas ramasser, ne pas moissonner. L’homme est naturellement tenté de reprendre ce qui est à lui. Ainsi, cela est l’épreuve finale du candidat à la conversion. Ce caractère là s’apparente à la notion de sacrifice que l’on apportait au Temple. L’homme qui apportait un sacrifice devait le faire dans un esprit de sacrifice intérieur. Un sacrifice de tous les intérêts personnels qui peuvent stimuler une action. Ce doit être un cadeau pur pour D. et pas pour répondre à un certain besoin de reconnaissance sociale ou une satisfaction personnelle propre à l’action. Cela s’apparente particulièrement aux lois de la moisson. L’homme n’a aucun profit personnel en les respectant, ni d’inspirer le respect ou la reconnaissance sociale, ni même une satisfaction, car ce n’est pas une action mais un renoncement. Celui qui parvient malgré tout à ne pas transgresser ces lois, serait considéré comme s’il avait offert un sacrifice pour D., qui est en fait un renoncement pour D.. Lors des jours de fête, l’homme ressent une élévation spirituelle, il est transporté par la sainteté de ces jours. Une personne plongée dans la sainteté des jours de Pessa’h et de Chavouot, un homme qui s’apprête à entamer le repentir des fêtes de Roch Hachana et de Kippour, risquerait de se tromper sur l’évaluation de sa réelle valeur. Il se peut que sont élévation soit en fait superficielle, puisant sa force de la satisfaction et de la grandeur des actions qu’il réalise et de la sainteté du jour. Dans cet entraînement et ce transport, il risque de négliger les actions simples, et encore plus ceux qui ne sont même pas des actions mais des renoncements. Or, la vraie valeur de l’homme transparaît justement dans la capacité à réaliser les préceptes tels que ceux de la moisson, qui ne procure aucune élévation superficielle, aucune stimulation extérieure. C’est pourquoi, la Thora introduit ces lois justement dans le contexte élevé et stimulant des fêtes, car ces dans ces ‘‘petits’’ préceptes là s’apparentant à ceux de la moisson, que se reflète la profondeur réelle de l’homme, une profondeur qui n’est pas surfaite pas des éléments extérieurs, mais qui est véritablement profonde, qui est naturelle. Le verset dit : « Tu aimeras l’Eternel ton D. de tout… ton âme ». Le Midrash en donne deux explications. D’une part, il s’agit d’accepter la mort pour sanctifier le Nom de D.. D’autre part, il s’agit de se comporter dans la vie quotidienne, de façon exemplaire, de sorte que les gens louent la valeur de ceux qui servent D.. Certes, à un moment précis, à un moment d’élévation, une personne est prête à faire une action héroïque et faire des choses qu’il n’aurait jamais fait ordinairement, jusqu’à même se sacrifier. Seulement, c’est précisément à travers un comportement exemplaire dans la vie quotidienne, dans les actes simples dont l’homme oublie l’importance, c’est là que s’exprime toute la grandeur de l’homme. Il est plus dur de sanctifier le Nom de D. dans sa vie, dans la vie de tous les jours, qu’à travers sa mort, en faisant preuve d’un courage exemplaire, se surpassant particulièrement, à un moment précis. Retour liste Haut de page |
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