Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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DEVARIM
La Paracha de Devarim introduit le cinquième livre de la Torah, que l'on nomme le "Michné Torah" (double de la Torah). En effet, avant sa mort, Moché a résumé la Torah pour la génération qui s'apprêtait à entrer en Terre Sainte. Ce livre est constitué de trois parties. La première englobe les remontrances que Moché adressa au peuple Juif. La seconde rappelle les différentes Mitsvot qu'on est tenu d'appliquer. Enfin, la dernière partie évoque d'une part, les bénédictions pour ceux qui respecteraient la Torah et d'autre part, les malédictions pour ceux qui seraient indifférents à la Parole de D. De plus, la Paracha de Devarim tombe chaque année la semaine qui précède le neuf Av. On l'appelle également "Chabbath 'Hazon", en référence à la Haftara qui y est lue. De fait, il faut comprendre la relation entre le contenu du Chabbath 'Hazon et celui de la Paracha de Devarim. Pour cela, il est nécessaire de rappeler l'explication de Rabbi Levi Yts'hak de Berditchev concernant Chabbath 'Hazon. Il affirme, en effet, que, durant ce Chabbath, on peut obtenir la vision (en hébreu : 'Hazon) du troisième Temple. Néanmoins, on ne peut alors observer le Temple qu'à distance. En effet, le mot " 'Hazon" fait référence à une vision éloignée. D'autre part, la Paracha de Devarim ne fut adressée qu'à la génération qui entrait en Israël et non à celle du désert. La différence entre ces deux générations est la suivante. La génération du désert était pleine de sagesse et possédait un niveau lié à celui de Moché, qui eut la vision de la Divinité. En revanche, la génération qui allait monter en Israël, entra en contact avec la matière du monde et, de ce fait, elle ne pouvait, à proprement parler, percevoir le Divin. Elle ne fit que "entendre" Sa présence, ainsi qu'il est dit : "Maintenant, Israël, écoute". La différence entre la vision et l'audition est la suivante. La première transcende tout obstacle. Celui qui a vu de ses yeux ne connaîtra jamais le doute. Ce qu'il aura observé restera définitivement acquis. A l'opposé, celui qui entend, même s'il comprend, peut ensuite remettre en cause ce qu'il a perçu, surtout lorsqu'une forte interrogation est soulevée devant lui. On peut en conclure qu'avant même l'apparition de cette objection, sa perception était déjà limitée. De fait, la génération qui entrait en Israël fut plus basse que celle du désert, car elle était réduite à "l'audition" de la Divinité. Malgré tout, elle possédait une qualité que celle qui la précédait n'avait pas. En effet, il fut dit à la génération du désert : "Vous n'êtes pas parvenu, jusqu'à maintenant, au repos et à l'héritage", c'est à dire "à Shilo et à Jérusalem". C'est seulement après l'entrée en Eretz Israël que le peuple accéda à ces villes, en construisant le Temple. En d'autres termes, c'est précisément la chute que provoqua le contact renouvelé avec la matière, qui permit à la nouvelle génération de réaliser la finalité ultime et de bâtir "le repos et l'héritage". Cela ne pouvait être fait qu'en entrant en Israël, et par-là même, en entrant en contact avec la matière. De ce point de vue, le Chabbath de la Paracha de Devarim, qui introduit le Michné Torah, réunit deux éléments opposés. Il marque une chute considérable et, précisément grâce à celle-ci, il conduit vers l'élévation véritable. Il en est de même pour le Chabbath 'Hazon, présentant également deux aspects opposés. En effet, ce Chabbath appartient à la semaine précédant le neuf Av, date de la destruction du Temple. Mais, par ailleurs, il introduit, grâce à cette immense chute, le sommet de l'élévation, comme le soulignait Rabbi Levi Yts'hak de Berditchev. Et, c'est alors qu'on peut observer ('Hazon) le troisième Temple, plus élevé que les précédants et qui sera bâti très bientôt par notre Juste Machia'h. Il est possible de rajouter une explication à propos de la période de deuil séparant le 17 Tamouz du neuf Av. Il est dit dans notre Paracha : "Vous traversez la frontière de vos frères, fils de Essav, résidant à Séïr, ils vous craindront, mais vous serez très vigilants. Ne les attaquez pas car je ne vous donnerai pas leur terre…". Le Ben Ich 'Hay explique ce verset d'après les propos de nos Sages selon lesquels, notre père Yaacov a hérité des mois de Nissan, Iyar et Sivan. Essav, quant à lui, a pris les mois de Tamouz, Av et Elloul. Mais, Yaacov s'est renforcé sur son frère et lui a dérobé le mois de Elloul. De fait, il ne reste à Essav que les mois de Tamouz et de Av. C'est pourquoi, dans ces mois, Essav a pris le pouvoir et a causé beaucoup de souffrance au peuple Juif. Malgré tout, après la venue du Machia'h, Israël s'appropriera également de ces deux mois, qui deviendront alors des jours de joie et d'allégresse pour les juifs. C'est à cela que fait allusion le verset : "Vous traversez le territoire de vos frères, fils de Essav", c'est à dire que Yaacov a dérobé le mois de Elloul qui appartenait alors à Essav. De fait, "ils vous craindront". C'est pourquoi, il est nécessaire dans ce mois, d'être vigilant et de se méfier du mauvais penchant, pour ne pas que Essav se renforce. Seulement, "ne les attaquez pas, car Je ne vous donnerai pas leur terre". En effet, les terres de Essav, symbolisant les mois de Tamouz et de Av, ne peuvent pas être "conquises". C'est seulement après la venue du Machia'h qu'il sera possible de se les approprier. Ainsi, à présent, nous devons espérer que vienne le jour, où nous pourrons nous procurer les mois de Tamouz et de Av, qui deviendront alors des jours de joie pour les Juifs. De plus, le "Beith 'Oved" enseigne que les douze mois de l'année correspondent aux lettres du Nom "???????". En effet, lorsque chaque lettre de ce Nom est écrit en entier, il y a alors les douze lettres: "?????????????????????????????". Ainsi, le mois de Nissan correspond à la lettre??, le mois de Iyar correspond à la lettre ??… Le mois de Tamouz correspond donc à la lettre ? et le mois de Av correspond à la lettre ?. Ainsi, les deux mois de Tamouz et de Av correspondent aux deux lettres ??et ?, ce qui forme le mot ???(pauvre). En effet, ces deux mois sont "pauvres", car nombre de catastrophes s'y sont produits. Nos Sages enseignent que lorsque les explorateurs firent leur rapport négatif de la Terre Sainte, c'était un neuf Av. La Torah dit alors que "toute la communauté se jeta en pleurs". Ils supplièrent Moché pour ne pas entrer en Israël. D. dit alors: "Puisque vous avez pleuré pour rien ce jour là, alors Moi, Je vous donnerez de bonnes raisons pour pleurer, jusqu'à la fin des générations". On peut en déduire que tous les malheurs produits le neuf Av (destructions des Temples …) sont liés avec la faute des explorateurs. Ces derniers partirent visiter la Terre, le premier Tamouz et en revinrent le neuf Av. Leur faute s'étendit donc sur le mois de Tamouz et celui de Av. C'est pourquoi, cette période est resté un moment de deuil. D'autre part, nos Maîtres font un parralléle entre les douze mois de l'année et les douze tribus. Il est rapporté dans le "Bnéi Issakhar", au nom du "Sefer Hayetsira" que le mois de Tamouz correspond à Reouven et que le mois de Av correspond à Chim'on. Réouven se réfère éthymologiquement à la vue et Chim'on se réfère étymologiquement à l'ouïe. Ainsi, le mois de Tamouz correspond à la vue, et le mois de Av correspond à l'ouïe. C'est pourquoi, avant le départ des explorateurs, au mois de Tamouz, il est dit: "Vous verrez comment se présente la Terre". En effet, le mois de Tamouz se rapporte à la vision. Par contre, lorsque les explorateurs revinrent après leur visite, au mois de Av, il est dit: "Ils décrivirent négativement le pays qu'ils avaient visité". Cela fait référence à l'ouïe (qui est liée avec la parole), car les Juifs entendirent leur description et refusèrent alors d'entrer en Terre Sainte. De fait, la vision et l'ouïe ont été "entâchés" à cause de la faute des explorateurs, qui s'est produit pendant les mois de Tamouz et de Av, correspondant à Réouven et Chim'on. De plus, les initiales de ???????(Réouven) et ??????(Chim'on) forment le mot ????Rach), qui signifie également "pauvre", tout comme???. Les mois de Tamouz et de Av sont donc précisément liés avec la notion de pauvreté et de malheur. L'objectif est donc de "réparer", la vue, l'ouïe et même la parole (car "ils décrivirent négativement la terre"). Cette réparation doit se faire pendant cette période des trois semaines séparant le 17 Tamouz du 9 Av. En effet, la première semaine, on doit améliorer la "parole", c'est pourquoi on y lit la Haftara de "Divrei (parole)". La deuxième semaine, il faut restaurer l'"ouïe", c'est pourquoi on récite alors la Haftara de "Chim'ou (écoutez)". La troisième semaine, il faut réparer la "vue", c'est pourquoi on lit la Haftara de "'Hazon (vision)". C'est ainsi que la faute pourra être réparée et que la pauvreté de ces mois se transformera en richesse, avec la reconstruction du troisième Temple, et la venue de notre Juste Machia'h. Ces jours deviendront alors des jours de fête et d'allégresse, Amen.





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