Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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BEHAR
La Paracha de la semaine traite de la Chemita (jachère). Il s'agit de reposer la terre la septième année, après l'avoir travaillé les six années précédentes. La Torah introduit cette Mitsva en disant qu'elle a été édictée au mont Sinaï. A ce propos, tous les commentateurs s'interrogent. En effet, toute la Torah a été donnée au Mont Sinaï. De fait, pourquoi préciser particulièrement que celle-là l'a été ? A ce propos, de multiples explications sont proposées : - Le Midrash explique que lorsque les Juifs s'apprêtèrent à rentrer en Terre Sainte, la Torah s'est plaint devant D.. En effet, elle l'implora en lui disant qu'à présent que les Juifs sont sur leur terre, chacun irait travailler. La Manne ne tombant plus, il faudrait alors semer, labourer, moissonner… "Ainsi, que vais-je advenir ?" demanda-t-elle. Personne n'aura le temps de l'étudier. Alors D. lui expliqua qu'il donnera la Mitsva de la Chemita. Ainsi, pendant une année entière, personne n'aura le droit de travailler la terre. Les Juifs pourront alors se consacrer à l'étude de la Torah. De fait, d'après cela, la Mitsva de la Chemita n'a été donnée que pour se consacrer à la Torah, qui a été donnée sur le Mont Sinaï. C'est pourquoi, cette Mitsva a été associée au Sinaï. C'est que celle-ci, représentant la Torah, est l'explication de la Chemita. - La Mitsva de la Chemita permettait d'encrer dans le cœur de chacun que ce bas monde est constamment soumis à la Providence de D.. En effet, la gestion de la terre est soumise à la Volonté de D., Qui, malgré qu'on ne la travaille pas pendant une année, assure malgré tout Sa bénédiction et Sa Protection particulière. Cette Mitsva aboutissait ainsi à sortir du cœur des individus la fausse idée selon laquelle il n'est pas de l'honneur du Roi Supérieur, résidant dans les Cieux, que de s'occuper de ce bas monde. Bien au contraire, "c'est là où se trouve Sa grandeur que se trouve Son humilité". "Certes D. est élevé, mais il scrute ce qui est bas". La preuve la plus claire de cela est que D. a choisi le mont Sinaï pour y donner la Torah. En effet, cette montagne était la plus basse et la plus modeste de toutes, et c'est pourtant sur elle seule que D. a choisi d'y descendre pour donner la Torah. Cela prouve manifestement que D. s'occupe également de ce qui se trouve ici bas. Ainsi, le fait que D. ait choisi le Mont Sinaï est la preuve la plus claire qui justifie la Mitsva de la Chemita, qui vient enseigner que la Providence de D. est perpétuelle, et qu'Il s'occupe même de ce qui concerne la terre. - L'homme risquerait de penser que la Mitsva de la Chemita lui occasionnerait des pertes, puisque cette année, ni il sème, ni il récolte… En revanche, D. affirme qu'Il ordonnera à Sa bénédiction de se déverser sur celui qui respecte cette Mitsva. Ainsi, en plus du fait qu'il n'y aura pas de perte, cette année de jachère influera la bénédiction sur les six années à venir. C'est ainsi que la Chemita porte aussi le nom de Chabbath. C'est qu'à l'image du Chabbath qui influe la bénédiction aux six jours de la semaine, ainsi la Chemita bénit les six années suivantes. Cette idée selon laquelle l'arrêt et le manque entraîne un surplus et une bénédiction se retrouve également à propos du Mont Sinaï. En effet, alors que toutes les montagnes "se précipitèrent" et "firent de leur mieux" pour que la Torah soit donnée sur elles, le Mont Sinaï resta à part et ne fit absolument rien, comme le précise le Midrash. Or, c'est précisément pour cela qu'il mérita la bénédiction et la sainteté. Ainsi, à l'instar du Mont Sinaï qui n'a rien fait et que cela a entraîné sur lui la bénédiction, ainsi cette année de Chemita doit être une année où l'on ne fait rien (à l'époque le travail essentiel était celui de la terre), mais qui entraînera pourtant la bénédiction sur toutes les six autres années. - Nos Sages enseignent qu'avant le don de la Torah, il existait une "barrière" entre le ciel et la terre, entre le matériel et le spirituel. Ainsi, la sainteté s'opposait absolument à la matière et celle-ci ne pouvait donc pas encore s'imprégner de sainteté. Mais, lors du don de la Torah, "Moché monta vers D." et "D. descendit sur le Mont Sinaï". Ainsi, le bas et le haut se sont reliés et la séparation qui les opposait disparut ainsi. L'objectif fut alors d'élever la terre vers le ciel, dans la mesure du possible. C'est ainsi que D. ordonna des préceptes qui permettent de sanctifier la terre. Ces ordonnances peuvent être caractériser par la Mitsva de la Chemita. En effet, elle consistait à ne pas travailler la terre une fois tous les sept ans. C'est ainsi que l'on permet littéralement à la terre de se lier à la spiritualité. Les travaux de la terre cessent pendant la durée d'un an. Alors, la terre est en "Chabbath". De fait, la Mitsva de la Chemita caractérise parfaitement l'idée que la terre doit être liée au Ciel. Or, c'est bien au Mont Sinaï qu'a été introduit cette idée, lorsque Moché y est monté et que D. y est descendu.


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