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CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
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KORAH L'honneur rend aveugle La Paracha de la semaine relate comment Kora’h a regroupé autour de lui 250 personnes importantes du peuple et a réussi à s’opposer à Moché et Aharon. Il est rentré en confrontation contre les chefs d’Israël, argumentant que puisque tout le peuple est saint, on n’a pas besoin de chef. Mais, nos Maîtres rapportent qu’en réalité ils ont remis en cause l’authenticité des chefs. Kora’h s’est battu pour montré que Moché est un menteur, ce qu’à D. ne plaise, et que c’est lui qui a inventé toute la Thora. Par là, il a renié la véracité de Moché et de sa Thora. C’est pourquoi, nos Maîtres enseignent que depuis le jour où l’assemblée de Kora’h a été engloutie par la terre, ils sont condamnés à dire à chaque début de mois la phrase suivante : « Moché est vérité et sa Thora est vérité ». C’est parce que Kora’h est son assemblée se sont opposés à Moché et sa Thora. Mais, s’ils ont contesté la vérité de la Thora et de Moché, on trouve dans les versets qu’en fait, Kora’h a surtout revendiqué la prêtrise. Lui, qui n’était que Levi, voulait en plus être Cohen. Le Midrach rapporte qu’ils prétendaient que Moché aurait choisi son frère Aharon en tant que Cohen parce qu’il voulait choisir un proche. Ainsi, Kora’h n’a pas compris pourquoi il n’était pas lui aussi Cohen. Et bien que l’essentiel de la réclamation de Kora’h soit contre Aharon et sa prêtrise et, occasionnellement, contre Moché et sa Thora, malgré tout le repentir de Kora’h ne consiste qu’à dire que « Moché est vérité et sa Thora est vérité » et non que « Aharon est vérité et sa prêtrise est vérité ». De là on voit que finalement, plus en profondeur, c’était surtout contre Moché et sa Thora que Kora’h s’est surtout opposé. Comment le comprendre ? C’est parce qu’au-delà du prétexte de son opposition contre la prêtrise, la faute de Kora'h a surtout d’être entrer en divergence et d’avoir fait des disputes. La dispute en soi est plus grave que toutes les raisons de la dispute. Le contenu d’une dispute n'est qu'accessoire. C'est pourquoi, nos Sages déduise la gravité de la dispute en générale en se basant sur celle de Kora'h. Car, ce n’était pas tant la gravité de ses revendications que la gravité de l’opposition en soi. Or, « La Thora n'a été donnée que pour instaurer la paix dans le monde ». Avant le don de la Thora, la matérialité et la spiritualité étaient diamétralement opposées. Le don de la Torah opéra la "paix" entre ces deux éléments. En entrant en divergence, Kora'h porta donc atteinte essentiellement à la Thora et à Moché, celui qui la transmit. Malgré tout, il faut essayer de comprendre qu’est-ce qui a motivé Kora’h et l’a conduit à une telle chute. En effet, lorsque Kora’h prétendait que toute l’assemblée est sainte, il était sérieux. Kora’h et ses hommes étaient en réalité à un haut niveau spirituel. Nos Sages racontent qu’au départ, un certain One fils de Pelet faisait partie du groupe de Kora’h. Mais que la femme de One, sentant que si son mari se joignait à Kora’h, il était perdu, elle décida d’intervenir. Elle donna du vin à son mari. Alors, celui-ci s’en alla dormir. Profitant de cela, sa femme se mit à l’entrée de la porte et découvrit ses cheveux, attendant que l’assemblée de Kora’h viennent chercher son mari. Lorsqu’ils passèrent chez One pour le chercher et qu’ils virent la femme aux cheveux découverts, ils s’en allèrent, ne voulant pas pénétrer cette tente. C’est ainsi qu’elle sauva son mari. Mais cette histoire montre aussi leur haut niveau spirituel et leur grande valeur. Ce n’étaient pas des gens de peu de valeur. Ils refusèrent d’être confrontés à une femme aux cheveux découverts ! Mais alors, comment en vinrent-ils à tout renier ? Nos Sages rapportent qu’en fait, Kora’h s’est senti quelque peu blessé dans son amour propre. Voyant qu’on ne lui accorde pas l’honneur qu’il pensait mériter, il en fut révolté et ce désir de reconnaissance et de respect l’a aveuglé. Il se sentait important et ne supportait pas se sentir mépriser et mis à l’écart. Car une personne se sentant frustré au niveau de son honneur et se sentant mis à l’écart alors qu’il pense être à la hauteur, peut en arriver à perdre sa raison et être aveuglé, même s’il est en réalité, très élevé. Plusieurs exemples peuvent illustrer ce principe. Prenons celui de Jéroboam, qui fut roi d’Israël. Malgré toutes ses fautes et ses écarts, le Talmud rapporte que D. l’a attrapé par son vêtement et lui a dit : « Repents-toi ! Et si tu te repends, alors Moi, toi et le roi David allons nous promener ensemble au paradis. Alors, Jéroboam demanda : « Et qui va être en tête ? » D. lui répondit que ce sera David. Entendant cela, Jéroboam répliqua : « S’il en est ainsi, ça ne m’intéresse pas ! » Le fait même que Jéroboam mérite d’entendre la Voix de D. lui disant de se repentir prouve que malgré ses fautes, il était quand même très élevé. Et en plus, D. lui dit : « Moi, toi et le roi David allons nous promener ensemble au paradis ». Dans cette phrase, ‘‘toi’’ se trouve avant le roi David. C'est-à-dire qu’en fait, D. proposa à Jéroboam de marcher avant le roi David. Et malgré tout, Jéroboam insiste et demande : « Qui va marcher en tête ? » C'est-à-dire qu’il voulait maintenant entendre plus explicitement que D. lui dise qu’il sera en tête et jouira de plus d’honneur que David. Quand D. a vu l’insistance de Jéroboam, son effronterie et sa recherche effréné des honneurs, Il lui dit alors que ce sera David qui sera en tête. Et, ne pouvant renoncer à ses honneurs, Jéroboam a tout perdu. Il a perdu le mérite d’aller au paradis. Telle est la conséquence du désir des honneurs. L’homme s’en trouve aveuglé. Il perd toute la valeur des choses. Il en était de même pour Kora’h. Malgré sa grandeur, il a atteint la plus grande petitesse à cause du désir d’être honoré et de sa frustration de ne pas l’être assez. Kora’h en vint à s’opposer à Moché et Aharon, a renié la véracité de Moché et de sa Thora, disant que Moché a inventé la Thora pour son honneur. Le Midrash explique comment il en est venu à renier la Thora. Il s’approcha de Moché et lui dit : « Un vêtement tout entier en bleu azur a-t-il besoin qu’on lui mette des Tsitsit (franges) ? » Moché lui répondit que oui. Alors Kora’h reprit : « Si déjà un vêtement tout de bleu azur ne suffit pas pour s’acquitter, comment voulez-vous que quatre fils de bleu azur acquittent le vêtement ? » Puis Kora’h poursuivit : « Une maison remplie de livres de Thora serait-elle dispensée d’une Mezouza ? » Moché répondit qu’on doit quand même y poser la Mezouza. Alors, Kora’h rétorqua : « Si déjà tous les livres contenant toute la Thora ne dispense pas la maison, comment une Mezouza ne contenant que deux paragraphes de la Thora pourrait dispenser la maison ? » C’est alors que Kora’h tourna en ridicule la Thora et convainquit son groupe avec lui-même, que de telles lois ne pouvaient pas avoir été reçues par D. et que c’est Moché qui a tout inventé. C’est ainsi que Kora’h en vint à tout renié. Mais là aussi, on voit combien Kora’h a été aveuglé par son amour propre. Il est clair que Kora’h ne pouvait pas raisonner logiquement. Car si, comme il le prétendait, Moché avait vraiment tout inventé et que la Thora était son invention (ce qu’à D. ne plaise), cela prouve que Moché devait être vraiment très intelligent pour mettre en place un système de loi cohérent et si complexe. Un simple d’esprit n’aurait jamais pu inventer de telles lois. Ainsi, si Moché avait vraiment inventé la Thora, cela prouve qu’il était spécialement intelligent. De fait, comment un être si intelligent pourrait ‘‘inventer’’ des lois telles que les Tsitsit et la Mezouza qui lui ferait perdre tout crédit et qui serait tourné en dérision, comme ce fut le cas. Si Moché avait inventé la Thora, alors lorsque Kora’h lui a posé ces questions, il aurait alors répondu de façon à éviter la moquerie. Et si malgré tout, il a répondu comme il l’a fait, cela prouve que ce n’est pas lui qui a tout inventé et que tout ce qu’il dit lui provient de D. et que c’est pour cela qu’il ne pouvait rien déformer. Mais Kora’h, aveuglé par son amour propre, n’est pas capable de faire ce petit raisonnement et discrédite d’emblée Moché, car ça lui arrange bien d’interpréter les choses comme cela. De là, on voie les conséquences de l’orgueil. Une personne qui recherche les honneurs se sentira frustré quand il sentira n’avoir pas été assez honoré. Et même s’il est vraiment de valeur, cette frustration lui fera perdre tout bon sens et il pourra même en venir à tout renier. Tel a été le cas pour Kora’h. Toute sa grandeur et son intelligence n’a pas pu le sauvé de sa perte. Nos Sages, qui ont su percer ce secret de la personnalité humaine, ont fixé que : « la jalousie, le désir et la recherche des honneurs, expulsent l’homme de ce monde ». Quelle est la faute de Kora'h? La Sidra de la semaine évoque l'opposition de Kora'h sur Moché et Aharon. Celui-ci réunit autour de lui 250 personnes qui l'accompagnèrent dans son opposition. Il n'admettait pas l'existence d'une hiérarchie au sein du peuple Juif. Selon lui, "tous les membres de l'assemblée sont saints". De fait, il ne devrait pas y avoir de chef. On peut ici s'interroger. En effet, depuis la sortie d'Egypte, Moché s'était révélé comme étant le guide du peuple d'Israël. Personne ne remettait cela en cause. Pourquoi est-ce seulement à présent que Kora'h éveille le doute parmi la communauté? En fait, avant l'expédition des explorateurs, tous admettaient effectivement l'autorité de Moché. C'est seulement après que s'opéra un changement. C'est ce que nous montrerons. En effet, dans le désert, les Juifs vivaient miraculeusement. Ils étaient entourés par des nuées, bénéficiaient de la manne et du puits de Myriam. Ils pouvaient donc se libérer des contingences matérielles et se consacrer pleinement à l'étude de la Torah. De fait, les explorateurs prétendaient que le but dans la vie est de se déconnecter de la matière. C’est pourquoi, ils préférèrent rester dans le désert, loin du matériel. Mais, ils se sont trompés. Moché leur expliqua que l'essentiel est en fait l'action. La perfection doit être atteinte en Terre Sainte, en accomplissant concrètement les commandements. De fait, il faut progresser du domaine de l'étude à celui de l'action. La différence entre ces deux niveaux est la suivante. Lorsqu'un homme étudie la Torah, la compréhension du texte est nécessaire. Or, tous n'appréhendent pas un sujet de la même façon. Certains sont capables de comprendre plus et d'autres moins. Chacun étudie la Torah en fonction de ses aptitudes. A l'opposé, lorsque l'on accomplit des Mitsvot concrètes, tous sont alors classés sur un même plan. En effet, Moché mettait les Tefilin exactement comme les mettait un homme simple. Il existe, certes, des intentions particulières à chaque Mitsva et chaque individu possède une ferveur qui lui est propre. Mais, toujours est-il que dans l'application de la Mitsva, tous sont comparables. Kora'h savait bien que Moché était très élevé et que sa compréhension dans l'étude de la Torah dépassait de loin celle du reste du peuple. C'est pourquoi, il n'a pas trouvé d'argument pour se plaindre à Moché et l'accuser de se surélever par rapport au peuple. Mais, lorsque les explorateurs fautèrent et que Moché leur expliqua que c’est l'action qui est primordiale, Kora'h trouva alors son mot à dire. En effet, quelle est la supériorité de Moché ? N'est-ce pas que "toute la communauté est composée d'hommes Saints ?" Tous accomplissent exactement les mêmes Mitsvot ! C'est donc seulement après la faute des explorateurs que Kora'h a pu exposer son opposition. Moché lui répondit alors : "(Demain) matin, D. fera connaître celui qu'Il a élu." Moché lui a laissé un certain temps pour se repentir. Mais pourquoi précisément jusqu'au matin ? En fait, Moché lui expliqua par allusion que l'accomplissement des Mitsvot doit être comparable au "matin". Les Mitsvot doivent éclairer. De plus, les Mitsvot doivent conduire à la connaissance de D. et à la révélation de la Divinité dans le monde. Ces deux critères dans l'accomplissement des Mitsvot se retrouvent en allusion dans la réponse de Moché qui se traduit littéralement ainsi : "matin et fera connaître D." Il est vrai qu'il est possible d'accomplir les Mitsvot sans ferveur, mais, de tels actes n'éclairent pas comme le matin, de tels actes n'aboutissent pas à la connaissance et au dévoilement de D.. Selon ce point de vue, tout le monde n’est pas égal et donc Moché est le plus élevé. Ceci permettra de comprendre un Midrash très curieux à première vue. Ce Midrash demande : "Qu'est-ce que Kora'h a-t-il vu pour s'opposer à Moché et Aharon ?" La réponse rapportée est qu'il a vu la vache rousse. Comment comprendre un tel enseiggnement ? En fait, après que les Juifs firent le veau d'or, Moché prit leur défense devant D.. Il argumenta : "Lorsque Tu as dit : Je suis l'Eternel ton D., Tu t'es exprimé au singulier. Ainsi, c'était seulement à moi que tu parlais et non à tout le peuple Juif. Ainsi, lorsqu'ils firent le veau d'or, ils n'ont pas vraiment transgressé Ta Parole." Cette argument fut accepté. Mais alors, Kora'h vint en affirmant : "Tout le peuple est saint", c'est à dire, comme l'explique Rachi, "on a tous entendu les dix paroles au mont Sinaï. Ainsi, Kora'h a détruit toute la force de l'argument salvateur de Moché. C'est à ce propos que le Midrash demande : "Qu'est-ce que Kora'h a vu ?" Qu'est-ce qui l'a poussé à affirmer ses dires qui remirent en cause l'argument défenseur de Moché ? C'est pourquoi, on répond qu'il a vu la vache rousse. En effet, la vache rousse permet d'apporter réparation au veau d'or, comme l'expliquent nos Sages. Ainsi, lorsque Kora'h vit que la faute du veau d'or peut être réparer, il n'a plus craint affirmer ses propos. En effet, même s'il remet ainsi en cause la défense de Moché pour le veau d'or, cette faute pourrait néanmoins être réparée par la vache rousse. Un autre Midrash permettra de montrer que l’argument de Kora’h était que tous soient au même niveau. La Guemara (Nedarim 39) raconte qu'au moment où Kora'h et son assemblée se dressèrent contre Moché, le Soleil et la Lune dirent devant D. : "Maître du monde ! Si tu rends Justice à Moché, nous continuerons à éclairer,sinon, nous cesserons de le faire". Apparemment, pourquoi le Soleil et la Lune ont-ils plaidé en faveur de Moché ? En fait, il est connu qu'au début de la création du monde, le Soleil et la Lune étaient identiques. La Lune se présenta alors devant D. avec l'argument : "Deux rois peuvent-ils porter une même couronne ?" D. lui répondit : "Va et diminue-toi." On peut déduire de cela que D. a accepté que deux créatures ne puissent pas être identiques. L'un doit forcément être grand et l'autre plus petit. Cette règle concerne également les Justes. Certains sont élevés, d'autres le sont moins. Lorsque Kora'h est venu et a renié un tel fondement, en disant : "Toute la communauté est composée d'hommes Saints", tous sont situés à un même niveau, par de tels propos, il signifia que deux rois peuvent effectivement porter la même couronne. De fait, le Soleil et la Lune se présentèrent devant D. et dirent : "Si tu ne rends pas Justice à Moché, nous cesserons d'éclairer." C'est à dire que si ceux qui s'opposent à Moché ne sont pas punis, il faut en déduire que leurs arguments sont valables. Si tel est le cas, pourquoi alors le Soleil et la Lune ne pourraient-ils pas non plus se ressembler ?!? A propos du monde futur, il est écrit: "la lumière de la Lune sera égale à celle du Soleil." De fait, les propos de Kora'h sont bien exacts mais pas dans ce monde. Tout ceci délivre un enseignement concernant le Service de D.. En effet, chacun doit assumer pleinement la responsabilité qui lui est propre sans rechercher la supériorité de celle des autres. Chacun doit conserver sa place sans envier celle d'autrui. En effet, D. fournit, à chacun, la force d'y parvenir. De même qu'il paraît déplacé pour un maçon, par exemple, de désirer le couteau du boucher, il est tout aussi insensé d'envier les biens et la situation de son prochain. En effet, D. donne à chacun ce dont il a besoin. Il est donc déplacé de vouloir être à la place d'un autre. Si D. nous a mis à la place où nous nous trouvons, c'est que nous devons assurément assumer les responsabilités qui sont les nôtres. De fait, il faut se satisfaire de ce que nous possédons, car ce que nous ne possédons pas est inutile, par rapport à notre niveau. Celui qui le possède, par contre, en a besoin par rapport à son niveau. Or, les besoins et le niveau d'une personne ne sont pas les mêmes que ceux de son ami. Envier sa situation est donc pur artifice. C'est que "deux rois ne peuvent pas porter la même couronne" ! Retour liste Haut de page |
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