Editorial
CENTRE COMMUNAUTAIRE ISRAELITE DU VAL DE MONTMORENCY
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VAYETSE
Vayétsé
Par Rav D. Yelloz


Yaacov quitte le berceau familial, et le voici sur la route d’un exil forcé, face à un puit. C’est le dernier de Béréchit mais aussi le plus étrange. Pourquoi une si grosse pierre pour le couvrir?!
Que représentent les puits? Du conflit qui éclata entre Ytshak et les Philistins relaté dans la paracha précédente, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un problème anodin. Pourquoi Ytshak tient-il tant à restaurer les puits de son père Avraham et à leur rendre leur nom d’origine? Et surtout pourquoi les Philistins sont-il prêt à sacrifier une ressource si précieuse et s’acharne avec tant d’ardeur pour le reboucher?!
En fait, l’eau étant un élément si important dans la vie de tous les jours, utilisé dans de si nombreux domaines (alimentation, arrosage, lavages…);, que les puits d’où on la puisait était des lieux très fréquenté par les indigènes. Avraham eu l’idée d’en faire des vecteur de diffusion du nom de D…, c’est il les creusait puis leur donnait un nom qui évoque l’existence de D… et son ingérence en tout lien. C’est de cette façon qu’Avraham rapprochait les individus à D… (Des siècles plus tard, à l’époque du second temple lorsque les juifs étaient sous domino grecque, les Grecs utilisèrent le même stratagème en sens inverse. Pour les assister, ils firent inscrire par les juifs sur les cornes des bœufs (animaux utilisés pour toute les corvées domestique): « »)
Les Philistins idolâtre tentèrent de limiter cette influence grandissante en fermant les puits. Ainsi ils effaçaient les marques de la présence divine sur terre. Ytshak s’efforça de les rétablir, mais les Philistins lui opposèrent une opposition farouche jusqu’à ce qu’il s’éloigna d’eux suffisamment ne représentant plus un réel pôle d’influence.
Yaacov, à son tour, est fort impressionner par ce qu’il voit: un puit recouvert par une énorme pierre, si imposante qu’il faut les efforts conjugués de tous les bergers pour la déplacer: l’enlever puis la remettre. Pourquoi tant d’efforts?! Pourquoi ne pas se contenter d’un couvercle normale? Yaacov médite ce qu’il voit et comprend: le puit c’est la sagesse, la science, la sainteté qui est inaccessible aux peuples (troupeaux) et à leurs guides (bergers) tant que le Yetser Hara (grosse pierre), le mauvais penchant fait obstacle. Par contre Yaacov qui est intègre a immédiatement raison de cette pierre et la fait rouler pour permettre ainsi à de se ressourcer.
Ce sera plus tard le rôle de ses descendants, les Bnei Israël, pour eux même et pour toutes les nations.



Quand le miracle prend un aspect naturel…

Par Mikael MOUYAL


La Paracha de Vayetse relate le départ de Yaacov de Beer Cheva, pour aller à ‘Haran. Ce départ avait deux objectifs : se séparer de Essav, qui voulait le tuer, et se rendre chez la famille de Rivka pour que Yaacov trouve une femme pour se marier.
Ces deux raisons se retrouvent en allusion dans le premier verset de la Paracha : « Yaacov sortit de Beer Cheva », cela pour s’éloigner de Essav. De plus, « Il alla à ‘Haran », cela pour s’y marier. Sur son chemin vers ‘Haran, Yaacov s’arrêta dans un certain endroit, que nos Sages identifièrent comme étant le mont Moriah. Là, la nuit tomba (car, d’après le Midrash, D. fit coucher le soleil plus tôt que d’habitude). Alors, Yaacov décida d’y passer la nuit. « Il prit une des pierres de l’endroit et le plaça sous sa tête ». Alors, il s’endormit et fit le rêve de l’échelle…
Si Yaacov ressentit le besoin de placer une pierre sous sa tête, ce n’était pas par défaut de coussin. En effet, une pierre, à cause de sa dureté, joue mal le rôle de coussin. Ainsi, il aurait certainement été aussi à l’aise s’il avait dormi directement par terre. Pourquoi plaça-t-il donc une pierre sous sa tête ?
Nos Maîtres donnent plusieurs explications allégoriques, qui annoncent le devenir du peuple Juif (voir le Midrash). Mais, selon le sens simple, admis par les commentateurs, on peut expliquer que Yaacov cherchait ainsi à se protéger d’animaux dangereux, tels que les serpents et les scorpions, qui risqueraient de l’attaquer pendant la nuit. Mais cela demande à être compris. En effet, la protection de Yaacov était certainement miraculeuse. En effet, si un serpent voulait l’attaquer, il aurait pu le faire au niveau de ses pieds, qui restaient vulnérables. A quoi servait donc cette pierre ?
Une question similaire se pose dans la suite de la Paracha. Yaacov, exigeant son salaire pour son travail chez Lavan, lui proposa de conserver pour lui tous les agneaux et chevreaux pointillés et mouchetés. Alors, Yaacov prit des rameaux et y pratiqua des entailles blanches, de façon à faire apparaître des trous blancs dans les rameaux. Il les fixa alors devant le menu bétail, qui venait boire. Les agneaux s’échauffèrent devant les rameaux et produisirent des agneaux rayés, pointillés et mouchetés. De la sorte, Yaacov récupérait la majorité des bêtes. Mais, comment Yaacov, l’honnête homme, pouvait-il agir de façon si rusée et trompeuse. C’est ainsi que le Midrash affirme qu’en fait, D. fit un miracle de sorte que les bêtes remplirent les conditions pour revenir à Yaacov. Même sans les rameaux, le bétail lui revenait, de façon miraculeuse. Si l’en est ainsi, pourquoi Yaacov a-t-il eu vraiment besoin de fixer les rameaux écorcés devant le bétail pour qu’il produise des agneaux ‘‘convenables’’ ?

Voici l’explication de tout cela. Lors des six jours de la création, D. a couronné par la création de l’homme. Celui-ci est l’élite de la création. En effet, il se distingue des autres créatures par le fait qu’il pense. Cette liberté de pensée conduit à la nécessité du libre arbitre, principe fondamental. Le seul être à le détenir est l’homme. C’est justement ce qui fait sa grandeur. De fait D. tient à ce qu’il conserve le libre arbitre dans toutes les circonstances. C’est pourquoi, D. veille à diriger son monde de façon naturelle. Il évite le plus possible de faire des miracles. S’Il chérit tant les règles de la nature, c’est justement pour que l’homme puisse conserver son libre arbitre. En effet, si D. faisait des miracles éclatants, tous seraient forcés de croire en l’existence de D. et en son intervention et sa providence dans le monde. Tous seraient alors contraints de se rendre à l’évidence. Les hommes n’auraient alors aucune excuse de ne pas accomplir la Torah et tous la respecteraient alors. Le libre arbitre serait alors fortement compromis. C’est pourquoi, D. veille à ce que le monde garde toujours un caractère naturel, de sorte que les gens puissent interpréter un certain événement en le reliant à la nature, compte tenu de son aspect naturel. De fait, celui qui voudrait renier l’intervention divine et même l’existence de D., le pourrait. L’homme peut ainsi conserver son libre arbitre.

Pour approfondir encore un peu, on peut dire que l’homme est venu sur terre pour réaliser une mission. Chacun a le devoir de tendre vers la vérité, de percer la réalité des choses. De fait, cela doit exiger un certain travail. Si la vérité transparaissait clairement des choses, l’homme n’aurait alors plus aucun effort à fournir. C’est pourquoi, D. préfère voiler cette vérité pour que l’homme la redécouvre par lui-même. Tel est son but sur terre. C’est pourquoi, D. donne aux évènements une apparence naturelle. C’est pour que l’homme, par sa recherche de la vérité, puisse détecter la Présence de D. qui se cache derrière la nature. C’est pour que l’homme se rende compte que le plus grand miracle n’est en fait pas autre chose que la nature elle-même, expression de la Providence divine.

A présent, on peut répondre aux questions que l’on a posé plus haut. Il est vrai que parfois D. change la nature et opère des miracles. Ainsi, Yaacov fut protégé des animaux dangereux. De plus, il bénéficia des bêtes qui remplissaient les conditions nécessaires pour qu’elles lui appartiennent. De même observa toute la terre d’Israël. Malgré tout, il fallait nécessairement que ces miracles prennent une apparence la plus naturelle possible. Yaacov devait placer une pierre sous sa tête. Il devait fixer des rameaux en face du troupeau. Et même le grand miracle de l’ouverture de la mer rouge prit une apparence naturelle. Tout doit pouvoir s’expliquer naturellement pour conserver le libre arbitre et laisser la possibilité à l’homme de pouvoir se tromper. De même, pour que l’homme découvre la vérité par son effort.
Cela nous amène à nous intéresser à la notion de Parnassa (subsistance).

Nos Maîtres affirment que D. décide déjà depuis Roch Hachana (le début de l’année) combien chaque homme gagnera tout au long de l’année. Ainsi, la subsistance est dispensée à chaque individu miraculeusement par D. sans que l’homme n’ait à fournir aucun effort, aucun travail. Le texte le dit clairement : « Il nourrit tout le monde par Sa bonté… ». L’homme n’intervient nullement dans la somme que D. lui a fixée. Ainsi, le ‘Hafets ‘Haym disait que celui qui s’acharne dans son travail croyant qu’ainsi il s’enrichira davantage, ressemble à un homme pressé qui monte dans un métro en marche et qui pousse le métro croyant qu’ainsi il ira plus vite. Mais cela nous amène à nous interroger. En effet, il nous semble bien que dans la réalité des choses, ce n’est pas ainsi que ça se passe. On voit bien que la Parnassa n’est accordé que par un travail. Certains diront que « l’argent ne tombe pas du ciel ». Bien plus, la Torah elle-même stipule : « Tu travailleras six jours ». Nos Sages également enseignent que « la Torah est belle si elle est accompagnée d’un métier ». N’y a-t-il pas là un paradoxe ?

En fait, il faut bien comprendre qu’en réalité la Parnassa n’est accordée que par D.. C’est Lui et Lui Seul Qui nourrit chaque créature. Mais s’Il le faisait ouvertement, s’Il faisait tomber le pain du ciel, le libre arbitre disparaîtrait forcément. Chaque être serait contraint d’admettre l’existence et la toute puissance de D.. Or, tel n’est pas la Volonté de D.. Tous les miracles et même les plus grands doivent se vêtir sous une apparence naturelle, de sorte à laisser le travail à l’homme de découvrir la vérité. C’est pourquoi, l’homme doit travailler pour gagner sa vie. Ce n’est pas que le travail est la cause de la Parnassa. C’est en fait la Parnassa qui est la cause du travail. C’est pour que la Parnassa ait une apparence naturelle, pour que l’homme puisse conserver son libre arbitre, que l’homme doit travailler. Ainsi, le travail se trouve sublimé, puisqu’il s’inscrit dans la volonté de D. à dissimuler le miracle. Nous pouvons ainsi comprendre l’affirmation de Rabbi Sim’ha Zissel de Kelem, qui disait que le travail n’est pas autre chose qu’une épreuve. L’épreuve consiste à savoir si l’homme va penser que c’est par son travail qu’il gagne de l’argent, ou bien que Seul D. le nourrit, surmontant ainsi l’épreuve et découvrant ainsi la vérité voilée par l’apparence naturelle qu’est le travail. L’homme doit ainsi conserver une totale confiance en D.., croyant de tout son cœur que c’est D. Qui pourvoit à tous ses besoins.

D’après ce qui vient d’être dit, on peut définir une mesure de travail. L’homme doit travailler la quantité nécessaire pour que l’on puisse se tromper et penser que c’est par son travail qu’il s’est enrichit, sans plus. En effet, c’est précisément cela le but du travail. Celui qui a surmonté totalement son épreuve n’a plus besoin de travailler. C’est ainsi que l’on voit que des grands Sages et justes tels que Rabbi Chimon Bar Yo’hay ne travaillait jamais. Ils se consacraient totalement à l’étude. C’est qu’ayant surmonté l’épreuve, ils n’avaient vraiment plus besoin de travailler. Malgré tout, ils font tout de même un petit acte naturelle pour que les autres, eux, puissent rattacher leur gain matériel à la nature.

Que D. aide chacun à surmonter cette dure épreuve pour que l’on garde une totale confiance en Lui. Qu’Il nous aide à ne pas croire que « C’est ma force et la puissance de mes mains qui ont fait tout cela ». Ainsi, le Machia’h pourra venir rapidement. Alors, la Providence divine se dévoilera à tous. Chaque homme pourra alors admettre qu’« Il nourrit tous ». Ce jour-là, « les gens ne diront plus ‘‘dieu’’ aux actions de leurs mains ». Que cela se réalise très bientôt, Amen.


« Ya’akov se réveilla de son sommeil et dit : "Sûrement D. se trouve dans cet Endroit et moi, je ne savais pas." Il eut peur … » (Béréchit XXVIII, v.16-17) Lorsque le Tsaddik se lève à ’Hatsot, au milieu de la nuit, il se lamente sur l’exil de la Chékhina, la présence Divine. C’est ce que vient nous apprendre le verset : lorsque le Tsaddik se réveille, il se dit : "Nos fautes ont entraîné l’exil de la Chékhina et moi je l’ignorais, autrement dit, je n’ai pas fait pas mon devoir pour mettre fin à cet exil; de plus, sachant que la Chékhina en souffre également, je me dois de réagir et non continuer à ignorer cet état de fait. "Il eut peur" : tout homme qui se lève au milieu de la nuit, quel que soit l’endroit où il se trouve, se doit d'être rempli de crainte car à cet instant, Hachem "se divertit" dans l’autre monde avec les Tsaddikim et ensemble ils écoutent le son de l’étude de la Torah dans le monde ici-bas. Ces instants sont particulièrement favorables pour le Klal Israël. "Comme cet Endroit est redoutable ! Cela n’est autre que la Maison de D. …" : à ce moment où qu’il soit, celui qui étudie la Torah, peut être sûr que la Chékhina est à son écoute et que cet instant est favorable, les portes du ciel sont ouvertes et écoutent la mélodie de la Torah et de sa Téfila.

LE COIN DU MOUSSAR


Il est parfaitement évident que l’amour du prochain est tout à fait impossible à réaliser aussi longtemps que l’on a pas acquis un niveau honorable de crainte (Yirath Chamayim) et d’amour (Ahavath Hachem). Le corollaire s’impose : plus on s’élève dans le domaine de l’amour de son prochain et plus on se rapproche d’Hachem.
Dans la Guémara Baba Kama 30a : "Rav Yéhouda a enseigné que celui qui veut être ’hassid, doit respecter les règles grâce auxquelles il n’infligera de dommages à personne. Rava a enseigné que celui-ci doit respecter les enseignements des Pirké Avoth. Et certains disent que ce dernier doit respecter les règles concernant les bénédictions". Pour Rav Yéhouda, l’essentiel est l’effort dans le domaine de l’amour du prochain. Rava voit l’essentiel dans la maîtrise de son caractère et donc dans le domaine des devoirs envers soi-même. Et certains soulignent l’importance des bénédictions et donc du dialogue avec D. ou de manière plus générale, des Mitsvoth ben Adam Lamakome (qui gèrent notre relation avec Hachem).

Lorsqu’on apprend l’histoire de Ra’hel Iménou, on est étonné de voir qu’elle transmet à sa sœur Léa Iménou des signes convenus avec Ya’akov Avinou. On voit que celui-ci ne fait aucun reproche à Ra’hel. Comment comprendre l’attitude de Ra’hel autrement que comme une trahison ? Comme un abus de confiance ? Le fondement de notre relation avec D., trouve sa source dans le legs de nos Ancêtres, dans le fait qu’ils étaient Patriarches et Matriarches et donc que nous sommes juifs dans la mesure où nous vivons comme leurs dignes enfants, leurs dignes descendants : il devient alors essentiel pour nous d’être réceptifs à leur message et à leur exemple afin de nous en inspirer, certes à notre niveau, mais avec authenticité. Or ce que la Torah nous enseigné, c’est que malgré son jeune âge, Ra’hel Iménou était à mille lieues de considérer qu’une union avec Ya’akov Avinou pouvait se fonder sur la base d’une certaine cruauté envers sa sœur Léa. Ya’akov et Ra’hel se situaient tous les deux à un niveau de proximité de D., fait d’une grande Yirath Chamayim et d’une grande Ahavath Hachem. En même temps, ils avaient atteint un niveau extraordinaire de perfection du caractère. On sait que Ya’akov fut le premier homme à parvenir à la Mida de Tiféréth, équilibre idéal entre les extrêmes, si l’on peut dire, du ’Hessed d’Avraham Avinou et de la Guévoura de Yits’hak Avinou. A ce niveau, laisser courir à sa sœur Léa, le risque d’une honte insupportable, une honte dont la seule perspective avait déjà fait couler tellement de larmes, pouvait être comparable aux yeux de Ra’hel, à placer une bombe à retardement à l’endroit où elle construirait son couple avec Ya’akov. C’était simplement impensable. Finalement Ya’akov Avinou, par son silence, a conforté Ra’hel Iménou dans cette approche. Nous avons besoin de nous inspirer du livre "Mikhtav Eliyahou" de Rav Dessler pour apprendre à atteindre le niveau où le bonheur est à chercher dans ce que l’on donne et non pas dans ce que l’on reçoit. Ce que Ra’hel Iménou a donné à sa sœur Léa, semble à nos yeux un cadeau extraordinaire… En vérité, ce cadeau était extraordinaire en ce qu’il a semblé évident à Ra’hel Iménou de l’offrir à sa soeur car elle ne considérait pas qu’elle était en train de remporter une "compétition", tellement sa vie intérieure était profonde et tellement son comportement en actes était à la hauteur de son admirable pensée.

Nous pouvons à notre tour et à notre niveau, apprendre à savoir donner. Mais pas en ayant le sentiment d’y perdre; au contraire, en appréciant sincèrement que rien ne nous donne autant et vraiment, que ce que nous donnons à autrui. Dès que dans le couple, l’attitude est celle de réfléchir à ce qu’on peut attendre de l’autre, tout est gravement compromis. La situation a ceci de grotesque que l’on tourne le dos au but que l’on veut atteindre ! Une bonne compréhension des choses d’abord. Ne pas s’attacher de manière puérile à ce qui n’a pas grande importance, mais savoir s’élever vers ce qui en vaut la peine. Dans un deuxième temps, transférer cette compréhension jusque dans la sensibilité de notre cœur afin de construire une sensibilité digne de nous. Dans la vie d’un couple, rechercher les occasions de ’Hessed, de combler l’autre, conformément à l’amour qu’on lui doit, constituent la substance du quotidien. Renoncer en faveur de l’autre, procure le véritable bonheur, non seulement à celui qui bénéficie de ce démarche, mais bien d’avantage à celui qui en est l’auteur. Les comptables savent que lorsqu’un commerçant reçoit une livraison, le prix de cette marchandise est libellé dans leurs livres dans la colonne "devoir". Lorsque le commerçant effectue le paiement de la marchandise, le comptable inscrit le libellé dans la colonne "avoir". Ne nous donnent-ils pas la plus belle des leçons de Moussar : celui qui reçoit, doit et celui qui donne, a. Tous les couples devraient s’inspirer de l’attitude de Ra’hel Iménou qui a atteint sa plénitude en donnant. En donnant quoi ? Un petit rien ? Non ! En donnant ce à quoi elle tenait le plus au monde ! Mais dés l’instant où se présentait à elle le choix entre RECEVOIR et DONNER ce à quoi elle tenait le plus au monde, la réponse s’imposait à elle. Très naturellement, sans consulter Ya’akov Avinou, elle a donné. Hachem ayant créé le Monde avec ’Hessed (’Olam ’Hessed Yibané), donner va dans le sens du Monde. Vouloir recevoir, c’est prendre le Monde à rebrousse-poil et personne ne veut à bon escient le prendre à rebrousse-poil ! Rav ’Haïm Ya’akov SCHLAMME


LA MEMORE DES TSADDIKIM : LE BEN ICH ’HAI

Notre maître, Rabbi Yossef ’Haïm , plus connu sous le nom de Ben Ich ’Haï, naquit à Bagdad le 27 Av 1834. Après la disparition de son illustre père, survenue le 13 Elloul 1859, il lui succéda à la tête de la prestigieuse communauté, héritière de la tradition babylonienne. C’est en 1860, le matin de Chabbat Chouva, qu’il monta à la tribune de la grande synagogue pour donner son premier cours. Non en qualité de Grand Rabbin, car toute sa vie, il refusa la moindre fonction officielle. Tout le monde comprit alors que l’E-ternel avait gratifié Rabbi Yossef tout à la fois d’une immense sagesse, d’un merveilleux don d’enseignant et d’un gigantesque talent d’orateur. Dès lors, le Ben Ich ’Haï ne cessa, à l’image du roi Salomon, d’initier le peuple à toutes les arcanes de la Torah, même les plus secrètes, tant par ses cours et ses discours que par ses livres. Pour familiariser l’auditoire avec la vérité divine, il se servait d’un vocabulaire accessible à tous, n’hésitant pas à recourir aux exemples que donne la vie quotidienne ou encore aux anecdotes propres à attirer l’attention de chacun et par ce biais, à transmettre à l’auditoire, le savoir sacré. Il faut souligner, à ce propos, qu’au-delà de ses connaissances véritablement encyclopédiques en Torah, rien de ce qui était humain n’était étranger au Ben Ich ’Haï, de sorte que, pour élever l’esprit des gens au plus haut niveau, il leur parlait d’abord dans leur propre langage. De chacune de ses paroles, émanait un immense amour pour Erets Israël et en particulier pour Jérusalem. N’ayant jamais accepté la moindre fonction, le Ben Ich ’Haï s’enfermait des journées durant, chez lui, pour étudier et écrire. Il ne s’interrompait que pour recevoir, avec une joie et une humilité sans commune mesure avec son prestigieux statut, tous ceux qui venaient le consulter. En apparaissant au seuil de sa chambre, le moindre élève le voyait se lever, se précipiter à sa rencontre, le faire asseoir près de lui et l’écouter attentivement. Il veillait aussi à la pureté absolue de son alimentation dans les moindres détails, jusque dans le choix des personnes qui étaient à son service. Rabbi Yossef ’Haïm quitta ce monde le 13 Elloul 1909 en nous laissant ses incontournables ouvrages de Torah et de Kabbale, véritables puits de connaissances dans lesquels chacun de nous peut s’abreuver. Que son mérite protège tout le peuple d’Israël ! Amen
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