|
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY 9 rue de Pontoise 95160 Montmorency - tél: 01 34 12 92 46 (dimanche matin) |
![]() |
||||||||||||||
|
|
PINHAS La Paracha de Pin’has débute par le récit de l’acte de Pin’has qui « a vengé la vengeance de D. » Lorsqu’il vit que Zimri fils de Salou, chef de la tribu de Chimon, s’est débauché avec Kozbi fille de Tsour, une princesse de Midian, une non juive, aux yeux de tous, il fut pris de ‘‘jalousie’’ pour l’honneur de D.. Ainsi, il se saisit de sa lance et transperça ses deux personnes, provoquant leur mort. Cet acte héroïque eut pour effet l’arrêt de l’épidémie qui s’est abattu dans le peuple à cause de la débauche du peuple, qui a décimée vingt-quatre mille personnes. La Guemara recense six miracles qui se sont réalisés pour Pin’has, lors de son intervention. L’un d’entre eux était que lorsque Zimri se sentait menacé par Pin’has, il aurait pu implorer l’aide de sa tribu pour le sauver de la mort. Pin’has aurait alors été rapidement maîtrisé. Mais, miraculeusement, Zimri n’a rien demandé et a laissé faire Pin’has sans rien dire, ce qui est bien sûr un miracle. Ce qui est encore plus remarquable, c’est que même après que Pin’has ait tué Zimri le chef de la tribu de Chimon, les membres de sa tribu n’ont même pas essayé de le venger. Ils sont restés impassibles, sans aucune réaction ou émotion. Ils n’ont rien tenté de faire pour venger leur chef. Et là, il y a lieu de s’interroger. Qu’est-ce qui a pu entraîner cette absence de réaction de la tribu de Chimon face à l’acte de Pin’has ? Pour le comprendre, rapportons un Midrash qui relate qu’un certain colporteur faisait le tour des villes environnant Tsipori, et il déclarait : « Qui est-ce qui veut acquérir un élixir de vie ? » Lorsque les gens entendirent que cette personne leur proposait une potion assurant la vie, ils s’intéressèrent et se mirent tout autour de lui. Rabbi Yanaï lui aussi, s’approcha du colporteur et lui demanda de le lui vendre. Mais, le vendeur lui expliqua que les gens tels que Rabbi Yanaï n’en ont pas besoin. Comme le Rav insista, le colporteur accepta de donner suite à sa demande. C’est alors qu’il sortit le livre des Psaumes et lui montra le verset qui dit : « Qui est celui qui désire la vie ? » Qu’est-il dit juste après ? Le verset poursuit : « Préserve ta langue pour ne pas dire du mal ! » En entendant cela, Rabbi Yanaï remarqua : « Toute ma vie, je lisais ce verset des psaumes et je ne savais pas ce qu’il signifiait vraiment, jusqu’à ce que j’ai rencontré ce colporteur ». Apparemment, le constat final de Rabbi Yanaï est difficile à comprendre. En effet, ce Rav connaissait bien sûr ce verset des psaumes que le colporteur lui a montré. S’il en est ainsi, qu’est-ce que ce dernier lui a appris de plus. A première vue, on dirait qu’il n’a fait que lui relire ce verset, sans plus. Comment se fait-il donc que Rabbi Yanaï révèle que c’est le colporteur qui lui a montré la signification du verset ? Apparemment, ce colporteur n’a rien fait d’autre que de lui lire le verset, sans apporter aucune explication supplémentaire ! En fait, lorsque le colporteur a lu le verset, il y a introduit de la vitalité. Il a permis à ceux qui l’écoutaient, de percevoir toute la vérité du verset. En effet, un colporteur c’est quelqu’un qui, par définition, passe d’une ville à l’autre, pour vendre sa marchandise. Et dans ses déplacements, il entend diverses nouvelles. Ainsi, cette personne a pu ressentir dans sa propre chair les conséquences néfastes de la médisance. En tant que colporteur, il a su expérimenter les conséquences du colportage et de ce qui lui ressemble, c'est-à-dire la médisance. Lorsque cet homme a proclamé les mots : « Préserve ta langue pour ne pas dire du mal », il parlait en toute connaissance de cause. Il a intégré dans toute sa personnalité la nocivité de la médisance et il en était convaincu. Il pouvait en parler avec une profonde sincérité. De tels propos, prononcés avec tant de conviction, ont impressionné Rabbi Yanaï et lui ont permis de voir ce qu’il n’avait jamais encore vu toutes les autres fois qu’il avait lu ces mêmes versets. Le colporteur, par rapport à son expérience personnelle, a intériorisé la gravité de la médisance, et la nécessité de s’en écarter s’est ressentie dans ses propos. Il en ressort qu’une même parole peut avoir une toute autre dimension en fonction de celui qui la prononce. Celui qui parle avec sincérité, conviction, expérience, authenticité,…, aura infiniment plus d’effet dans ses propos qu’un autre. Les Maximes des Pères enseignent : « Chemouel Hakatan disait : Quand tes ennemis tombent, ne t’en réjouis pas. Lorsqu’ils trébuchent, ne jubile pas. De peur que D. voie cela et que ça lui déplaise et il écartera de lui sa colère. » Apparemment, cet enseignement de Chemouel Hakatan est très étonnant. En effet, il ne fait que citer deux versets des Proverbes de Salomon au chapitre 24, versets 17, 18. Ainsi, comment peut-on les rapporter en son nom, alors qu’il n’en est nullement l’auteur ? D’autant plus qu’il n’apporte aucune explication ni aucune précision à ces versets ! En fait, la Guemara enseigne que c’est justement ce même Chemouel Hakatan, qui a institué la 19ème bénédiction de la Amida, celle qui parle du châtiment des renégats et des méchants. En fait, seul lui pouvait l’instituer. Car cette bénédiction ne devait pas avoir un but de se venger des impies ou quelconque intention de ce type. Le seul objectif de cette bénédiction devait être de prier pour éviter la profanation du Nom de D. provoquée par les impies. Mais, il y avait quand même un risque que ce texte soit rédigé avec une infime intention d’intéressement, de tirer une certaine satisfaction personnelle de la chute des méchants. C’est pourquoi, l’auteur de ce texte devait être sûr de le faire dans un esprit totalement pur et sincère, pour le Nom de D.. Et seul Chemouel Hakatan se savait être capable de cela. Lui qui disait : « lorsque tes ennemis tombent, ne t’en réjouis pas. Lorsqu’ils trébuchent, ne jubile pas… ». Lorsqu’il prononçait ces mots, tous ceux qui l’écoutaient en étaient convaincus. Ils ressentaient la vérité de ces paroles, comme ce fut le cas de Chemouel Hakatan. Celui-ci les prononçait avec tous ses membres, tous ses nerfs, toute sa personne. En fait, c’est lui qui les disait, même qu’il n’en était pas vraiment l’auteur. Car il avait intériorisé pleinement l’enseignement. Et ceux qui l’écoutaient parler en étaient aussi convaincus. La Guemara rapporte aussi un autre récit. Lorsque Rabban Gamliel était le chef d’Israël, il a proclamé que « tout disciple qui n’ait pas aussi pur à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui, ne pénètre pas la maison d’étude ». Lorsque Rabban Gamliel quitta sa place et que ce fut Rabbi Elazar Ben Azaria qui le remplaça, ce jour là, on enleva le gardien de la porte, celui qui veillait à ne laisser entrer que les gens authentiques. De ce fait, on ajouta de nombreux bancs dans la salle. Seulement, cela paraît surprenant. Qui était vraiment ce gardien de la porte ? Etait-il doué d’inspiration divine pour savoir qui est celui qui peut entrer et qui ne peut pas entrer, c'est-à-dire qui est authentique et qui ne l’est pas ? Comment pouvait-il sonder le cœur des élèves pour savoir qui fallait-il laisser entrer ? Seul D. peut savoir une telle chose, mais pas un être humain ! En fait, Rabbi Tsadok Hacohen explique qu’en réalité, le gardien de la porte n’était autre que l’annonce de Rabban Gamliel. Lorsque Rabban Gamliel a annoncé que « tout disciple qui n’ait pas aussi pur à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui, ne pénètre pas la maison d’étude », il l’a dit avec tant de conviction et d’authenticité, il l’a prononcé avec toutes les fibres de son cœur, et cela a donc pu impressionner tous ceux qui l’ont entendu. Cela, à tel point que tout celui qui ne répondait pas à cette condition ne pouvait plus pénétrer la maison d’étude. Il en était de même pour Pin’has. Lorsqu’il est venu avec toute sa sincérité et sa ‘‘jalousie’’ pour l’honneur de D., et qu’il a tué les pêcheurs, il a agi avec tant de conviction et d’authenticité qu’il a laissé une forte impression dans toute la tribu de Chimon. C’est ainsi qu’ils restèrent sans réaction, car ils ont commencé à se repentir. Ils ne pouvaient pas réagir contre Pin’has, car celui-ci les a marqué par l’intégrité de son acte et ils se sont repentis. Le verset en témoigne : « Il vengea Ma vengeance à l’intérieur d’eux », son acte s’imprégna à l’intérieur de la tribu de Chimon, à tel point qu’ils en furent eux aussi convaincus. Nos Maîtres enseignent que les paroles qui sortent du cœur entre dans le cœur. Et toute personne qui a la crainte du Ciel, ses paroles sont écoutées. Il laisse une forte impression et une grande influence dans l’auditoire. Ses propos ne sont jamais vains. C’est aussi ce qui fait la différence entre des propos qui s’envolent et des enseignements qui restent et qui marquent les esprits et les cœurs. Tout dépend de celui qui les rapporte. Pour conclure, on raconte que le Rabbi de Kotsk laissait toujours sa maison ouverte. Les objets de valeur étaient exposés sur les meubles. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il ne protègerait pas sa maison et qu’il ne craignait pas les voleurs, il répondit : « Comment peut-on voler, il est donc écrit dans la Thora : ‘‘Vous ne volerez point’’ » Le Rabbi de Gour, qui assista à cette discussion, ajouta : « Quand j’entendis la voix tonnante du Rabbi de Kotsk, je ressentis réellement que personne ne peut donc rien voler au monde puisque la Thora l’interdit. Retour liste Haut de page |
||||||||||||||