Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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VAYERA
Vayéra

Par le Rabbin D. Yelloz

Avraham Avinou a 99 ans. Il vient de se circoncire. Il est très affaibli. C'est alors que D... lui apparait.
Il est dit à ce propos:
"D... lui est apparu dans les plaines de Mamré; et lui était installé à la porte de la tente dans la chaleur du jour. Il leva ses yeux et vit, et voici 3 hommes qui se tenaient debout devant lui"
Ce verset par lequel commence la Paracha manque de précision; il fallait dire: "D... est apparu à Avraham"comme il est dit au début du chapitre 17? De plus la Torah ne nous dit pas l'objet de cette apparition ni ce que D... lui a dit.
Rachi complète la scène et nous renseigne: "D... est venu visiter le malade et s'enquérir de son bien être".
Par ces simples mots rapportés du Midrach, Rachi répond à ces questions: Ce n'est pas à Avraham en particulier que D... rend visite, mais au malade, quel qu'il soit et ce n'est pas pour lui confier une mission mais simplement pour le visiter par ce qu'il est souffrant.
La visite du malade est un but en soi.
Il est si important pour le malade de se sentir soutenu, et de ne pas avoir l'impression d'être exclu, que D... aussi lui rende visite.
A propos de cette mitsva, nos sages disent: "celui qui l'accomplit en profitera dès à présent et son capital n'en sera pas diminué au monde futur".


Abraham, l'avocat des méchants
Par le Rabbin Philippe HADDAD

Avec notre patriarche Abraham, une attitude nouvelle apparaît dans la conduite humaine : la défense des méchants et des pécheurs. Depuis Adam, et durant vingt générations, les hommes commettent des crimes contre le Ciel ou contre leur prochain, et Dieu seul porte le jugement (l'errance de Caïn, la catastrophe diluvienne, la dispersion des citoyens de Babel). A ce stade, la souveraineté divine ne rencontre aucune opposition, aucune résistance. Nous sommes, en quelque sorte, dans un monde totalement théologique, un monde où les méchants sont punis et les justes sont sauvés (un monde de la croyance populaire aussi.) Mais point d'avocat, point d'intercesseur, même Noé ne verse, semble-t-il, aucune larme, alors que le ciel se déverse en pleurs. Noé est le juste de la justice, il se soumet à la volonté du Très-Haut sans état d'âme. Il construit son arche dans le silence et la ferveur. (A la limite, selon le Midrash, il répond à ses contemporains que le but de la manœuvre est de construire un bateau. Il tente ainsi de provoquer une téchouva, un repentir. Le texte reste cependant silencieux. Si la conduite avait été effective, sûr que la Torah l'aurait mentionné.) Et quand tout est prêt, l'Eternel ferme la porte sur les noahides et leur zoo. Abraham apparaît alors comme un autre juste : le juste de l'amour, car l'amour aussi possède sa propre loi, au-delà de la rigueur.
Abraham se présente dès le début de la paracha comme un homme qui reste vigilant à ce qui se passe hors de chez lui. Il est assis au seuil de sa tente, il court vers les étrangers, il reste sensible au sort des Sodomites. C'est cette vigilance qui le pousse à questionner Dieu sur son mode de fonctionnement. On peut lire ce célèbre marchandage avec gravité ou avec humour, on restera toujours dans le vrai. Dieu ne s'offusque pas, Il répond à son "ami" Abraham, qui est "l'ami" des hommes.
Nous remarquerons que cette défense ne s'applique qu'aux autres, par contre quand à la fin de la paracha,l'Eternel demande le "sacrifice d'Isaac", le patriarche retrouve la conduite rigoureuse de Noé. Il n'interroge pas, il ne questionne pas, encore moins ne se révolte-t-il pas. Il se lève de bon matin et part pour accomplir la volonté divine, avec le bois, le feu et le couteau dévoreur.
Rigoureux avec soi, miséricordieux avec les autres, telles sont les qualités premières de l'Hébreu authentique.

AUTOUR DE LA TABLE (avec vos enfants)

D’où Avraham apprit-il que l’hospitalité est plus grande que la réception de la Chékhina ? Rabbi Israël répond : « C’est parce qu’il est écrit (Béréchit XVIII, v.1) : "… alors qu’il était assis ...". Convalescent, après son opération, Avraham comprit, au moment où il voulait se lever pour accueillir la Chékhina, que D. voulait qu’il reste assis. Mais quand il vit les invités passer devant sa tente, il sentit ses forces lui revenir afin de lui permettre d’accomplir la mitsva tant espérée de les recevoir. De là, il comprit que le devoir d’hospitalité est plus important encore que celui de l’accueil de la Chékhina." Rabbi Israël Abou’hatséra (Baba Salé)
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